‹ Les religions d'autorité et la religion de l'esprit;Chapitre 22 sur 124 · HA SIA · texte numérisé non relu

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après Esdras, est venue aboutir au Talmud. C’est ce que l’on appe-

lait encore: « la tradition des pères ou des anciens » : JoskpnE, Ant. : XUT, 10,6 ; Matth. XV, 1-3; Marc VII, 1-13; Gal. T, 14, ete.

commence aux environs de l’ère chrétienne, se précise et s'achève au Moyen-Age, dans Deut. VI, 6 et 7, et XVII, 9 et 10; 2 Chron. XVII, 9. Berachoth 5a ; Matth. XXIII, 1-3 ; Homél. Clément., lettre de Pierre

| Scnürer : Gesch. d. jüd. Volkes im Zeitalter J. C. 2 édit. 1886, II, pages 273, 32etss.

(2) Pirke Aboth, III, 11; R. Eliezer de Modeïn disait : « Celui

qui interprète l’Ecriture contrairement à la tradition légale, malgré , qu'il garde la loi et ait les bonnes œuvres, n'aura point de part au monde futur ». NV, 8 : La guerre vient dans le monde à cause de plusieurs péchés et aussi « à cause de ceux qui décident au nom de la Loi contre la tradition. » D'après Sanhédrin XI, 3 « Celui qui cor- tredit les paroles des sopherim, pèche plus que s'il contredit la Loi », par cette raison que les premières sont les explications authentiques

et le complément de la seconde.

La légende s’accrédita peu à peu, qu'après avoir donné la loi écrite en descendant du Sinaï, Moïse avait encore transmis oralement bien des préceptes et des explications

prophètes, ils étaient arrivés, sans aucune interruption,

- Dès lors, il devenait aussi coupable de contredire cette L tradition que de violer la loi elle-même (2). Dans le Phari- saïisme, comme plus tard dans le Catholicisme, l’Ecriture

ca) On croyait trouver un point d'attache à cette légende qui

à Jacques, 4. Voy. J.-H. Weiss: Zur Gesch. d. jüd. Tradition; et %

ei encore, comme dans l’histoire du Aie cette. autorité de Ja tradition rendait toute réforme impossible. Toutes les âmes vraiment inspirées, tous les réformateurs ou prophètes venaient buter et se briser à cette borne 4 sacrée. Ce fut le sort de Jean le Baptiste; ce fut celui du |

Christ lui-même. Entre lui et les Pharisiéns, la lutte PC engagea dès le début sur l’autorité de « la tradition des anciens ». On n’a qu’à relire le Sermon sur la montagne ; et les discussions sur le sabbat, le jeûne, les aliments impurs. Jésus leur reprochait d'annuler par des comman- ; dements d'hommes la loi même de Dieu et de lier les pauvres consciences de chaînes pesantes. En retour, üls ne lui pardonnaient pas davantage, la liberté de son inspiration, l’audace de ses allures et de ses discours, qui 7 n’allaient à à rien moins qu'à ruiner l'édifice entier de la | piété juive. C'était l’éternelle lutte qui allait bientôt recom- : mencer, dans la propre Eglise du Christ, entre le forma-

lisme traditionnel et les inspirations de ï conscience. Est-il impossible d'établir quelque lien de filiation plus directe entre la théorie de la tradition pharisienne et les | origines dela notion catholique ? Les premiers chrétiens, sortis du judaïsme, étaient nourris des principes du pharisaisme. Quoi d'étonnant qu'ils en aient conservé les | habitudes mentales et surtout ce respect de la tradition, tout puissant encore dans l'Orient sémitique. Que font x Jacques, le frère du Seigneur, et les apôtres de Jéru- salem, sinon de garder contre Paul et ses inspirations 1 inquiétantes le souci scrupuleux de la « tradition orale » : concernant les paroles :et les exemples du Christ? Pour- quoi sont-ils appelés les « colonnes » de l'Eglise messia-

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ce Tout . second siècle ce soit à ceux que V on appelait : déjà « les catholiques », soit les ébionites, soit les. gnos tiques, ne font-ils pastous appel à la tradition des anciens, comme à une autorité décisive? L'Eglise devait hériter et : prolonger les habitudes de la synagogue (1).

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