‹ Les religions d'autorité et la religion de l'esprit;Chapitre 35 sur 124 · FINE · texte numérisé non relu

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__viduelles (2). 4 | : | | Pe.

(4) 1 Tim, V, 47. Aa

(2) Doct. des Ap., XV : « Elisez-vous donc des épiscopes et des x diacres dignes du Seigneur, doux, etc., et qu’ils fassent l'office de +4 liturges à la place des prophètes et des prédicateurs. Ne les méprisez donc pas, car, avec les prophètes et les prédicateurs, ce sont ceux que vous devez honorer. » N’est-il pas bien significatif qu’à ce moment encore dans certaines églises (rurales sans doute), il ait fallu dé-

fendre le crédit des évêques contre le prestige des inspirés itinérants ?

fait capital :

aucune institution cle de eco ni d'une ne rarchie quelconque, mais les noms d’episcopi et de pres- + Dbyteri sont équivalents et désignent les mêmes personnes ; l'un, déterminé par l'usage grec, d’après l’analogie des __ confréries païennes, l’autre, par l'usage hébraïque, d'après ï l'analogie des synagogues. De là vient qu'il est indiffé- remment question de plusieurs évêques ou surveillants, je ou de plusieurs anciens ou directeurs dans une même communauté. Les uns et les autres sont les « pasteurs », ceux qui conduisent le troupeau du Christ, qui reste le « souverain pasteur des âmes ». Cette identité de charge n’apparaît pas seulement dans les épîtres de Paul, mais encore dans les Actes des apôtres, dans l'épitre aux Hébreux, dans la première épître de Pierre, dans la lettre : de: Clément, dans le Pasteur d’'Hermas, dans la Doctrine des apôtres et ailleurs encore.

Le témoignage de la première église est universel et ne souffre aucune exception (1). Longtemps encore après,

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= (4) Phil. I, 4, comp. avec la lettre de Polycarpe aux mêmes

Philippiens I, 1; Act.XX, 17 et 28 où l’on voit que Paul, après avoir mandé à Milet les presbyteri de l’église d'Ephèse, leur dit que le Saint-Esprit (non lui, Paul) les a établis évéques du troupeau qui leur a été confié; Hébr. XIII, 17 et 24, où les uns et les autres sont appelés du nom d’fyoÿuevor, comme dans CLémenT Row., I Cor. 1, 3; {Pierre V, 1-5, où l’auteur se nomme leur collègue oupmpeshirepos ; Doct. des Ap. XV; Herwas, Visio LIT, 9: Lettre d’Adrien à Serv.,

ä dans Vopisc. Saturn., 8. La seule différence qu'on peut statuer

d’après Clément Rom., I Cor. 1,3, c’est que le mot presbyteri est plus

Re : large que le mot hégoumenoi, en ce sens que le corps des premiers ne

comprend pas seulement les hégoumenoi présidents des assemblées, __ mais tous ceux qui veillent d'une ou d'autre facon et participent au gouvernement de l'église.

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à une époque où tous les rapports étaient changés, saint Jérôme a recueilli ce témoignage et l’a résumé en ces termes : « Le presbyter est la même chose que l'évêque, et, avant que, sous les excitations de Satan, des partis se fussent élevés dans la religion, les églises étaient gouvernées par le Sénat des presbyteri. Mais comme chacun voulait s'approprier ceux qu'il avait baptisés, au lieu de les laisser à Christ, il fut arrêté, que l’un des presbyteri, élu par ses collègues, serait préposé à tous les autres et veillerait souverainement au bien général de la communauté. Et ce n’est pas mon opinion particulière, c'est celle de l'Ecriture. Si vous doutez qu'évêque et presbytre c’est tout un, que le premier nom est celui de la fonction et le second celui de l’âge, lisez l’épître de l'apôtre aux Philippiens. Sans doute, il est du devoir des presbyteri de se souvenir que, d’après la discipline de l'Eglise, ils sont subordonnés à celui qui leur a été donné comme chef, mais il convient que les évêques, de leur côté, n’oublient pas que, s'ils sont au-dessus des presbyteri, ils le sont par l'effet de la tradition, non par l'effet d'une institution particulière du Seigneur. » Ce jugement du plus savant des pères de l'Eglise d'Occident a trouvé place dans le décret du pape Gratien et reparaît dans maints auteurs ecclésiastiques jusqu’au septième siècle (1).

(1) S. Jérome, ad Titum, 1, 7,.et GRaATTEN, Decretum. P. I, D. XCY, 5 : Olim idem erat presbyter qui et episcopus. Il n'y a plus aujourd'hui de contestation sur te point. Quand le Père Petau et les Jésuites disent aujourd’hui que cela vient de ce qu'à l'origine tous les presbyteri par provision furent en même temps consacrés évêques, c'est une plaisante façon, mais une facon tout de même de constater le fait indéniable de l'identité. Le Père Perrone essaie aussi de faire droit à l’histoire en disant que la proposition : episcopi sunt presbyteris superiores jure divino, n’est pas article &e foi. Le

in ecclesia catholica non esse hierarchiam divina ordinatione institu-

À glige les petites nantes de paysans qui rent D au-delà du Jourdain, se présente dans l'histoire comme une religion de grandes villes; elle prend pied dans les 5 cités populeuses, dans les haies des provinces de V em- | pire, pour rayonner tout à l'entour. Ses premiers foyers .

the, Alexandrie, Rome et, plus tard, Carthage, Arle tout d’abord, des maisons particulières, comme celle des ‘Etienne, de Chloë, de Titus Justus, à Corinthe; d'Aquilas » et Priscille, à Ephèse ; de Philémon à Colosses, de Jason tes églises familiales étaient fortnombreuses dans la même “ville. Cela est certain pour Ephèse, pour Corinthe et pour

Rome. La puissance d'union mystique, émanant de l'Evan-

lement comme des sœurs, mais comme des membres d’une même et plus grande communauté qui avait be-.

tion plusgénérale. Dans le conseil central et commun, il est probable que chacun des petits groupes envoyait un délégué

TS Out croire ?

sont Antioche, Tarse, Ephèse, Smyrne, Philippes, Corin

Vienne, Lyon. Dans ces grands centres, le point d'appui le lieu des réunions de culte et des agapes, ce furen:

à Thessalonique, de Lydie à Philippes, ete. (D). Ces peti=

gile, faisait que ces ecclesiolæ se considéraient non seu-

soin elle aussi d’une représentation plus large et d’une direc-

Concile de Trente, sess. XXIIL, can. 6, dit cependant : Si quis dicerit tam quæ constat ex episcopis, pret is et Han isins, anathema sit!

(1) Rom. XVI, 5 et ss. Les églises de Corinthe qui saluent dans tout ce chapitre les églises d'Ephèse sont comme ces dernières des églises familiales, ce que désigne très bien le mot allemand Haus-"\® kirchen. Comp. 1 Cor. I, 41; XVI, 15 et 19; Act. des Ap., EVIL, se je XVII: 55; XVI, 45 ; Col: IV, 45elc.

De y EN D A Lg VA TE LA EN DE M ES A re A ar A 22 ac ve ol] à CET CRE OR POLE CUS ÿ ET Pate NL TE: à

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pour y siéger comme presbyter ; mais on comprend aussi que ce conseilcentralse donnâtun ou plusieursepiscopeschargés de veiller aux intérêts et aux besoins généraux de la commu nauté tout entière, et que ces episcopes ou cet episcope, devenant la tête de l’ensémble jouissent d’une réelle prééminence et d'une plus grande autorité. Voilà encore une autre cause de la formation de l’épiscopat. Bientôt le sentiment d’une dignité particulière s’attacha à ce titre d'évèque. Ceux qui dirigeaient des communautés rivales dans la banlieue des villes le réclamèrent à leur tour, et l’on eut les Chorepiscopi ou évêques de village qui, se subordonnant nécessairement à celui dela métropole, constituèrent pour ce dernier ce que l’on appela des « diocèses ». Tout cela se calquait nécessairement sur les divisions adminisiratives romaines (1).

Comme nous l'avons fait pour la communauté de Corinthe, on peut, avec une assez grande sûreté, fixer, pour les autres grandes églises, le terme de l’évolution qui éleva peu à peu l’un de ces presbyteri au rang et à la place d'évèque unique et souverain.

À Rome, par exemple, les choses n'allèrent pas plus vite qu'à Corinthe même. Il n'y a pas encore d’évêque en ce sens spécifique nouveau, à la fin du premier siècle. De la lettre de Clément, il ressort que l’église de Rome, comme celle de Corinthe, avait à sa tête plusieurs directeurs, el était gouvernée par un presbytérat plus où moins nombreux. Trente ans plus tard, le Pasteur d'Hermas atteste qu'il en était encore de’même. Seulement, il témoigne aussi, non sans les blâmer sévèrement, des disputes qui s’élevaient ici comme à Corinthe sur l'office de l'épiscopat, des divisions et des compétitions qui éclataient parmi les

(4) Abbé Ducueswe, Les origines du culte chrétien, p. 12.

:presbytleri pour arriver à la première place dans l’assemblée des fidèles (1). Le prémier qui fit figure d'évêque à Rome semble avoir été Pius, ou mieux encore après lui, Anicet, l’amietle contemporain de Polycarpe, vers l'an 150, Ceux que l'on cite avant ces deux-là ne furent que des « anciens » dont plusieurs ont siégé sans doute en même temps dans les conseils de l’église (2).

À Philippes la constitution de l’épiscopat monarchique ne fut pas moins tardive. La lettre que Paul écrivit à cette église en l’an 63 ou 64 prouve qu'à ce moment, elle était

gouvernée par des diacres et des episcopes, au pluriel. En

l'an 120 ou 121, ce régime n'avait pas encore changé. La

lettre de Polycarpe en témoigne d’une façon qui ne permet pas le doute.

Grâce au prestige et à l'autorité personnelle de quelque condueteur éminent qui d'abord n'était qu'un presbyter, plusieurs églises passèrent, sans secousse et sans presque sen apercevoir, du régime du presbÿtérat à celui de

(41) Herwas, Past., Vis. IT, 4, 3 : « Et toi, lis ce livre aux presbyteri qui sont les rooïsräuevor tic ExxAnsias ». Presbyteri et episcopi sont encore synonymes ou équivalents. Comp. Vis. IT, 2, 6; II, 5, 4; Simil. IX, 27, ete. Voy. Harnack, Patr. Apost. Op. Hermæ Pastor, p. 2, note 2 : « Hermæ tempore, Romæ, presbyteri, non episcopus, ecclesiam regnabant. »

(2) On lit dans le fameux fragment dit Canon de Muratori, à propos du livre d’Hermas : Pastorem vero nuperrime lemporibus nostris H. conscripsit, sedente cathedra urbis Romæ ecclesiæ Pio episcopo fratre ejus. Lorsque Irénée ne reproduit pas une liste officielle fabriquée pour les besoins de la cause, mais parle librement et sans précaution, il fait bien voir à quel moment pour lui-même s'arrête l’historicité de cette liste, c’est-à-dire au-delà de quels noms on ne trouve plus d'évêque, mais des presbyteri, à Rome : Apud Euses., H.E., V, 24, 14, où mod Euros ross6urepor, où ToooTdvres Ts Exxinoiac, el

Lt

i aol roc Ro nur uu peu plus loin, V, 24, 16 : oi rpù ’Avixiroo mpesborepor.

, Jà Loue direction de . qui, né aux env de l'an 70, était déjà à sa tête sous le règne de Traja et là gouverna jusqu'en lan 154 ou 155. Ainsi, sans “doute, l'église d'Antioche avec Ignace, celle d'Hierapolis avec Papias, ou celle de Sardes avec Meliton. Le conseil s presbytéral avait partout un président à qui revenait pas & excellence le titre d’épiscopos. Il y avait donc partout le germe d’où l'épiscopat catholique devait sortir avec plus où moins de rapidité, suivant que les circonstances étaient plus ou moins favorables. Mais nulle part, il Se avait besoin d'être importé du dehors ou créé de toutes : 5 pièces. R | Éà Cependant, cette concentration de tous les pouvoirs À . une seule main, cette exaltation d’un RE .uñique au-dessus de tous les autres, n’allaient pas sans provoquer des protestations. Les révolutions les plus heureuses amènent des orages. 2 vÉes résistances locales que celle-ci rencontra ont u. Le des traces dans les livres du Nouveau Testament, qui datent précisément de l'époque de Trajan, c'est-à- À < dire des dernières années du premier siècle ou des pre- P: mières du second. Ce sont d’abord les écrits issus de. à l'école «johannique » d'Ephèse. Dans la troisième lettre nc: de J ean, On voit un presbyter anonyme, sans doute Jean, LE l'ancien d'Ephèse, dénoncer à Gaïus la conduite violente dun certain Diotrèphe, qui veut avoir la première place 3 et exercer seul l'autorité dans la communauté, et, pour. cela, ne recule pas devant les excès de pouvoir, allant jusqu'à chasser de l'église ceux qui, par leur fidélité aux antiques coutumes, font obstacle à son ambition (4).

(4) Qu'il s'agisse de prétentions épiscopales, c'est ce dont les versets 9 et 10 ne permettent pas de douter : 6 puhorpwteiwy at

ss...

ette pierre je bâtirai mon ie », Det dé faire sa 2 remière apparition avec la dernière rédaction de lévar-. 7 gile de Matthieu; le nom de Pierre devenait le patron se et le garant de la constitution épiscopale dans l'église ; dès lors, il est impossible de ne pas voir une protesta on contre cette tendance dans la subordination prémé- | ditée où l’autear du quatrième Evangile met Pierre à l'égard du « disciple que Jésus aimait ». Pierre n est ni. le seul, ni le plus sûr interprète de la pensée du Maître. h Der a eu besoin de passer par le disciple qui se penchait

sur la poitrine du Seigneur, et il semble même que,

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tandis que Pierre est allé au martyre, le Seigneur a voulu laisser survivre Jean pour donner aux églises les k directions suprêmes. Tout cela ne veut rien dire ou … bien signifie que l'autorité officielle ne vaut pas l'amour comme lien et communion avec le Christ. Dés l'origine, a hiérarchie ecclésiastique rencontrait devant elle son éternel ennemi, la piété mystique, sûre d’elle-même, jalouse d'aller à Dieu librement et sans intermédiaire (2).

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° re aôroc émtdéyerar tobc 4deAvobc (il s agit, d'après le v. 6, de frères

De étrangers, prédicateurs itinérants, que Diotrèphe ne pouvait souf-

4 ce frir) ka TOC ÉovAopévous xwAbet xai Ëx tic EuxAnolus éxGaNker. — À.

Harxacx a fait sur ce point une belle lumière. Gesch. d..altchr. Litter. JE «

(2) Jean I, 41. Cest Jean et André qui jen premiers vont à Jésus, et Pierre n'arrive que le troisième.— Pierre ne parle ici qu’une fois au nom des Douze, VI, 69. Mais Jésus ne lui fait aucune promesse. Il ne sert jamais d'intermédiaire entre la foule et le Maitre. Au con-

traire, ce rôle revient à Philippe, à André, et pour Jean c’est lui qui est l'intermédiaire entre Pierre el Jésus ou son protecteur ou

son émule, partout plus intelligent et plus heureux, XIII, 23. C’est à Jean que Jésus mourant confie sa mère et adresse une de ses der-.

qu'en soient et adlen et la date, Fi mes à l'adresse des er ; presbyteri. D'évèque, il n'est pas question; mais il est fait allusion, avec un blàme énergique, à ceux qui n'ap- portent aucun dévouement dans leurs fonctions où qui les remplissent en vue de bénéfices honteux ou avec l'ambition de dominer, s’imaginant être les maîtres des autres classes de la communauté (1). à C'est enfin la même plainte que fait entendre Hermas, ë . lorsqu'il dénonce avec tant de véhémence les dissensions et les querelles pour le premier rang qui troublent le conseil des presbyteri de Rome, et qu'il les exhorte à se repentir et à à garder la paix par la pureté des sentiments, humilité et la charité (2). à Mais en somme, et si nombreuses qu’elles aient été, #3 # |

ces voix étaient isolées et ne pouvaient rien contre le courant qui emportait la masse chrétienne. Elles préchaient en faveur d'un temps qui finissait et que rien ne pouvait humainement empêcher de finir. À mesure qu’elle se refroidissait intérieurement, la chrétienté éprouvait le besoin de fortifier son unité extérieure par une organisa- à

| + nières paroles, XIX, 26. Ainsi, tandis que Pierre a fui et renié son. 4 Maître, Jean est debout, fidèle au pied de la croix. C’est Jean qui Es

voit et atteste le mystère du sang et de l’eau qui coulent du flanc < percé de Jésus, XIX, 35. — Plus rapide que Pierre, il arrive au sé- De. pulcre et après un coup d’œil, le premier il croit, XX, 3-8. C’e pe

Jean enfin, le disciple que Jésus aimait, qui le premier ss le Ressuscité sur la berge du lac et le signale à Pierre, XXI, 7. Tout cela ne peut avoir été accumulé sans intention.

(1) 1 Pierre V, 1-5, surtout ces mots : HATAAVOLEUOVTES TOY HA OU. Les x\ñpot ce sont les divers ordres-de membres qui composaient la communauté.

“@ ) Hermas, Past., Vis. III, 9, 7-10 et Simil. VIN, 1, 7

L'ÉPISCOPAT x 51 tion plus solide. On demandait à la discipline, à l’autorité, à l'unité du gouvernement de l’évêque, de suppléer le déficit toujours plus grand de la foi, de l'espérance et de l'amour. Les hérésies qui surviennent vont Es le mouvement et le rendre irrésistible.

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