LE SACERDOCE
L'épiscopat est autre chose encore qu'un gouvernement monarchique. Cest un gouvernement sacerdotal ; par l’idée du sacerdoce, s’achève l’idée de l’épiscopat.
Aux troisième et quatrième siècles, le christianisme présente, comme les religions antérieures, une caste sacerdotale avec des fonctions et des titres identiques. Les épithètes de sacerdos, de pontifex, sont passées de la tête des prêtres juifs ou païens sur la tête des prêtres chrétiens. Le sacrifice est devenu l’essence du culte nouveau, comme il l'était dans les cultes d’autrefois..[l n’y a qu'une différence : les anciens sacrifices étaient figuratifs et vains, tandis que le sacrifice de la messe est le seul vrai et le seul efficace. Mais la notion sacerdotale est la mème (1).
Lé prêtre se revêt aussitôt d’un caractère sacré ; un
(1) Ce transfert des notions sacerdotales antiques se fait inconsciemment. On part naïvement de ce principe qu'il ne saurait exister de religion sans sacerdoce ou sacrifice. Concile de Trente, Sess. XXII, CG. 1 : Sasrificium et sacerdotium ita Dei ordinatione conjuncta sunt, ut uirumque in omni lege exstiterit. Cum igitur in Nov. Test. sacrum eucharistiæ sacrificium visibile ex Domini institutione catholica ecclesia acceperit, fateri oportet in ea esse novum visibile sacerdotium, in quod vetus translatum est.
vie religieuse, dans sa dépendance absolue. Cest ainsi
coutumes cultuelles et des formes sacerdotales du passé, pour organiser: son culte et constituer sa hiérarchie. Nulle part la survivance des choses anciennes dans les
tain que l’idée d'un sacerdoce nouveau, d’une caste supé-
. phénomènes historiques analogues, par la revanche natu- relle et sans doute inévitable des religions vaincues sur celle qui, à bien des égards, ne les remplaçait qu’en les continuant. |
Pour se réaliser dans une société religieuse populaire,
l’évangile ne pouvait rester dans sa spiritualité pure; il
principe chrétien dans le cadre des habitudes et des notions préexistantes, c'est proprement la définition du catholicisme, et l'œuvre des trois premiers siècles (1).
(1) Voy. Esquisse d’une philosophie de la Relig. p. 233 et ss.
nécessaire, qui tient fe D: des a du da de & oi orie dans les tar cultes, le es Le
en nr avec la De de . Dar ki médiation du prêtre et, dès lors, il reste, pour ce qui regarde Bar A
: que l'église catholique s’est servie admirablement des #
institutions nouvelles n’est plus apparente. Il est bien cer- |
rieure au peuple chrétien est absolument étrangère à la pensée de Jésus et à l’évangile prêché par les apôtres. Son triomphe postérieur s'explique comme tant d’autres
où seulement pour se faire comprendre et entrer dans la conscience du vieux monde, le principe nouveau de
était condamné, si j'ose ainsi dire, à se couler dans les. moules religieux du passé. Cette réalisation historique du
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