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de. leur. gouvernement, 1h aussi bien da p ilosophie, de. l'art. et. de la. science. ‘Ce + principe s ‘affirme par: la sécularisation progressive des institutions et des lois, par l’affranchissement, de l'es : É DIE moderne à. l'égard. de toute tutelle sacerdotale set soi-disant. surnaturelle. Nous avons éliminé le. -surna- turel de la : science et de la philosophie ; nous élimine rons peu à peu de la politique et de la vie sociale. Or que est-ce que Ja papauté moderne parlant et comman- dant au nom de Dieu même, sinon le surnaturel fonctionnant sous nos yeux sur un. pointunique dela planète, au milieu de la libre et irrésistible expansion de toutes. les aspirations et de toutes les virtualités humaines 9?
Mais, dira-t-on, cette hostilité ou même cette contra- ie diction ne pre cesser ? Une réconciliation est. de elle impossible 7 È L Ici se présente une école aussi généreuse que facile à l'illusion. I faut distinguer, dit- elle, entre le principe de a civilisation moderne et ses. erreurs ou ses mauvais fruits. L'Eglise ne condamne pas le premier, mais seule- 4 ment les autres. Après tout, cette civilisation est d'origine chrétienne ; elle est chrétienne par ses aspirations, par son respect du droit, son désir d'égalité, son besoin de solidarité fraternelle. Pourquoi done la guerre dure- - rait-elle : toujours ? Sans doute l'Eglise n'accepte pas # comme un dogme religieux la liberté de conscience, l’égalité de tous les citoyens et de toutes les opinions devant h loi; mais elle les adopte comme des principes d'ordre civilet naturel. Elle-même ne revendique que le droit commun et ne veut triompher que par la persuasion. On peut ne pas accepter la vérité qu’elle enseigne; elle - ne demande que la liberté de : précher.
: ue abdique dois sa prétention s si
culaire de dominer le pouvoir civil et de lui dicter des k
lois. Comme toute autre société religieuse ou philoso- | phique, elle se place sur le terrain du droit commun,
des libres discussions et de la concurrence. Elle se contentera d'être la plus ancienne comme la plus considé- rable des Eglises; elle souffrira sans gémir l'existence de cultes dissidents auprès d'elle. Elle ne les vaincra qu'à
force d’avoir raison. Mais qu'est-ce à dire encore simon
qu’elle consent à faire de la raison et de la conscience les juges souverains des opinions religieuses et‘par là re-
nonce au principe extérieur d’une autorité et d’une légi-
timité surnaturelle ? Qu'est-ce à dire encore, sinon
que son dogme n’est plus qu’une de ces opinons diverses
qui relèvent également du contrôle de la critique, et.
qu’elle-même enfin n'est plus qu'une secte ou, si 1e
mot répugne, une des mille formes du christianisme his-
torique, entre lesquelles nous avons le droit de choisir ?. La papauté est bien éloignée de ces sentiments. Elle ne
| pourrait s’y réduire sans abdiquer. L'instinct suffit pour
l'avertir que la tendance de tout catholicisme libéral impli-
que au fond la négation du principe sur lequel toutle système
papal repose. Aussi ne laisse-t-elle passer aucune de ces
velléités libérales sans les condamner irrémissiblement.
Depuis la tentative de Lamennais jusquà l'américanisme
du P. Hecker, l'expérience ne s’est jamais démentie. Les
papes ont beau changer, l'attitude de la papauté reste la
même. Il y a de la naïvetéà s’en étonner. L'idée théocratique est l'essence même de son institution.
Ce qui fait encore la grande force de ce système de.
gouvernement, c’est qu'on le confond avée l'Eglise elle-
cratie font ! Fo pour Pie naître et perpétuer cette illusion. Mais ils font exactement ce que faisaient les avocats de : R royauté quand, identifiant la France avec la monarchie. . de droit divin, ils soutenaient que le renversement de l'une serait l'anéantissement de l’autre. Le trône de Louis XIV a étédétruit; la France a recommencé dans la libertéune car- Frière ae Il en sera de même pour la religion, qe la forme théocratique qui la régit encore dans les nations. e catholiques sera abolie. Est-elle donc moins intense et. moins efficace chez les peuples qui ont cessé d'aller chercher à Rome larègle de leur foiet de leurs mœurs? = Le catholicisme, dit-on enfin, ne fait-il pas des con- quêtes et des conversions ? Ne peut-il pas s'étendre in définiment par ses missions chez les peuples protestants, les: = Orientaux schismatiques et les races encore païennes ? = Pourquoi la papauté ne referait-elle pas l'unité religieuse et morale du monde ? Discuter des triomphes partiels ou des espérances lointaines ne servirait de rien. Les progrès du catholicisme, seraient-ils aussi réels qu ils sont illu- & soires, ne prouveraient pas plus la vérité de ses prétentions surnaturelles que ceux de l’islamisme en Afrique, par exemple, ne sauraient démontrer la vérité des révélations de Mahomet. Les succès apparents d’une forme religieuse ; font éclater seulement une certaine correspondance mo- ; mentanée entre cette forme et l’état moral et politique du milieu social où elle triomphe. Pour un esprit sérieux, il n’y a pas de commune mesure entre la vérité d'une thèse et l’accueil qu’elle peut un jour rencontrer. La vérité de la question religieuse n’est pas une question de majorité,
2e es Le rêve de. ou ie de fait. par certains conquérants était encore moins chimérique que celui qu'ont pu faire les papes de réaliser l'unité des es- à prits dans une monarchie théocratique et absolue. Les es- É prits sont moins faciles à plier que les corps. Si tous les peuples de la terre entraient un jour par impossible dans les cadres de l'Eglise romaine, ils y apporteraient, n’en doutons pas, leur génie, leur tempérament, leurs ten- .dances; et cet empire nouveau serait à. peine formé qu'on - én verrait commencer SEAT l'inévitable Lane à ment D. |
“È ce Fa me
(4) D'après le géographe Ravenstein, la dpulioon chrétienne. de
2 rte sur le globe se décomposerait de la façon suivante : catho-
liques romains, 40 0/0 environ; protestants, 39 0/0; orientaux,
24 0/0. Ainsi les catholiques ne formeraient plus que les deux cin- ‘à
quièmes de la chrétienté. Dès lors, que devient leur prétendue
catholicité ? On célèbre à l'envi les services que la papauté a rendus
‘à lEglise. On ne devrait pas oublier les déchirements et les
6 pertes qu’elle lui a causés. Ce sont les hautaines prétentions de la
papauté qui ont amené en 1054 le schisme de l'Orient et coupé en. <
deux parties étrangères et hostiles la vieille catholicité. GIESELER,
K. G. II, 3° partie, p. 367 et ss. "23 C’est l’intransigeance de la papauté qui a séparé encore en deux ER
moitiés au xvi° siècle l’Europe chrétienne. Est-ce la fin ? Le catho-
licisme romain se divisera certainement encore par son extension
même. À un prédicateur qui célébrait avec pompe les victoires de.
la papauté dans le passé, un prélat de plus de réflexion répondait :
« Que Dieu préserve l'Eglise d’une autre victoire pareille! » La
liberté moderne des peuples et des consciences doit nécessairement
briser l’unité politique de l'Eglise pour en faire sortir, avec la légi-
time diversité des génies nationaux; l'aspiration à une unité morale
plus haute réalisée par l'amour RE et par la solidarité chrétienne. |
Un CNP ‘37 Revenons al réalité frésente. La papauté garde sés se : mais elle né ‘peut changer les conditions de vie que cette réalité lui i impose. db : Devenu un dogme, la papauté n'est plus qu'une puis- ‘sance “métaphy sique. Sans doute, elle reste entourée d’un grand prestige et son action spirituelle pèse encore d’un grand poids dans les conseils où se décide-la politique ‘de tous les gouvernements. Mais le genre même de diplomatie auquel le Saint-Siège doit avoir recours pour l'exercer, prouve avec: évidence combien les temps sont changés depuis Grégoire VIT et Innocent THE.
__ Comparez la conduite de ces grands papes et celle
que tient présentement Léon XITIT avec l’empereur alle-
mand qui tient la place du malheureux Henri IV, ou avec la reine Victoria qui occupe le trône de Jean-sans-
Ferre. L’arme de l'excommunication, alors toute puis-
‘sante, est aujourd'hui brisée. La foudre romaine est éteinte et ne saurait plus mener aucun souverain à Canossa. ;
= Le probléme se serre chaque jour davantage pour la papauté. Le pape reste à Rome, et telle est Ia position qui lui est faite qu’il n’y est plus roi, et qu'il n’y peut être sujet. Image saisissante de la condition où se trouve partout son autorité. L'Eglise catholique, dans toutes les nations modernes, est en face de lois civiles et politiques qu’elle ne peut ni attaquer ouvertement ni accepter sin- cérement. Elle se trouve placée fatalement entre ladhésion et l’abdication. Ne pouvant se résoudre ni à lune ni à l'autre, elle est obligée de se résigner en protestant. Dans l’ordre de la pensée, sa détresse est la même. Ou ‘ bien la théologie de lautorité refuse la discussion philosophique ou elle l’accepte. Dans le premier cas, elle ‘s’exclut elle-même de larène où luttent et triomphent
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. qu'un dédaigneux oubli. Dis. 1 second € cas, elle € est. condamnée à accepter la juridiction commune de la raison, et dès lors son dogme, dépouillé de son caractère ue pe rité extérieure et surnaturel, n’est plus qu’une solution, entre beaucoup d’autres, des divers problèmes qu on + la science de la nature, l'histoire des ss. et h. philosophie générale. | Or, si le dogme catholique est jamais mis au creuset de la discussion scientifique, il n’en sortira pas tel VE . qu'il y est entré. Il lui arrivera ce qui arrive à tous les systèmes, même aux plus beaux et aux meilleurs. Il | en sortira transformé. C’est assez dire qu’il tombera, qu'il est déjà tombé de la région du surnaturel et de l’absolu dans le cours mobile des idées et des choses humaines. La substance en pourra survivre, la forme ensera néces= sairement renouvelée. # Telle est la force des choses; telle est la loi de l’histoire. En vain la papauté se raidit-elle contre le courant; elle est le produit de lé svolution historique et doit, à son tour, la subir. En vain en appelle-t-elle à à des titres surna= turels, à des promesses d’éternité. La critique s ue aux textes qu’elle invoque et en découvre ou le caractère apocryphe ou l’inanité. Suite et prolongement de l'empire ; des Césars, elle n’est pas mieux garantie que cet empire lui-même contre la décomposition finale. Les Romains A du siècle d’Auguste ne doutaient pas non plus que leur Ée domination sur le monde ne fût éternelle. Ils ne prévoyaient ni la division de leur empire, ni la formation, En 8 Occident, de ces nations rivales qu’allait faire naître l'in- | | vasion des barbares, ni ces forces. nouvelles, comme l'Islam, que l’Asie couvait déjà dans ses flancs mystérieux.
gie, “reflet eur ambition ana avait accumulés. au berceau de: leur race : RE T
PRET LE ad
E His ego nec metas rerum néc tempora pono; Imperiun sine fine dedi..
de
sta permis à à un esprit critique d’ajouter plus de foi Dar mythologie. plus récente dont la papauté enveloppe S = ses origines? Son institution par le Christ et la chaîne de Succession, apostolique ont-elles plus de réalité que la généalogie par laquelle on rattachait au sang d’Enée, la famille des Césars ? Ces guirlandes poétiques, appendues au front de la machine qui meut le train des choses __ humaines, l’ornent aux yeux et à l'imagination, mais elles ne sauraient suppléer la vapeur intérieure qui donne le . mouvement, ni être prises pour elle. Quelques tours de __ roue de plus vers l'avenir inconnu, et la face du monde sera renouvelée. La forme catholique de l'Eglise a eu son histoire, sa grandeur, son efficacité dans le passé. D’autres formes se préparent en secret, qui écloront à leur tour, pour répondre À à des besoins nouveaux et rendre aux âges futurs des services non moins nécessaires. So je Il y a deux choses dans le catholicisme : une religion , profonde et belle, une sève de vie chrétienne, une source d'élans mystiques et d’héroïques dévouements que ne peuvent oublier les âmes qui en ont été rafraichies et renouvelées. N'est-ce point par cette piété qu’elles ont été engendrées à la vie supérieure et idéale du devoir et de l'amour? Mais il y aussi un gouvernement absolu, une - hiérarchie oppressive. des: consciences, ennemie de. ue inspiration spontanée et libre, enchaînant la pensée dans des dogmes vieillis etla vie morale en des pratiques
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-de dévotion puérile. On croit à tort que-la vigueur du ‘premier de ces éléments dépend de la stabilité du second. C’estune illusion. Analysez vos sentiments intimes et Consultez l'histoire, vous verrez que la foi était avant l’orthodoxie, et la piété avant le sacerdoce; que la hiérarchie dépend de la religion, et non la religion de la hiérarchie.
Le monde moderne ne peut supporter l’ une ni se passer de l'autre. On a beau les lui présenter comme un tout indivisible qu’il faut prendre ou laisser tout entier. Le temps est un grand eritique; il décompose les roches les plus dures; il transforme lés institutions les plus intransigeantes : il saura bien dissoudre l’amalgame catholique -et donner la liberté à:ce qui est vivant, en ‘laissant tomber ce qui n’est plus qu’une survivance du passé.
De même, dans le dogme catholique de l'autorité, il convient de distinguer entre le principe de l'autorité légitime et naturelle qui se crée spontanément dans toute société religieuse où autre qui veut durer et accomplir une mission, et la théorie dogmatique par laquelle on surnaturalise cette autorité, et on la rend absolue sous prétexte de la fortifier. Commençant par être moins qu’un enfant, un embryon, tout homme rencontre et doit bénir là société qui le nourrit, l'élève, en fait un homme. Qui. donc voudra nier qu'au début du moyen-âge l'Eglise catholique à été pour les peuples barbares ‘une forte “et admirable institutrice, que son action a été puissante, son autorité incontestée, tant que sa mission n’a pas été achevée? Mais qu’on ne Foublie pas : même en éducation, | c'est la vérité qui fait l'autorité, non le contraire. L'instituteur ne crée pas la vérité ; il doit y conduire. Il faut que son enseignement se fasse comprendre et accepter par laraison ét la conscience qui s’éveillent aussitôt dans l'âme
| (LA PAPAUTÉ | | 251 de l'enfant. Il perd toute autorité aux yeux de l’élève le plus docile, s’il est convaincu de mensonge. Qu'est-ce à dire, sinon qu'il y a dans l’homme un sens pour percevoir la vérité et une norme pour la reconnaitre et la juger? Dans les choses morales, l’homme part de la tutelle de l'autorité pour s'élever à l’autonomie de la conscience. Voilà pourquoi toutes les autorités sont relatives et doivent se modifier avec le temps pour se maintenir.
L'Eglise catholique ne l’a pas ainsi compris. Elle a cru sauver son autorité en la revêtant du surnaturel; elle l’a tuée. Une autorité surnaturelle d'ordre extérieur devient nécessairement une autorité politique d’abord, et ensuite une autorité oppressive. Elle tend à se subordonner la vérité, au lieu de se dévouer à la vérité. Elle n’en est plus la servante, elle veut en être la maïtresse et s’imagine même la créer. Elle réclame la soumission avant d’avoir persuadé. Sa parole seule est la vérité, non parce qu’elle est évidente, mais parce qu'elle est sienne. Ce même élément de surnaturel raidit le système d’autorité, l’exasère et l’empêche de se réformer. Comment serait-il infaillible s'il avait jamais besoin de réforme? Il ne peut donc suivre l’évolution des esprits, et fatalement se trouve en contradiction avec elle. Les formes d'autorité qui pouvaient convenir à unehumanité enfant et mineure froissent l'humanité adulte et éclairée. La révolte devient alors inévitable. Le conflit éclate entre la conscience et la tradition, et la seule issue possible de ce conflit, dans l’ordre religieux, c’est le protestantisme.