ORIGINES DE L'IDÉE D’INSPIRATION
C'était un grand avantage pour les docteurs protestants | que d’opposer à l'autorité de l'Eglise une autorité que 5 l'Eglise elle-même avait déjà consacrée. La croyance que la Bible avait une origine divine, et avait été en quelque 6 sorte dictée par Dieu, était en réalité bien plus ancienne À que le christianisme. L'homme primitif n’a pu imaginer et adorer un dieu, sans croire spontanément que ce. L dieu entrait en communication avec son adorateur. Et __ sans doute le fond vrai de cette croyance, c’est que le divin ne pourrait pas nous ravir si l'Esprit de Dieu ne ré- : sidait pas naturellement dans les profondeurs de notre être. Mais, dans son enfance, le genre humain ne pou- 5 vait se représenter cette vérité que sous des formes merveilleuses et mythologiques.
ï de batir. se résonne a avec ue nn à formes psycho-physiologiques à peu près les mêmes: les songes, l’extase, la fureur prophétique, la vision, la simple
= Suggestion intérieure, l’aliénation mentale expliquée par
l'invasion d’un esprit étranger. Partout on rencontre, aux |
divers degrés de la civilisation, des sorciers et des devins,
__ des oracles et des sibylles, des prophètes, des législateurs,
des prêtres, des sages qui passent pour être touchés d’un
souffle divin. Tout ce qui éclatait d’extraordinaire dans
les actions, les pensées ou les paroles d'un homme, aussi
bien les manifestations d’une maladie mystérieuse que :
celles d’un génie exceptionnel, était l'indice de laprésehce . d’un Dieu. Toutes les législations anciennes, toutes les re-
__ ligions supérieures de l'Orient reposent sur des livres
sacrés qui sont considérés comme Ê produit de l’inspirann divine.
Les formes du phénomène et les idées qu’on s en fait
: sont les mêmes en Israël que chez tous les autres peuples. Mais chez lui, l'inspiration religieuse partie d’aussi bas, est allée infiniment plus haut et a donné des fruits d’une maturité plus exquise et plus riche. A côté des manifes-
tations vulgaires et morbides de l’inspiration passive, un autre genre d'inspiration se développe, qui, loin de déprimer la vie mentale de l’homme, la porte, comme chez les
< prophètes, à son maximum d'intensité. Cette inspiration
prophétique n’emporte pas le moins du monde l’infaillibilité. Dieu parfois ordonne de mettre par écrit certaines
révélations ; mais il n’est jamais question, dans cette af-
faire de rédaction et d'écriture, d’une asststance divine
ns particulière. Plus tard seulement, quand la génialité re- ‘
que littéraire fut des on eut une énér: 10n reh. ie | 14 la te des hres Hs et alors aussi re se. Le
ue se qe u croyance que ie re be - entier, £êt, chez les Hellénistes, celui de la traduction des LXX était l'œuvre même de Dieu, la dictée de son Esprit. La dogmatique de l’école allait remplacer la libre poésie 2 du premier âge. De l’une à l'autre, la théorie platonicienne | : de l'enthousiasme et de la divine folie a fait la transition. = Philon l’applique sans scrupule à l’état prophétique. La Ÿ conscience humaine disparait quand surgit celle de Dieu. 44 Philon se félicite d’avoir eu, lui aussi, de ces moments de
de É
divine extase! À certaines dignités comme à celle du . grand prêtre était attaché le don d’une inspiration incons- + u ciente. L'interprétation allégorique, alors partouten usage, est la preuve de la croyance générale à l'inspiration des Se écrits sacrés. Mais c'était aussi un ingénieux moyen pour pue lesprit des temps nouveaux de réserver sa liberté et à
d'échapper à la tyrannie de la lettre qui aurait arrêté toute È initiative et tout progrès. L'exégèse en ce temps-là SAUva SE la liberté philosophique. "4 ÿ sé IT “à LA GROYANCE A L'INSPIRATION DANS L'ÉGLISE CHRÉTIENNE +
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Héritiers de la tradition juive, les premiers chrétiens ne firent guère que la continuer. Ils citaient la version grecque de l'Ancien Testament avec la même confiance que le texte hébraïque. Jésus et les apôtres n avaient pas une autre manière de considérer les livres sacrés de leur