ARTE
(4) J. Srexer, Pia desideria,,1675., Voy.: W. Hospacm, Spener w seine Zeit., 3° édit. 1861. Tuoruex, Das kirchliche Leben des 17ten # Jahrh., 1861-62. A. Rrrscuz, Geschichte des Pietismus, 1880.F. CHa- £ PONNIÈRE, art. Spener, dans l’Encycl. des sc. Mo tom. XI,
(2) J. Weszev, Sermons, journal, notes sur le N. T.etc. Voy. Cu. pe Rémusar, J. Wesley et le méthodisme, 1870. M. Leuèvre, J. Wesley, sa vie et son œuvre, 2 édit. 1882. Du.même, art. Wesley, dans l'En.cycl. des sc. relig., tom. XII, 14882...
(3) Sur Zixzenvorr, le rénovateur des Frères Moraves, voy. FéLix Bover, le Comte de Zinzendorf, 1865; G. Burknarn, Zinzendorf u.
d.. Brüdergemeinde, 1866 ; Cn.. PRENDER, art, Zinzendorf, dans l'Encycl. des sc. relig., tom. XII, 1882.
Dé a à la ee “ ar à la doctrine libératrice de la justification par la foi, c’està-dire à la préhension immédiate, par l'âme repentante
Le. "et croyante, du don divin, de la grâce du-Père dans
l'Evangile de Jésus-Christ. Telle est la révolution profonde qui, s'accomplissant en secret au milieu du xVHIe siècle, amènera la renaissance éclatante de la
religion au xixe. Les signes avant-coureurs se multiplient
et des voix prophétiques, toujours plus nombreuses et plus claires, annoncent l'ère nouvelle.
C'est d'abord la voix confuse, passionnée, éloquente 44 Jean-Jacques Fousseau. Pour bien sentir l'originalité religieuse de Rousseau, il faut le rapprocher de Vol- | taire ({). Sans: doute l'un est déiste et rationaliste comme l'autre, mais dans le premier, il y a quelque chose qui n'est pas dans le second; il y à l'émotion religieuse, l'étincelle électrique de la vie. L’émotion est, en eflet,. Ia vie même de la religion, parce que: seule elle dénonce que Vâme humaine a reconnu Fhôte divin qu’elle porte en . elle et s’est donnée à lui. Avee Rousseau, l’âme se replie
du dehors au dedans et, sous l'activité sèche de la raison
discursive, retrouve les sources profondes du sentiment et de l'inspiration, toute la vie du cœur, avec ses intuitions, ses besoins et ces raisons secrètes que la raison ne connait pas. C'est le jaillissement de’cette vie subjective, intense, qui fait la nouveauté et la puissance de son: éloquence. De même qu'il a découvert l’âme vraie sous les
(1) Sur les origines de la pensée religieuse de Rousseau et ses attaches secrètes avec: le piétisnre-allemand, voy:-Eucènwe Ritter.
. la nature sous les élog es de Fi campagne ornée, la. pa:
sion de l'amour sous la galanterie ; de même, il a décou-
vert la religion intime sous les pratiques et les traditions de l'Eglise, l'Evangile du Christ, sous les échafaudages
de la théologie. Les démonstrations historiques de la vérité d’une religion dont on faisait dépendre la destinée
éternelle des individus éveillaient ses doutes au lieu de
les dissiper. Cette série de témoignages humains, tous faillibles, qu'on entassait pour établir une infaillibilité
divine, lui semblait dérisoire. € Que d'hommes, s’écriaitil,‘entre Dieu et moi! » Ouvrait-il, au contraire, l’ Evangile et s’abandonnait-il à cette lecture, il en ressentait, avec
une émotion intense, l'attraction souveraine. « La majesté
des Ecritures m'étonne; la simplicité de l'Evangile parle à mon cœur. » Ainsi la pensée religieuse, incertaine encore
en ses démarches, allait de l'écorce à la moelle, de l’étude
de l’arbre à la saveur du fruit, essayant d’instinct de substituer l'expérience intérieure de la foi, qui est le principe essentiel de la Réforme,au principe purement formel de l'autorité divine du Livre (1).
En Allemagne, s'élève plus pénétrante et plus claire la voix de Lessing. Esprit comparable à un pur diamant qui coupe et qui brille, il réflète dans ses feux tous les aspects de la conscience de son temps, en même temps que du tranchant de son arête vive, il décèle le vice secret des fallacieuses apologies. Ce merveilleux dialecticien fut un prophète, et ce rationaliste, un mystique. Il semait en
pleine bataille les germes d’une moisson nouvelle. Comme
un vent printanier et salubre, sa critique souffle à travers la théologie d'autorité et la littérature de convention.
(1) Rousseau, Emile, liv. IV, Lettres de la Montagne.
ernel, ie absolue ; " ne convient qu'à FA Laisse-moi seulement le pouvoir et le goût de Pan ue dussé-je ne jamais l’atteindre entière-et défini- Aie » Ce n'est pas là du scepticisme, c'est de la ‘oi : c'est le sentiment vif que la vérité n’est pas une ones ‘ de connaissances arrêtées, mais l'activité loyale et droite de la pensée, la croissance normalé de l'esprit lui-même. | La vérité se forme en nous, parce que nous avons avant : tout. à nous former nous- mêmes en elle. La première condition d’avoir la vérité} c'est d’être dans la vérité. se Idée plus féconde encore : la vérité n’a pas besoin, ne
pour se faire connaître, de titres extérieurs comme . ce es et miracles. Les qualités intrinsèques d’évidence ne et d'action persuasive sont les: véritables marques que Dieu lui a données, pour lui ouvrir l'accès de tous les cœurs droits. Le christianisme n’a que faire des fragiles. 400
; appuis dont Ja théologie essaye de l'étayer, il s’est tou= # jours prouvé lui-même, et il se prouve encore par sa vertu. € Si le paralytique éprouve les bienfaisantes secousses de l'étincelle électrique qui le font revivre et de marcher, que lui importe que Nollet où Franklin ait raison ou bien aucun des deux das leur théorie de l’électricité?»
Ce n est point parce, que la ne chrétienne est en-
| seignée dans la Bible qu ’elle est vraie ; C'est parce qu elle est vraie en sol que, lorsque vous la rencontrez dans la Bible, vous dites que la Bible enseigne la vérité. La religion chrétienne ne repose pas sur la Bible; on peut .
- discuter Porigine et la valeur de l’une sans de la do
vérité de l’autre Le christianisme existait avant qu'aucun livre du Nouveau Testament eût été écrit et canonisé; subsisterait encore si même les premiers livres chrétiens avaient disparu. Ce n'est point déprécier la Bible que de la mettre à son rang. Elle contient la révélation sans nul doute; elle n’est pas la révélation. Il y à en elle maintes choses parfaitement étrangères à la religion. Comment empêcher de faire des distinctions que le bon sens indique? Est-ce à Hambourg qu'on négligerait de distinguer le poids net du poids brut et de séparer la marchandise de son emballage ?
« La lettre, disait encore Lessing avec insistance, n’est pas l'esprit. L'esprit agit par la lettre, mais n’y est pas lié. { souffle où il veut et il souffle partout. O Luther, tu nous as délivré du joug de la tradition; qui nous délivrera du joug de la lettre! » (1) Lessing est un prophète de la religion de l'esprit.
Ce n’est pas à dire qu’on ne rencontre dans ses écrits bien des éléments contradictoires. Il est de son temps,
(1) LessiNG, Theol. Schriften (édit. de Gustav Hempel, Berlin) 2te Abtheil. I, p. 261 et 262. À propos des objections de Reimarus : Was gehen den Christen dieses Mannes Hypothesen und Erklærungen und Beweise an? Ihm ist es doch einmal da, das Christenthum, welches er so wahr, in welchem er sich so selig fühlet. Wenn der Paralyticus.… etc. — Kurz, der Buchstabe ist nicht der Geist, und die Bibel ist nicht die Religion. — Auch war die Religion ehe eine Bibel war. Das Christenthum war, ehe Evangelisten und Apostel geschrieben hatten. — Die Religion ist nicht wahr, weil die Evangelisten und die Apostel sie lehrten, sondern sie lehrten, weil sie wahriist. Aus der innerr Wahrheit müssen die schriftlichen Ucberlieferungen erklært werden, und alle schriftlichen Ueberlieferungen kœnnen il keine innere Wahrheit geben, wenn sie keine hat... etc.
Voyez surtout les petits traités : Sendschreiben : Ueber den Beweis des Geistes und der Kraft; Eine Parabel; Atiomata ; Les répliques et dupliques à Gœtze ; Religion Christi und christliche Religion.
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et 1l le dépasse. Pour sentir son originalité vive, il faut le comparer à Reïmarus dont il fut le malicieux éditeur.
Reimarus est un homme du passé ; il raisonne avec les
prémisses de la scolastique ; il a de la révélation et de l'inspiration religieuse la même conception que Gœtze et les autres pasteurs orthodoxes qu'il exaspère. Où:ceux-ci disent : miracle, communication du ciel; celui-là crie : fourberie et ambition de prêtres. Les deux explications se valent et sont exactement du même ordre. Cest toujours le tissu naturel et vivant de l’histoire déchiré par l'arbitraire de la volonté divine ou de la volonté humaine. Rationalistes et supranaturalistes de cette espèce choquent également le sens historique et le sens religieux de Lessing. 11 transforme pour son propre compte l’idée de révélation : ce ne sera plus un quantum de doctrines formulées une fois pour toutes avec une rigueur absolue ; ce sera quelque chose de vivant ou plutôt d'inhérent à la vie spirituelle elle-même, l’action constante et intérieure de l'Esprit de Dieu dans la conscience humaine pour la réveiller, la purifier, l'élever de degré en degré jusqu’à la pleine lumière de la vérité, de la justice et de l'amour fraternel. Aucune religion historique n’est absolument vraie: mais aucune non plus n’est entièrement fausse. Toutes rentrent, comme des moments successifs, avec une légitimité relative dans le plan divin de l'histoire. La révélation est une pédagogie; c’est Dieu faisant l'éducation progressive de l'humanité.
Si le christianisme est la religion parfaite, c’est qu'en lui précisément l'Esprit de Dieu apparaît absolument indépendant de la lettre et des rites. Il reste toujours idéal et transcendant à ses plus belles créations historiques ; il s'affirme dans sa liberté souveraine. IT écrit lentement non dans un livre, mais dans les âmes, non avec
christianisme consiste en ee vérités ne sans lien avec l'histoire. L'histoire n’est pas seulement inca- & pable de les établir; mais elle reste en contradiction avec elles. Aucun pont n’existe pour passer du domaine des événements historiques qui sont accidentels, au domaine dela. raison éternelle. L’antithèse est absolue entre ce qui est immuable et ce qui est contingent, entre Dieu etle monde. Dès lors l’idée même d’une éducation divine de l'homme <a . par l’histoire devient impossible. Là est le vice radical de la théologie de Lessing; par ce dualisme encore insurmonté, il appartient à l’époque de Wolff et de la religion naturelle. Pour qu'il y ait une éducation dans l’histoire, il faut qu'il y ait révélation progressive de la raison divine dans l’histoire elle-même, il faut que la vérité métaphysique soit immanente dans le développement humain ; il faut que le Verbe divin se fasse chair, que le temps D
l'éternité, l’histoire et la métaphysique se réconcilient. Alors le christianisme en tant que puissance historique achèvera de reprendre sa valeur et sa dignité. Lessing annonçait la révolution qui devait s'accomplir, sans se
(4) Less, Abhandlung über die Erziehung des menschl. Geschlechts, 1780 : Sie wird gewiss kommen, die Zeit eines neuen, ewigen Evangelismus. Geh deinen unmerklichen Schritt, ewige Vorsehung ; nur lass mich dieser Unmerklichkeit wegen an Dir nicht zweifeln. Et ailleurs : Was erzogen wird, wird zu etwas erzogen. Sur le christianisme de Lessing, voy. E. Fonranës, Le christianisme moderne, étude sur Lessing, 1867. F. LICHTENBERGER, Hist. des idées relig. en Allemagne, FL, page 67. C. Scwarz, Lessing als Theologe, 1854. J. A. Donner, Gesch. der protest: Theologie, P. 621 sv. E. ZeLrer, Lessing, Theolog. -Abhandlungen, 2 série, 1877. E. NE en Lessing, art. de l'Encycl. des sc. relig., tome VI. . re
al Te ner Le Messie dé Ve ère ou le Re ue cher (1). Ce grand ‘homme est au tournant du siècle. vec lui la réforme de Luther revient à son principe créa-
Les origines de Schleiermacher le prédestinaient à son œuvre: Des frères moraves, qui l’avaient élevé, il reçut
tique de Platon et de Spinoza. De là les deux éléments constitutifs de sa théologie : la religion du cœur consi- - dérée comme un fait d'expérience irréductible et anté- . rieure à toute théorie religieuse, et une force intellectuelle d'une puissance et d’une rigueur extraordinaires. Il lui aurait été impossible moralement de sacrifier un élément à l’autre. « La raison et le sentiment, écrivait-il à Jacobi,. | AE chez moi souvent séparés, mais ils se touchent. : se est une espèce de pile galvanique dont l’étincelle crée en moi l'activité de l'esprit. » Concilier le sentiment et la raison, faire la théorie scientifique de sa foi religieuse devait donc être la tâche de sa vie, l'effort de sa pensée. #4 ee reste des contradictions dans la synthèse qu'il a tentée, si le philosophe et le chrétien en lui ne sont pas toujours à . accord, C ‘est que | solution du problème sans doute ne
‘ (4) Dans une histoire des précurseurs de la renaissance religieuse
et littéraire du xixe siècle, il y aurait bien d’autres noms à citer,
des noms de poètes surtout : Klopstock (1724-1803); Hamann
(4730-88) ; Lavater (1741-1801); Claudius (1740-1815); Herder surtout,
; avec sa philosophie toute religieuse de l’histoire (1744-1803). Tou-
jours la poésie, comme les fleurs, est l’avant-courrière du printemps. É
eur: la justification par la foi du cœur; et le protestan- # tisme entre dans une phase nouvelle. | AA
… l'héritage d’une piété chaude, intense, assez libre du côté du dogme. Puis sa pensée se forma à l’école de la dialec-
675 ani LIVRE DEUXIÈME
peut être jamais. qu'approximative et reste non l'œuvre d'un homme, mais la tâche historique de l'humanité (4).
L'erreur commune des deux partis, des rationalistes et des supranaturalistes, qui se livraient dans l'arène de la théologie une si vieille et si stérile bataïlle, était de considérer la foi comme une somme de doctrines traditionnelles que les uns déduisaient de la raison et que les autres faisaient tomber du ciel. C'était la même manière de réduire la religion à une opération intellectuelle. Schleiermacher déroba aux combattants le terram même sur lequel ils combattaient. La foi, disait-il, n’est pas une doctrine ni un système de doctrines ; la foi n’est ni un dogme, ni un précepte qu'on reçoit d’une autorité étrangère ; la foi, c'est la piété vivante, c'est la détermunation intérieure du sentiment religieux lui-même; c’est un rapport ressenti avec joie et avec amour de lâme avec Dieu. Fait psychologique, indépendant et original, la foi devient ainsi un objet d'observation et un fait d’expérience, non seulement un fait d'expérience individuelle, mais un fait d'expérience collective, un fait historique et permanent dans la vie même de FlEglise chrétienne et s'imposant comme tel à la réflexion philosophique qui doit l’étudier et travailler à le rendre intelligible. Ce travail est celui de la théologie. La foi n’est pas l'eftet, elle est la cause du dogme. Les confondre est aussi déraisonnable que de confondre les phénomènes de la nature qu'étudie la physique avec les explications successives que les physiciens en ont données (2). |
(1) F. Scucermrwacner, Selbsthbiographie im 26ten Jahre. Niedner's Zeitschrift f. hist. Theol., 1854. Aus Schleiermachers, Leben in Briefen, von Jonas u. Dilthey, 4858-63.
(2} Reden üb. die Religion, 179. Der christl. Glaube, Einleit., : $15-31.
Du coup, la base de l'ancienne dogmatique se trouvait déplacée et la nature même de la théologie était transformée. Il pouvait y avoir une science expérimentale de la religion, une science positive se donnant pour tâche d'observer, de classer et d’enchaîner rigoureusement les phénomènes religieux, et prenant place non pas au-dessus des autres sciences, mais à son rang dans l'encyclopédie des connaissances humaines. Avoir conquis ainsi à la religion son indépendance et à la science de la religion sa légitimité incontestée, c’est le service le plus éminent que Schleiermacher ait rendu tout ensemble à la foi religieuse et à la philosophie (1).
Avec lui, la conscience protestante passait définitive ment le détroit qui sépare la théologie d'autorité de la théologie d'expérience. La vérité religieuse ne pouvait plus être donnée par un oracle ; elle devait désormais jaillir de l'expérience chrétienne elle-même, qui ne cesse de se reproduire dans les âmes pieuses sous l’action permanente de l'Esprit du Christ. L’Ecriture sainte ne pouvait plus être le fondement de la foi; elle devient un auxiliaire, un moyen de grâce. Dans la construction doctrinale élevée par la dialectique de Schlerermacher, la Bible n’a plus sa place dans les assises, mais dans les combles de l'édifice (2). Sans doute elle reste une production du Saint-Esprit, mais du Saint-Esprit considéré comme esprit collectif, âme historique de l'Eglise, principe divin immanent de sa vie et de son activité sur la terre. Le témoignage que cet Esprit à rendu au Christ dans le Nouveau Testament ne diffère pas essentiellement de celui qu'il lui rend dans les œuvres des siècles suivants. I n’y a pas d’un moment à l'autre un passage
(1) Kurze Darstellung d. theolog. Studiums, 1811. (2) Der christliche Glaube, tom. IT, $ 128-132.
# dans les écrits vraiment chrétien 14 ne de ceux des apôtres et de leurs disciples immédiats, c'est d’être primitifs, partant plus originaux, et d'avoir été composés sous l'influence encore vivante de la personne du Christ, ce qui ne fut le cas d'aucun de ceux qui suivirent. L'eau du fleuve est toujours plus pure près de la source que dans le reste de son cours. De là vient la dignité pese Culière «et l'autorité historique qui appartiennent aux
livres du Nouveau Testament. Ils restent la norme de la à
tradition chrétienne. parce qu'ils en représentent les docu-
. ments les plus anciens et les plus authentiques. Quant à l'Ancien Testament, la Bible du judaïsme, il ne saurait beaucoup intéresser les chrétiens, puisqu'il ne nous ap-
porte que les souvenirs d’une religion antérieure, dépas- sée et abolie par la religion nouvelle. El
En somme, l'autorité de l’Ecriture sainte ne saurait être l’objet de la foi, ni même fonder la foi au “Christ :
bien au contraire, c’est la foi au Christ qui fait le Le
tien et qui permet seule de reconnaître l'autorité particu-
lière de l'Ecriture. On allait jadis de la Bible au Christ,
on ira désormais du Christ à la Bible (4). La foi au Christ,
là vie en communion avec le Christ, la transformation de
notre mauvais moi par son esprit et par sa parole est un ellet d'ordre exclusivement moral qui se justifie immédiatement pour chaque conscience où il s'est accompli.
La Bible, le canon et les livres qui la constituent sont des
phénomènes historiques et littéraires qu'il n’est ni possi-
(1) Ibid., $ 128 : Das Ansehen der heilig gen Schrift kann nicht den Glauben an Christum begründen ; vielmehr muss dieser schon voraus-
gesetzt werden, um der heiligen Schr ift ein besonderes Ansehen einzurϾumen.
' de la a. de cn tire vers la religion de tar bai re de Luther se prolongeait sans se contredire ; elle se.
dégageait des lambeaux du catholicisme, qu'elle traïnait péniblement avec elle depuis deux siècles, pour se con- : centrer et se vivifier dans son propre principe de la foi personnelle et de l'expérience immédiate de la vérité. La lutte n'était pas finie pour cela. Le passé se signalerait encore par un retour offensif d’une singulière violence. Ce sont des batailles qu’il faut gagner plus d’une fois, avant de fixer la victoire. L'issue toutefois ne reste plus douteuse; Schleiermacher a ouvert sur l'avenir une porter que personne n’est plus en mesure de fermer.
(4) Sendschreiben an D. Lücke, II, Studien u. Kritiken, année 1829, p. 496 etes. Après avoir déclaré qu'il faut veiller à ce que la foi chrétienne n’entre pas en conflit ou en compromis ni avec la science de la nature, ni avec la science de l’histoire, Schleiermacher continue ainsi : Wissen Sie schon, was der letzte Ausspruch : sein wird über den Pentateuch und den alttestamentlichen Kanon über-
haupt? Hoffen Sie, dass die bisherige Behandlung der messianischen 7 Weissagungen und nun gar der Vorbilder noch lange Zeit Glauben __ finden wird unter denen, in welchen sich eine gesunde und lebendige - Anschauung geschichtlicher Dinge gebildet hat? Wenn ich die Zeichen der Zeit recht verstehe, kann ich es nicht glauben… Page 498 : Wass wird uns die Kritik noch bringen in Bezug auf unsern neutestamentlicher Kanon : >... Christus bleibt derselbe, und der Glaube an ihn bleibt * dasselbe ; ee mit unserer Lehre vom Kanon und von der Inspiration, als einer besonderen Wirkung g des Geistes in Bezug auf den Kanon,
| werden wir uns doch wohl besinnen müssen, dass wir nichts hineinbrin- © gen, was mit allgemein anerkannten Resultaten einer historischen For- Br schung streitet. Es wird immer sehr schwierig sein, den Grundsatz auf- : zustellen, alles, was in den heiligen Schriften enthalten ist, sei gættliche Lehre, und dabei nicht bestimimen zu kænnen, welches diese heiligen Der sind, und are die Grenze zwischen ihnen und anderen.