‹ Les religions d'autorité et la religion de l'esprit;Chapitre 80 sur 124 · ES LÉ · texte numérisé non relu

ES LÉ

à active de Dieu, ue l'invincible raison qu’il la sent immé- . diatement en lui-même. Excluant de son domaine toute, 2 recherche de la cause première, l'observation scienti= e fique n’en constate nulle part l’action spéciale et distincte dans le nexe historique des événements. Cest ainsi que les deux ordres, au lieu de tendre à l'harmonie, semblent diverger de plus en plus. La Science cependant peut-elle |

empêcher la foi d’adorer ?

Les concilier est la tâche de la pensée chrétienne moderne. Elle ne sera pas accomplie en un jour ni par un

seul homme. Mais loin que la conciliation soit impossible

ou chimérique, la question, en ce qui regarde l’Ecriture, a fait, dans ces derniers temps, un grand pas vers la solution. Cette solution apparaîtra plus clairement encore, |

lorsqu'auront disparu du terrain dogmatique les der-. niers débris du vieux dogme de l'inspiration verbale et du Canon surnaturel. Ce vieux dogme d’où se déduisait

l'infaillibilité de la Bible, en tout cas, ne se peut relever, car il implique un double miracle .que la critique a fait évanouir, comme une double fiction historique.

La importe désormais que la critique et la foi prennent une conscience plus nette de leurs droits et de leurs li-

mites. Les conflits ne surgissent entre elles que parce

que l’une et l’autre violent inconsidérément leurs fron-

tières. Cest une double éducation à faire de l'esprit

scientifique et de l'esprit religieux. La guerre entre eux s'apaise dans la mesure même où cette éducation se fait. Déjà sur maints points importants éclate leur harmonie.

Sur la question du Canon biblique, leur double témoi-

TR

De

en

SRE

gnage est identique. Les données de l'histoire. et celles

de la piété coïncident et se confirment réciproquement.

La critique démontre que le catalogue des livres sacrés n’a pas de limites fixes, au moins à l’origine. La piété constate et recueille tous les jours ce qui est pour elle « parole de Dieu » au delà comme en deçà de ces 1Hmites. Elle s'édifie plus à lire le livre des Maccabées qu'à lire l’histoire d’Esther ou celle de Samson. L'épitre de Polycarpe lui paraît d'une imspiration plus vraiment apostolique que la seconde épitre de Pierre.

La critique historique montre la variété des livrés ‘de la Bible; elle constate les différences de date.et d'auteur, d'idées et d'intentions, de fond et de forme, qui les séparent ; elle établit qu'ils correspondent à des degrés très divers et très inégaux de développement religieux et moral. De son côté, la piété des simples, uniquement guidée par son instinct, fait les mêmes constatations. Ce triage qu'on reproche tant à la théologie nouvelle de faire dans la Bible traditionnelle, chaque chrétien l’opère dans la pratique sans hésitation ni scrupule. Il s'adresse toujours aux parties de l’'Ecriture qui nourrissent sa foi et consolent ses peines, tandis qu'il néglige celles qui ne sont que des terres desséchées tet stériles. Pas plus pour la piété pratique que pour la pensée éclairée, la Bible des Eglises ne coïncidé avec «la Parole de Dieu ».

Quand on dit que la piété a besoin d'une attestation extérieure, d’un prodige pour reconnaître et recevoir cette parole divine, c’est encore une erreur. L'Evangile ne lui parait pas moins divin ni moins salutaire, quamd même l'étude historique des traditions postérieures sur la naissance du Christ Jui prouve qu'on n’en peut rien conclure de positif sur la manière dont äl est venu au monde. Jean Baptiste ne faisait aucun miracle. En était-

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