‹ Les religions d'autorité et la religion de l'esprit;Chapitre 94 sur 124 · DETTES · texte numérisé non relu

DETTES

ces néophytes, leur imposent les mains, et alors ceux-ei : reçoivent FEsprit (4). #

Pour le pieux centurion Corneille, c’est le contraire qui se produit. Pendant le discours de Pierre, et sous l’action de sa parole, l'Esprit tombe sur tous ses auditeurs, qui se mettent à parler en langues et à glorifier Dieu comme les premiers disciples au jour de la Pentecôte. Et Pierre de s’écrier aussitôt : « Qui pourrait empêcher de baptiser d’eau ceux qui ont déjà reçu le Saint- Esprit comme nous-mêmes ? » (2)

N'est-ce pas le lieu de rappeler l'opposition que Jean- Baptiste lui-même établissait entre son baptême et le baptème messianique de l’ère nouvelle : pour moi, je vous baptise d’eau... mais un autre vient plus fort que

moi; il vous baptisera d'esprit et de feu (3)? L'Esprit symbolisé par le feu, voilà la pe qui va renouveler les cœurs.

L'Eglise et la théologie sont singulièrement déchues de cette hauteur. Ayant réduit l'inspiration à la théorie de l’infaillibilté intellectuelle, elles Font séparée de la vie chrétienne et, ont, oublié que le don de FEsprit qui régénère et qui éclaire est lié organiquement à la foi vivante de tous les chrétiens. Ainsi s'est creusé un abîme entre les apôtres, considérés comme armés d’un privilège exceptionnel et absolu, et le reste des croyants, destitués de ce que Jésus et ses disciples avaient signalé comme le caractère de l'alliance nouvelle, renvoyés par cela même, comme dans, Fancienne, sous le joug de autorité. Aw commencement, tous les croyants se sentaient inspirés. C'était le signe de leur émancipation et la garantie de leur liberté

(1) Actes VHI, 42-47.

(2) Ibid. X, 44-48.

(3) Matth. II, 11.

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