‹ Les religions d'autorité et la religion de l'esprit;Chapitre 97 sur 124 · IV : # L'IDÉE DU SAGERDOCE UNIVERSEL · texte numérisé non relu

IV : # L'IDÉE DU SAGERDOCE UNIVERSEL

On ne retrouve pas dans les autres écrits du Nouveau

(4) Jean VII, 38. ù Re (2) Jean XIV, XV et XVI. ;

Ace un à état de conscience tout énblables à celui que nous venons de décrire.

Ainsi l'épitre deJ acques nous montre une organisation encore élémentaire des premières communautés chré-

tiennes; les offices religieux, le ministère de la parole, de la confession, qui deviendront plus tard le monopole d'un clérsé Msontrexércesr ar cette époque par tous les membres de l'Eglise suivant leur inspiration particulière. oi 1 auteur se plaint de leur tendance à s’ériger en docteurs ; il veut modérer leur zèle et les exhorte à être lents à parler. Ailleurs enfin, comme Paul, et dans le même sens, il appelle l'Evangile « la loi parfaite de la liberté. » (1) | La première épitre de Pierre nous donne un ensei- | gnement beaucoup plus explicite et plus voisin de celui de Paul, dont elle trahit la puissante influence. Les chrétiens sont les régénérés et le Saint-Esprit repose sur eux; il les remplit de joie et d'espérance au milieu de leurs tribulations (2). Mais nous rencontrons dans ces courtes pages une idée plus intéressante encore. Non seulement les chrétiens sont les pierres vivantes de l’édi- fice nouveau; non seulement ils sont le temple, mais ils . sont encore le sacerdoce royal (3). Le Christ les à faits, selon les termes presque identiques de l’Apocalypse, « rois et prêtres » pour Dieu son Père. A l’idée de l’inspiration universelle se joint ainsi l'idée du sacerdoce universel. Dans l’ancienne Aïliance, il y avait trois classes | d'hommes élevés au-dessus du peuple pour le gouverner, lui révéler les volontés de Dieu et servir d’intermédiaire (1) Jacq. LE, 1; V, 16; 1,25.

(2) 1 Pierre, I, 2 et 3; IV, 14: vo xoù Üeoù myedpa ëç? duc avaradetat. (3) Ibid. Il, 5-9 ; Apocal. I, 6; V, 10; Rom. XIT, 1. : 31

le Le se u tou sainte Fe ur entière et RAe distinction aucune, élevée à cette triple dignité par l'Es- prit, qui désormais habite en elle. Les chrétiens sont, de la fois et pour eux-mêmes, prophètes, prêtres et rois. Mais où tout le monde est roi, il est clair qu'il n’y a plus de sujets; où chacun est prophète et prêtre pour son de propre compte, il n’y a plus d'autorité extérieure pour lier, malgré elles, les consciences. La monarchie où l’oligarchie avec leurs rangs superposés ont fait place à la démocratie religieuse, à la république des âmes fraternelles et à l'égalité foncière des citoyens du royaume de Dieu. | - Le premier évangile raconte qu’au moment même où Jésus rendit l'âme, le voile du Temple fut déchiré du haut jusqu'en bas (1). Cette légende est d’un sens profond, que l’épitre aux Hébreux a trés bien expliqué. Le voile du Temple était un rideau qui isolait le lieu très saint et en interdisait l'entrée. La barrière à été levée et, par la mort du Christ, le saint des saints où Dieu habite a été. rendu accessible à tous les croyants. Par de telles images, la conscience judéo-chrétienne exprimait au fond la même pensée que Paul de son côté rendait par des expressions plus mystiques, comme l'adoption filiale, la paix faite avec Dieu, l'abolition de la loi, la mort et la résurrection avec Christ. Toujours et partout c’est le vif sentiment que l’ancienne économie de la crainte et de la servitude est

abrogée, et fait place à l'économie de la liberté, de l'amour et de la joie.

Page 1