‹ Les religions de l'IndeChapitre 100 sur 109 · RV. X · texte numérisé non relu

RV. X

8. AthV. VIII, 8, 15; 10, 29. IX, 2, 22. X, 4; Taitt. Samh. I, 5, 4. 1; Chândog. Up II, 21, 1. VII, 1, 2; Apastamba-sûtra a'p. Taitt. Samh. Gommentary, t. I, p. 957, éd. de la Bibl. Ind; Açvalay. Gr. S. II, 1, 9-14 ; 'et la . note de Stenzler à II, 3, 1. D'après Taitt. Samh. III, 1^ 1, 1, les serpents sont les premiers-nés de la création.

partout, le peuple montre de la répugnance à les tuer, malgré les ravages causés par leurs morsures K ^

Les pratiques d'une religion pareille sont naturellement aussi hétérogènes que les objets auxquels elles s'adressent. Mal connues dans le passé , elles 'échappent à la description dans leur état ' présent par leur extrême diversité. Elles varient avec le dieu, avec la race, 'avec le pays, avec la secte, avec la caste^ avec la profession. Elles sont autres chez le campagnard que chez le citadin, chez l'habitant sédentaire que chez le nomade, chez le riche que chez le pauvre. Elles difierent parfois de village à Tillage, de famille à famille. Aussi tout essai d'une description générale seraitil forcément fautif, et notre tâche devra-t-elle se borner à les classer. Nous distinguerons donc en premier lieu celles qui se rapportent à la vie domestique. Aujourd'hui comme jadis tous les actes de cette vie sontaccompagnés d'observances et réglés par l'à^^iras, parla coutume tantôt écrite, tantôt de simple tradition, et dont les diversités locales ont survécu presque partout aux influences sectaires aussi bien qu'à celles de l'orthodoxie. Violer ouvertement l'âcâra, c'est pour l'Hindou perdre sa caste, chose qu'il redoute par -dessus toute autre ; car, quelque humble qu'elle puisse être, sa caste est tout pour lui, dans un pays où, en dehors de ces barrières, il n'y a point de vie sociale, et où la loi purement civile n'est représentée que par des règlements d'administration générale émanés d'une autorité étrangère. Combien cette coutume contredit parfois les prescriptions orthodoxes, on peut en juger par le fait que, chez ies Nairs du Malabar, qui sont considérés pourtant comme Hindous et dé haute caste, elle sanctionne la polyandrie. Cet usage existe ailleurs encore dans le Dékhan et récemment on en a signalé des traoes dans le Penjâb^, où il avait été observé déjà par les Grecs^, et où l'existence en est attestée également pour les temps anciens par leMahâbhârata^.Plus haut, dans la montagne, on en trouve des exemples chez des râjpoutes et même chez des brahmanes 6. Cependant, malgré toutes les différences locales, ces coutumes, du moins en ce qui concerne les brahmanes et les classes supérieures, n'en présentent pas moins un fond commun. La plupart des rites domestiques qu'elles prescrivent se rattachent directement à la vieille Smriti, et ce n'est guère que là que sç sont conservés en

1. Au Bengal, d'après les chiffres officiels relevés par Hunter, Statistical aeconvit ofBengaly passim^ les serpents feraient en moyenne quatre fois plus de victimes que tous les animaux féroces ensemble, le tigre compris. Mais la statistique est très incomplète pour cette sorte d'accidents, et la proportion est en réalité bien plus forte. J. Fayrer, Thanatopkidia of India^ évalue à 25,000 le nombre dea individus qui périssent annuellement dans Tlndepar la morsure des serpents.

2. L'âcâra est le suprême dharma,* Voçishthasamhiiâ, ch. vi, ap. Dharmaçâstrasangraha, t. II, p. 467.

Page 1