‹ Les religions de l'IndeChapitre 99 sur 109 · AthV.XII · texte numérisé non relu

AthV.XII

crivent pour elles les mêmes égards que pour les images des dieuy*. On ne tarda pas de se faire un scrupule de les immoler^: les tuer pour un usage profane, est un des plus grands crimes^ : veiller sur elles, les soigner, les servir, compte au premier rang des bonnes œuvres et des expiations* : risquer sa vie pour. sauver la leur rachète un brâhmanicide^. Leur contact purifie et, de même que dans le rituel parsi, leur fiente et leur urine ont la vertu de. prévenir ou d'efFacer les souillures matérielles et morales^. Ces usages substituent encore en partie de nos jours. Les Hindous ne se font pas un scrupule de soumettre leur chétif bétail à un labeur souvent excessif; mais il est rare qu'ils le maltraitent. Bien peu surtout consentent à se norurrir de.'sa chair, et le meurtre d'une vache excite plus d'horreur chez beaucoup d'entre eux, que celui d'un homme. Les rapports multiples qui rattachaient ces animaux à l'ancien culte, ne sont plus, il est vrai, la plupart que des souvenirs. Mais il s'en est établi d'autres dans le culte nouveau. C'est un acte des plus méritoires que de consacrer des taureaux à Çiva et de multiplier autour du dieu les vivantes effigies de Nandi, sa divine monture. Aussi ces animaux sont-ils nombreux auprès des sanctuaires, où ils vivent en parfaite liberté. A Bénarès notamment, ils encombrent les rues étroites de la cité sainte, sans que personne ne songe à se plaindre, ni à les. gêner dans aucune de leurs fantaisie^. Ce sont des idoles ambulantes, absolument inviolables, et ce serait s'exposer à être tué sur place, que de leur faire le moindre affront. Ce que les taureaux sont à Çiva, les singes le sont à Vishnu. Des légions de ces quadrumanes infectent le voisinage de ses temples, où ils sont entretenus et révérés comme représentants de Hanuman, le dieu singe allié de Râma. Il y a là, selon toute apparence, des restes d'une vieille religion populaire bien plus anciens que la légende épique sous le couvert de laquelle ils ont survécu. Le Vrishâkapi, par exemple, le « singe mâle » du Rig-Vêda^, pourrait bien être un ancêtre de Hanuman. En tous les cas, il faut admettre une origine semblable pour le caractère sacré qui s'attache à un autre animal, le serpent 8. En beaucoup de lieux on leur fait des offrandes et, presque

1. Taitt. Br. Ilf, 2, 3, 7; Apastamba Dh. S. I, 30, 20; 22; I, 31; 6-12; Gautama IX, 12; 23; 24; Manu IV, 39; Yâjnavalkya I, 133.

2. RJ^. VIII, 101, 15; Pâraskara Gr. S. I, 3, 27-28 ; Vâjas. S. XXX, 18. Pour des scrupules plus étranges, cf. Sâyana ad Taitt. S. I, 7, 2, 1-2.

3. Apastamba I, 26, 1; Gautama XXII, 18 j Manu XI, 108; Yâjnav. III, 2fô.

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