‹ Les religions de l'IndeChapitre 106 sur 109 · Strabo XV, c. lxix · texte numérisé non relu

Strabo XV, c. lxix

3. Cette descente est le sujet du bel épisode de Râmâyana I, 45. Cf. Mahâ- Wiârata IIl, 9933 ss.

4. Elle est censée couler au ciel, sur la terre et aux enfers.

5. Cf. la description de Prayâga (c'est-à-dire du confluent par excellence) faite au septième siècle par Hiouen-Thsang, St. Julien, Voyages des Pèlerins bouddhiites, t. II, p. 276. L'endroit est aussi appelé Trîvênî, la triple rivière, parce que la Sarasvatt est censée venir par dessous terre s'y réunir à la Gangâ et à la Yamunâ. Il a perdu toutefois de sa sainteté depuis qu'Akbar l'a profané en faisant construire, au point de jonction même des deux fleuves, le fort d'Allâhâbâd.

6. Pour Bénarès, voir l'intéressant ouvrage de A. Sherring, The sacred city of the Hindus ; an account of Benares ancient and modem, 1868,

Heureux ceux qui y meurent, dont le bûcher funèbre s'allume sur les bords du « Fleuve des dieux, » ou qui, hâtant l'heure dernière, trouvent, leur tombeau dans ses eaux purifiantes M Une sainteté presque égale s'attache à d'autres rivières, à la Narmadâ, à la Godâvarîet à ses affluents, à laKâverî (toutes déjà dans la Mahâbhârata) 2, à la Krishna, à son rameau méridional surtout, la Tungabhadrâ, qui est appelée la Gangâ du Sud. Gomme le Gange et la Jumnâ, elles ont leurs lieux saints où affluent journellement des troupes de dévots. Une autre au contraire, la Karmanâçâ, «la Destructrice des œuvres pies, » qui se jette dans le Gange près de Chausâ, est maudite, et il suffit du contact d'une seuîb goutte de son eau impure pour effacer les mérites accumulés pendant des années 3.

Nous n'essaierons pas ici de. faire un choix qui n'aboutirait tout de même qu'à une sèche énumération, parmi les nombreux centres de pèlerinage qui, de l'Himalaya au cap Gomorin, attirent les hommages de la dévotion hindoue. On trouvera une liste méthodique des plus célèbres dans un ouvrage récent de M. Monier Williams, ffmduism^ 1877, p. 177 ss *. Mais, pour fixer les idées au sujet de l'importance actuelle de ce culte des pèlerinages, nous donnerons quelques chiffres relatifs au plus fréquenté peut-être de tous ces

1. Le suicide religieux, surtout le suicide par submersion, paraît avoir été fréquent autrefois à ces ttrthas du Gange. Dans les inscriptions, on voit des rois et des ministres qui vont y mettre fin à leurs jours : un certain roi Dhànga était âgé de plus de cent ans quand il alla se noyer à Prayâga. Inscript, ap. Journal of the As. Soc. of Bengale t. VÏII, p. 174. et Asintic Resear^ ches,\, XII, p. 361. Cf. Hiouen-Thsang, Op, laud., t. II, p. 276. — On en faisait autant ailleurs dans d'autres rivières sacrées : cf. par exemple le suicide du Gâlukya Somêçvara dans la Tungabhadrâ, Vikramânkacarita IV, 59-60, éd. Bûhler. Encore aujourd'hui, la coutume n'a pas entièrement disparu ; Heber, Narrative of a Journey^ etc. , ch. xr.

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