‹ Les religions de l'IndeChapitre 108 sur 109 · Hunter, StatisUcal account of BengaU t. XIX, Q · texte numérisé non relu

Hunter, StatisUcal account of BengaU t. XIX, Q

3. Sur ces religions, leurs divinités et leurs pratiques, cf. F. Kittel, Ind. Antiq. II, 168, et Ursprung des LingakidtuK^ p. 44. — R. Galdwell, Compara^ tive Grammar ofthe dravidian family of languatjeSy p. 579 ss., 2e éd.

ces chez toutes les populations dravidiennes, même dhez celles qui sont le plus complètement assimilées. L'hindouisme fait du reste des progrès constants parmi ces tribus: les modes, les cultes, les divinités de la plaine envahissent rapidement leurs montagnes. Mais celles qui sont restées pures rendent la plupartàl'Hindou, surtout au brahmane, aversion pour aversion, mépris pour mépris. Pendant la famine de 1874 par exemple, des Santals se sont laissés mourir de faim à la porte des fourneaux de charité plutôt que d'accepter des aliments de la main des brâhamanes*.

Et maintenant que nous voici arrivé au terme de notre longue tâche, faut-il nous résumer en un jugement final? Tout ce qui précède n'est lui-même qu'un long résumé, et notre plus grande crainte est de n'avoir pas fait saisir assez le caractère complexe, multiple, monstrueusement confus de ces religions. Avant peut-être^ qu'il y eût des poésies homériques, elles avaient dépassé Parménide, et aujourd'hui, après des siècles de contact avec le monde occidental, elles étalent, jusque dans les centres les plus éclairés, un fétichisme qui n'a de pendant que chez les nègres de la Guinée. Leur histoire est-elle celle d'une longue décadence, et, comme on semble parfois le croire, n'ont-elles fait, depuis le Vôda, qu'amasser autour d'elles des ténèbres plus épaisses, ou faut-il admettre un progrès dans cette longue suite d'efforts ? Depuis trente siècles au moins que nous pouvons les suivre, elles changent sans cesse, et sans cesse elles se répètent, si bien qu'on cherche les notions dont on puisse affirmer sans restrictions, à un moment donné, qu'elles sont neuves î)u tombées en oubli. Nul autre, parmi les peuples indo-européens, n'a eu sitôt que celui-ci l'idée d'une loi absolue, universellement obligatoire, et pourtant c'est une question de savoir jusqu'à quel point dans la pratique il a jamais eu une législation. En combien de cas peut-on dire : voici ce que l'Inde croit ou ne croit pas, voici oe qu'elle approuve ou ce qu'elle condamne? Bien avant notre ère déjà elle contestait théoriquement la caste et en avouait la vanité 2; elle ne l'en a pas moins conservée jusqu'à ce jour ; mieux que cela, elle l'a exagérée et elle a fini par en faire quelque chose à la fois desiodieux et de si chimérique, qu'on ne sait plus comment l'expliquer. Et quelles contradictions, si on examine la morale de ces religions ! Non seulement elles ont donné naissance au bouddhisme et produit pour leur propre compte un code de préceptes qui ne le cède à aucun autre ; mais dans la poésie qu'elles ont inspirée, il y a parfois une délicatesse et une fleur de moralité que l'Occident n'a connues que par le christianisme. Nulle part ailleurs peut-être on ne trouve une égale richesse de belles sentences. Un des hommes qui ont le plus fait pour la connaissance des religions hindoues, M. J. Muir, a réuni un certain

1. Hunter, Statistical account of Bengale t. XIV, p. 313. — Chez les Holîyars du Dékhan, certaines coutumes ont gardé la trace d'une hostilité semblable.

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