I, 125, 6; X, 107, 2: cf. Mahâbhâr. III
et résidant à perpétuité dans la tombe, « Tétroite maison d'argile i. » On s'imaginait encore que l'individu venant à se dissoudre et à retourner aux éléments, son âme allait habiter les eaux, les plantes 2. Cette dernière conception, où il y a déjà comme une première ébauche de la théorie de la métemps'ychôse, ne se trouve qu'exceptionnellement dans les hymnes du Rig-Vêda. Elle semble appartenir à des croyances plus basses, que cette collection dédaigne et dont nous aurons encore occasion ailleurs de signaler l'existence. Du reste, le fait seul que l'usage de l'incinération devint général, suppose une conception très spiritualiste de la mort. — Les Hymnes nous renseignent moins bien sur le sort réservé aux méchants. Ils périssent,ou ils vont sous terre dans des trous profonds et ténébreux, où sont précipités avec eux les démons, les génies de la fraude et de la destruction 3. L'Atharva-Vêda connaît un monde infernal*; mais il n'y a pas de description dès enfers, et nous n'apprenons rien de leurs supplices.
Cet aperçu bien incomplet des mythes qui se rattachent aux divinités principales, suffira peut-être pour montrer de quels éléments l'Inde a dégagé les objets de son adoration. Nous ne poursuivrons pas le même travail pour les autres figures du panthéon. Outre que l'énumération seule en serait fort longue, chaque objet du monde visible et chaque conception de l'esprit pouvant passer à l'état de dieu, elles appartiennent plutôt à l'histoire des mythes qu'à celle de la religion. Ce sont, ou des personnifications abstraites souvent très anciennes, il est vrai, telles que Purandhi l'Abondance, Aramaii la Piété, Asunîii la Béatitude, Mriiyu la Mort, Manyu le Courroux (ces deux derniers sont masculins), ou des objets divinisés, tels que Sarasvatî et Sindhu, à la fois fleuves et déesses, ou de purs symboles, tels qne les diverses formes de l'Oiseau ou du Coursier solaires, ou enfin de vieilles représentations à peine émergées de la pénombre du mythe, telles que le Gandharva, Ahi Budhnya^ le Dragon de l'abîme, Aja Ekapdd le Bondisseur ou le Bouc unipède, Gungû, Sinîvdlîy Rdkd, déesses qui président à la génération et à la naissance et qu'on a identifiées de bonne heure avec les phases de la lune, toutes figures indécises qu'on invoque encore parce que leurs noms font partie de vieilles formules, mais qui ne disent plus grand'chose au sens religieux. Des expressions désignant les dieux en général ont aussi fini par devenir les noms propres de certaines classes d'êtres divins :tels sont les Viçvedevas, proprement « Tous les dieux » et lesVasuSy les Brillants, dont Indra est le chef. Sur un petit nombre de conceptions plus essentielles nous aurons à revenir plus bas.
Parmi cette foule de dieux (il est souvent question de 33 ou de 3 fois 11 dieux^, une fois de 3,339^; dans l'Atharva-Vêda, ce dernier