‹ Les religions de l'IndeChapitre 26 sur 109 · RV. VIII, 17, 14: X · texte numérisé non relu

RV. VIII, 17, 14: X

5. V, 27, 5 ; X, 86, 14; 91, 14. Oa tuait des vaches aux noces, X, 85, 13.

6. VI, 17, 11 ; V, j^9, 7. I, 116, 16, il est dit que Rijrâçva immola 100 béliers à la Vrikî, à la Louve.

7. Les formules liturgiques sont parfois très nettes à cet égard ; par exemple, Taitt. Samh. VI, 4, 5, 6 : « Veut-il faire du mal (à un ennemi) ? Qu'il dise (à Sûrya) : Frappe un tel; ensuite je te ferai l'offrande. Et (Sûrya) désirant obtenir l'offrande, le frappe. » Cf. encore cette formule adressée à la cuiller des libations : a Remplie, ô cuiller, vole là-bas ; bien remplie, revole vers nous! Comme à prix débattu, faisons échange de la force et de

ne ressort pas moins d'une infinité d'aveux et de traits naïvement matérielsi. Au sens religieux, le sacrifice est un acte d'amour et de reconnaissance envers les dieux, par lequel l'homme leur rend grâce de leurs* bienfaits et espère en obtenir d'autres dans l'avenir, soit en cette vie, soit après la mort. Mais d'aucune façon ce n'est un simple .acte d'offrande. Sacrifier, c'est en outre mettre en mouvement, c'est engendrer deux divinités de premier oçdre, les deux principes de vie par excellence, Agni et Soma. Dans la conscience du fidèle, le sacrifice est donc un acte très complexe ; mais avant tout c'est un mystère, une intervention directe dans les phénomènes de la nature et la condition même du cours normal des choses. S'il cessait un instant d'être offert, les dieux cesseraient de faire pleuvoir, de ramener à, heure fixe l'aurore et le soleil, de faire naître et mûrir les moissons, parce qu'ils ne le voudraient plus faire .et aussi, comme on les en soupçonne parfois, parce qu'ils ne le pourraient plus -.Et comme il en est aujourd'hui, il en a été hier, et ainsi de suite en remontant jusqu'aux premiers jours. De là les mythes qui font du sacrifice le premier acte cosmogonique. C'est en sacrifiant, on ne dit pas à qui, que les dieux ont tiré le monde du chaos, de même que c'est en sacrifiant que l'homme l'empêche d'y retomber, et le démembrement du géant pjcimitif, du Purusha, dont le crâne a formé le ciçl et dont les membres ont formé la terre, est devenu dans l'Inde le premier sacrifice 2. Il y a plus : les dieux étant inséparables du monde, le sacrifice a dû les précéder. De là le mythe bizarre de l'Etre suprême s'immolant lui-même pour produire tout ce qui existe*. Placé ainsi à l'origine de toutes choses et considéré dans la durée comme le point vital de toutes les fonctions de la nature, le sacrifice est devenu le centre d'un vaste symbolisme : l'éclair et le soleil sont la flamme sacrée, le tonnerre est l'hymne, les pluies et les rivières sont les libations, les

la vigueur, ô Indra! Donne-moi; je te donne : apporte-moi; je t'apporte. » Taitt. Samh. I, 8, 4, 1.

i. Cf. par exemple les nombreux passages où il est parlé de l'appétit d'Indra, de sa joie à se remplir le ventre : RV. II, 11, 11 i VIII, 4, 10 ; 77, 4; 78, 7; X, 86, 13-15., La notion de la vie immatérielle des dieux, notamment qu'ils ne boivent ni ne mangent (cf. Ghândogya-Up. III, 6, 1 ss.), est étrangère aux Hymnes.

2. L'idée que c'est dans l'offrande que les dieux puisent leur force revient à chaque pas dans les Hymnes : II, 15, 2 ; X, 52, 5; 6, 7; 121, 7; etc. Dans l'Atharva-Vêda, XI, 7, VUcchishta, le reste de l'offrande (rien de l'offraûde ne doit se perdre, et le prêtre seul a le droit de manger ce qui en reste) est déclaré le premier principe de toutes choses. Cf, Bhagavad-Gîtâ III, 11-16 : u Faites par le sacrifice prospérer les dieux, et les dieux vous feront prospérer... De la nourriture viennent les êtres; de la pluie vient la nourriture, du sacrifice vient la pluie... Celui qui ne contribue pas à faire tourner cette roue est indigne de vivre. » Il est dit de même dans Manu, III, 75-76 : « Par le sacrifice, le maître de maison soutient ce monde mobile et immobile. Jetée dans le feu, l'offrande va dans le soleil; du soleil naît la pluie; de la pluie, la nourriture ; de celle-ci naissent les créatures. » Le même passage se retrouve Maitri-Up. VI, 37.

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