‹ Les religions de l'IndeChapitre 27 sur 109 · RV. X · texte numérisé non relu

RV. X

dieux et les apparitions célestes sont les prêtres et réciproquement. L'acte cérémoniel lui-même, avec sa belle ordonnance, est identifié avec le rita, l'ordre du monde, et dans Tautel on voit la « matrice du rita, ».le ciel mystique d'où Varuna et les grands dieux veillent sur Funivers. Toutes .ces notions et bien d'autres encore se mêlent. si bien dans les Hymnes, jouent si bien les unes dans les autres, qu'il est souvent impossible de dire en quel sens il faut prendre les expressions qui les représentent. Et comme il en est du rite, ainsi en est-il de l'invocation, de la formule, de la prière. C'est la parole qui précise l'acte, qui en détermine l'objet et lui assigne en quelque sorte sa direction. Elle est ou en elle est l'énergie cachée qui le rend efficace. Cette énergie est le brahmariy proprement la croissance, l'invigoration, mot fameux entre tous et dont l'histoire est en quelque sorte celle même de la théologie hindoue. Dans les Hymnes, brahman est très souvent le nom même de la 'prière et, en ce sens, il peut prendre le pluriel, mais sans jamais perdre sa signification de force, d'énergie subtile et en quelque sorte magique. Ame du sacrifice, la notion qu'on s'en forme a naturellement grandi avec celle du sacrifice même, n est l'œuvre des dieux, c'est par lui qu'ils agissent, c'est par lui aussi qu'ils sont nés et que s'est formé le monde *. Ce qui étonne dans ces théories, ce sont moins les notions elles-mêmes que la prodigieuse élaboration qu'elles ont subie, et cela dès les temps les plus reculés. Car ici, on ne saurait en douter, nous sommes en présence d'idées contemporaines des plus vieux chants, tant elles pénètrent toutes les parties du recueil. A elles seules, au besoin, elles témoigneraient combien cette poésie est profondément sacerdotale, et elles auraient dû faire réfléchir ceux qui ont voulu n'y voir que l'œuvre de pasteurs primitifs célébrant leurs dieux tout en menant paître leurs troupeaux.

i. RV. X, 130; AthV. XI, 5, 5. Cf. RV. VI, 51, 8, et les mythes de Vâc et de Brahmanaspati.

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