‹ Les religions de l'IndeChapitre 44 sur 109 · Cf. par exemple Chândog. Up. II · texte numérisé non relu

Cf. par exemple Chândog. Up. II

5. Chândog. Up. IV, 4, 2. Le passage est douteux; mais rapproché de scènes telles que Brîhadâr. Up. III, 6 et 8, il semble favoriser notre interprétation. Cf. le témoignage de Néarque ap. Strabo, XV, c. lxvi.

en honneur, sont en quelque sorte des pratiques serviles que leur théosophie dédaigne. Leur point de vue à l'égard de ces pratiquesparaît être celui du bouddhisme, qui les condamne. Il n'est pas question davantage de ce» pénitences insensées et cruelles que nous voyons glorifiées par exemple dans la poésie épique et dont la plupart des sectes hindoues ont étalé jusqu'à nos jours le hideux spectacle. Et pourtant il est probable que ces aberrations avaient dès lors leurs adeptes. Au quatrième siècle les compagnons d'Alexandre purent les observer chez des Sannyâsins du Penjàb^ et nous savons par le récit de la mort dé Gsilanos, que nous a conservé Plutarque^, que la coutume du suicide religieux remonte au moins aussi haut.

Quant au culte traditionnel, il est visible que la doctrine des Upanishads tend à le détruire. On ne l'attaque pas, aussi peu qu'on attaque la morale positive ; mais pas plus que de l'accomplissement des devoirs ordinaires de la vie, on n'en attend le souverain bien. Le sacrifice n'est qu'une œuvre préparatoire ; c'est le meilleur des actes mais c'est un acte, et le fruit par conséquent en est périssable. Aussi, bien que des sections entières de ces traités soient consacrées à des spéculations sur les rites 3, leur doctrine sur ce point peut-elle se résumer en ces paroles de la Mundaka Upaniskad : « Connaissez l'âtman unique et laissez là tout autre propos : c'est là le pont de l'immortalité*. » Le Vêda lui-même et toute la science sacrée sont tout aussi netten>ent relégués au second plan s. Le Vêda n'est pas le vrai brahman^ ce n'en est que le reflet, et la science de ce brahman imparfait, de ce çabdabrahman ou brahman en paroles, n'est qu'une science inférieure. La vraie science est celle qui a pour objet le vrai brahman, le parahrahman ou brahman suprême, c'est-à-dire l'âtman qui se révèle directement dans le cœur de l'homme. Cet emploi du vieux nom de la prière, puis du Vêda révélé, brahman au neutre, pour désigner l'Absolu, emploi que nous notons ici pour la première fois et où perce encore si bien le sens primitif d'énergie, n'était pas nouveau, puisqu'on le trouve déjà dans l'Atharva-Vôda^. Mais c'est à partir des Upanishads qu*il devient tout à fait usuel et que, av«c ou sans

1. Strabo, XV, c, lxi, lxiii. La Smriti ne prescrit ces pratiques qu'en expiation de certaines fautes déterminées. Elles sont condamnées d'une façon générale, Bhagavad-Gîtâ VI, 16; XVII, 5, 6, 19.

2. Plutarch. Alexander, LXIX; Strabo XV, c lxvîii. Cf. le suicide de Zarmanochegas à Athènes, sous Auguste, Strabo, ibid. c. lxxiii. Le suicide est condamné d'une façon générale par la Smriti : Apastamba Dh. S. I, 28, 17; Manu V, 89; Yâjnavalkya III, 154 ; et probablement Gautama XIV, 12, où les manières les plus usitées sont énumérées. Cf. Mégasthene ap. Strabo XV, c. LXVIII. Mais il est prescrit comme expiation de certains crimes, Apastamba Dh. S. I, 25, 2-1 ; 12; I, 28, 15; Gautama XXIÏ, 2-3; etc. Mêm^ dans ce cas, il est condamné par Hârîta, cité par Apastamba I. 28, 16.

3. Par exemple lés sections I, V, VI de la Brihadâr. Up.; et l, II, III de la Chândog. Up.

Page 1