Taittir. Samh. VI, 1,1,1; Katha-Up. I
«. Nirukta I, 15-16.
4. Sâyana a consacré aux Gârvâkas le premier chapitre de son Sarvadarçanasangraha : la plus grande partie de ce chapitre se trouve traduite par M. Cowell dans la nouvelle édition des Miscellaneous Essays de Colebrooke, t. I, p. 456.
elle aurait disparu en nous laissant quelques souvenirs défigurés peutêtre, mais sûrement pas un seul témoignage authentique. Et réciproquement ça été le secret de la force et de la, durée de leur caste si faible, si nulle comme organisation, d'avoir toujours eu conscience de. sa mission de gardienne de la tradition. Malgré l'ardeur avec laquelle ils se sont jetés dans la théosophie et dans les dévotions sec* taires, malgré le rôle prépondérant et quasi divin qu'ils ont su se ménager dans les religions nouvelles i, ils n'ont jamais cessé de veiller sur ce vieux patrimoine. Il est probable que déjà plusieurs siècles avant notre ère beaucoup d'entre eux avaient adopté à côté de leurs doctrines propres des croyances d'origine différente, et nous aurons à signaler plus loin quelques-unes des formes religieuses nées de ces compromis. Dans les disciplines toutefois qui se rapportent à leurs usages traditionnels jBt à leur vieille littérature, ils sont en général restés fidèles aux dpnnées du passé, et cela non seulement parmi les Mîmânsistes qui étaient la tradition incarnée, niais même parmi les Vêdântins, qui avaient infiniment plus d'affinités avec toutes les nouveautés. C'est le môme culte au fond qui se trouve décrit successivement dans 'les Brâhmanas, dans les Sûtras, dans les Prayogas et dans des traités encore plus modernes. Les Smritis, bien que diversement anciennes, n'ont la plupart rien de sectaire. Quand Patanjali, qui passe cependant pour l'auteur des Yogasûtras, le plus excentrique des systèmes de philosophie, défend au début de son Ma/iâbhâshya (deuxième siècle av. J.-G.) l'utilité des études grammaticales, il se place exactement sur le même terrain que le vieux Yâska, celui de l'exégèse védique 2. Çankara au huitième siècle, Sâyana au quatorzième étaient des Vaishnavas et passent môme pour avoir été des incarnations de Vishnu; il n'y parait guère pourtant, quand ils commentent l'un les Vôdàntasûtras et les Upanishads, l'autre l'ensemble des quatre Vêdas. Dans les traités de philosophie, la polémique contre les doctrines des diverses sectes abonde, mais elle est strictement scolastique. Il n'y a pas jusqu'au grand retour ofl'ensif contre le bouddhisme inauguré dans le Dékhân au septième et au huitième siècle par les écoles dé Kumârila et de Çankara"^ et où les' passions sectaires eurent en réalité une part décisive, qui, dans les documents authentiques étudiés jusqu'ici, ne paraisse se réduire à de simples discussions entre métaphysiciens. A s'en tenir à cette litté-
1. De Gatap. Br. II, 2, 2, 6 et Manu XI, 84, rapprocher des passages tels que Bhâgavaia-Pur. III, 16, 17. Un vers proverbial moderne dit : u Le monde entier dépend des dieux; les dieux dépendent des mantras; les mantras' dépendent des brahmanes ; les brahmanes sont mes dieux. > J. A. Dubois, Mœi*rs des peuples de Clnde, t. p. 186, et 0. Bohtiiugk, Indische Spriiche, n» 7552, t. III, p. 607, 2^ éd .