H. Jacobi, Zwei Jaina-stotra^ ap. Ind. Stud. XIV, p
5. A. Weber, Ueber ein fragment der Bhagavati; ein Beitrag zur Kenntniss der heiligen Litteratur der Jaina. 2 parties, 1866-1867, dans les Mémoires de l'Académie de Berlin.
JAINISME
encore im seul de leurs textes canoniques, et c'est toujours encore aux sources brahmaniques que nous sommes réduits à demander une vue d'ensemble, de leur système. Or, celles-ci ne s'occupent que du côté spéculatif des doctrines, et de plus elles ne font aucune distinction d'époques.' D'autre part, nous savons que les jainas forment plusieurs sectes profondément divisées entre elles et qui ne s'accordent pas mêmfe sur le nombre et le choix de leurs écrits fondamentaux, les Angas^. Dans ces conditions, il serait téméraire de prétendre exposer et juger eh détail une doctrine qui ne nous est encore connue que par une sorte de moyenne abstraite et dont nous ignorons absolument le développement historique^.
Pris dans son ensemble, le jainisme est une reproduction si exacte du bouddhisme qu'on a quelque peine à s'expliquer et leur iongue existence parallèle, et la haine cordiale qui semble de tout temps les avoir divisés. Les jainas sont les sectateurs du Jina, du « Victorieux, » comme les bauddhas sont ceux du Buddha, de « l'Eveillé. » Un Jina (ce terme qui, ainsi que beaucoup d'autres, est commun aux deux sectes, est chez les bouddhistes un des nombreux synonymes de Buddha) est un sage parvenu à l'omniscience, qui vient rétablir dans sa pureté la Loi, quand elle s'est corrompue parmi les hommes. Û y a eu vingt-quatre de ces Jinas, y compris le Jina actuel, qui était de la race royale des Kâçyapas. Gomme les jainas soutiennent que Gautama Buddha a été disciple de . leur fondateur, ce chiffre correspond exactement à celui des vingt- • quatre prédécesseurs du Buddha, dont le dernier est également un Kâçyapa. Ges Jinas se sont succédé à travers d'immenses périodes, leur taille et leur longévité allant toujours en décroissant, depuis le. premier, Bishabha, qui avait cinq cents toises de haut et vécut plus de huit millions d^années, jusqu'à Vardhamâna, le dernier, dont l'âge et la stature ne dépassèrent pas ceux de l'humanité actuelle 3. Ges fantaisies qui, avec bien d'autres, se retrouvent dans le bouddhisme septentrional des basses époques, avec cette difTérence toutefois que l'amplification et la systématisation plus avancée sont presque toujours du côté des jainas, montrent que très tard encore les deux religions ont exercé une certaine influence l'une sirr l'autre. Gomme les Buddhas, les Jinas sont devenus de véritables divinités et les objets directs du culte. Ils* ont % leurs côtés des déesses exécutrices de leurs
1. G. Buhler. ap. Ind. Aniiq, VU, 28 ; H. Jacobi, Kal'pasûtrayiû, 14; S. J. Warren, Ooer dfi... Begrippen der Jainas» p. 7; A. G. Burnell, ap. Ind Antiq. II, 354. Cf. JMd. III, 129.
2. Outre les ouvrages ci-dessus, voir pour des aperçus généraux sur les jainas et leurs doctrines, Golebrooke, Miscellaneous Essays, t. II, p. 171 (1807) et t. I,p. 402 (1826);. à ce dernier article M. Gowell a joint p. 444 Panalvse détaillée du 3e chapitre du Sarvadarçanasangraha, où Sâjana expose le système des jainas. — H. H. Wilson, Select works, t. I, p. 276. — Lassen, Ind, Alterthunisk^ t. IV, p. 755. — S. J. Warren, Over de godsdienstige en toijêgeerige Begrippen der Jainas, 1873.