‹ Les religions de l'IndeChapitre 54 sur 109 · Cf la liste détaillée ap. Ind. Antiq. II · texte numérisé non relu

Cf la liste détaillée ap. Ind. Antiq. II

. commandements, les Çâsanadêvîs^, qui rappellent les Çaktis des religions néo-brâhmaniques et dont le pendant se retrouve également chez les bouddhistes du Nord, dans les Taras des livres sanscrits du Népal. Leurs images parfois colossales, surtout dan"s le.Dékhan', se trouvent en grand nombre dans les sanctuaires de la secte, laquelle a beaucoup bâti et dont les constructions se distinguent presque toutes par un style spécial et d'une grande élégance. Au-dessous des Jinas se placent leurs disciples immédiats, les Ganadhoras, qui reçoivent des hommages en qualité de saints protecteurs, et un grand nombre de divinités que les jainas oiit empruntées peu à peu au panthéon hindou, mais qui n'ont point part au. culte régulier. Ce culte lui-même se rapproche beaucoup de celui des bouddhistes. Ge sont les mêmes offrandes, lés mêmes actes de foi et d'hommage ; l'usage des clochettes est commun aux deux, et les femmes y participent du tnême droit que les hommes. De part et d'autre, on pratique la confession, une grande importance est attachée aux pèlerinages, et quatre mois de l'année sont consacrés d'une façon plus spéciale aux jeûnes, à la lecture des livres sacrés et aux méditations spirituelles. Cçmme les bouddhistes, les jainas'rejettentle.Vêda des brâhmane?s,

. qu'ils déclarent apocryphe et corrompu, et auquel ils opposent leufs propres Angas comme, étant le Vêda véritable. Pas plus qu'eux ils n'admettent l'existence d'une caste sacerdotale, bien qu'actuellement, dans quelques-unes de leurs communautés du moins, leur clergé se recrute de préférence dans certaines familles et même, paraît-il, • parmi les brahmanes. Pour le reste, ils observent les règles de caste," auasi bien entre eux que dans leurs rapports avec les dissidents, mais, comme plusieurs sectes hindoues du reste, sans y attacher une signification religieuse. En général, et bien que n6us ne sachions pas au juste quelle était à cet égard la pratique des bouddhistes dans l'Inde même, ils paraissent avoir moins que ceux-ci rompu avec l'hindouisme et, défait, ils se déclarent Hindous. Ils ont pris une part bien plus active à la vie littéraire et scientifique de l'Inde. L'astronomie, la grammaire, la littérature romanesque leur doivent beaucoup. Celai n'a pas empêché qi^'il n'y ait eu entre eux et les brahmanes une grande hostilité qui a été marquée parfois, dans le Gujarât et dans l'extrême Sud entre autres, par des épisodes sanglants 3.

Comme les bouddhistes, ils sont partagés en un clergé et en un corps laïque ; mais le monachisme paraît avoir été moins développé chez

• eux. Actuellement, leurs ya^ù forment des sortes de collèges entre- • tenus aux frais des communautés, mais dont les membres né vivent plus d'aumônes, et ils n'admettent plus comme autrefois un ordre de femmes. Ils se divisent en deux sectes principales, les çvêtdmbaras , « les Robes blanches, » et les digambaras, « ceux qui sont vêtus d'air, »

Page 1