Ind. Antiq. Il, 129, 353; V
3. G. Bûhler, ap. Ind Antiq, VI, 186 ; Lassen, Ind. Alterthumsk^ t. III, p. 240; R. Galdweil, A Comparative Grammar of the Dravidian languuges^ Introduction, p. 89, 138,
JAINISME 87
c'estrà-dire qui vont nus, dénominations qui, du clergé, ont passé également aux laïques. Actuellement, les çvêtâmbaras tiennent généralement le premier rang. Mais lesdigambaras, appelés aussi plus spécialement nirgranthasr^ « ceux qui ont rejeté tout lien, » paraissent être es plus anciens. Du moins ce dernier nom se trouve-t-il déjà dans les inscriptions d'Açoka * et, selon toute probabilité, comme désignation des jainas. L'une et Tautre secte est mentionnée dans des documents épigraphiques du Maisor, qui remontent probablement au sixième, peut-être au cinquième siècle 2, et, pour le septième, leur présence est également attestée à Ganoje^. Leur situation respective rappelle celle des gectes bouddhistes du Grand et du Petit Véhicule, c'est-àdire que, en dépit de différences considérables, ils sont plutôt rivaux qu'ennemis déclarés. A cette division est venue, comme pour les bouddhistes, s'en superposer une autre, celle en jainas du Nord et jainas du Sud qui, purement géographique à l'origine, a fini par s'étendre aux doctrines, à la littérature canonique et à tout l'ensemble des traditions et des usages*. Actuellement les yatis digambaras n'observent plus la nudité, excepté pendant leurs repas, quand ils les prennent en commun. Mais il est évident qu'autrefois la pratique a dû être plus rigide, et Hésychius (troisième siècle) a sans doute été bien informé, quand il traduit F^woi par ru^AvooocptdTàt. Cet indice joint à bien d'autres^ tels que la pratique de l'épilation, semble indiquer qu'à l'origine une des principales difTérences entre les jainas et les bouddhistes a été la profession d'un ascétisme plus rigoureux de la part des premiers. Nulle secte hindoue n'a poussé plus loin Vahinsâ, le respect et l'abstention de t^ut ce qui a vie. Non seulement ils s'abstiennent absolument de toute chair, mais les plus rigides d'entre eux ne boivent que de l'eau filtrée, ne respirent qu'à travers un Voile et s'en vont balayant le sol devant eux de jJeur d'avaler ou d'écraser à leur insu quelqu'animalcule invisible. A tous ces égards, le bouddhisme primitif avait bien moins de scrupules; les excès de l'ascétisme, en particulier la nudité, ont été formellement condamnés par Çâkyamuni ; quelques-uns de ses premiers disciples ont même rompu avec lui pour ce motif, et on sait que la tradition le fait mourir lui-même d'une indigestion de chair de porc. Au sujet d'une autre pratique également réprouvée par le Buddha, le suicide religieux, les jainas ont varié. Un de leurs livres canoniques le condamne: « le suicide acccroit la vie, » est-il dit énergiquement dans la Bhagavatî*. Mais, d'autre part, des inscriptions recueillies dans des sanctuaires du Dékhan ne laissent aucun doute sur la fréquence de cette
1, VIII* édit.de Delhi, 1. 5, ap. Corpus Inscript. Indic, pi. XX.
2 Inscriptions des anciôua Kadambas, ap. Ind. Antiq. VI, 23-32; VII, 33-37; dans ce dernier document le revenu d'un village est partagé entre les Çvêtapatas (Çvet&mbaras) et les Nirgranthas.