‹ Les religions de l'IndeChapitre 56 sur 109 · Ind Antiq. II, 354; HI · texte numérisé non relu

Ind Antiq. II, 354; HI

5. Apud A. Weber, Ueher ein fragment der Bhagnvalî, 2ter theil, p. 267.

coutume chez les jainas du Sud pendant une longue période du moyen âge ^

C'est encore au bouddhisme que nous sommes ramenés, si nous examinons la doctrine générale des jainas. Les points essentiels, la conception du monde et la philosophie de la vie sont à peu de chose près les mômes de part et d'autre. Gomme les bouddhistes, les jainas sont athées. Ils n'admettent pas de créateur; le monde est éternel, et ils nient expressément la possibilité d'un être parfait de toute éternité. Le Jina est devenu parfait, il ne l'a pas toujours été. Gomme les bouddhistes du Nord, cette négation ne les a pas empêchés .ou, du moins n'a pas empêché certains d'entre eux de revenir aune sorte de déisme et, de même que dans les livres du Népal on voit surgir un Adi'mddha, un 3u(^dha suprême, on trouve dans des documents épigraphiques du Dékhan un Jinapati^ un Jina suprême •qualifié de créateur primordial *, contrairement aux déclarations les plus nettes tirées de leurs écrits les plus autorisés. L'ensemble des êtres se divise en deux catégories, animés et inanimés. Les êtres animés sont formés d'une âme et d'un corps, et ces âmes radicalement distinctes de la matière, sont éternelles. G'est là un des points essentiels peu nombreux où la doctrine jaina s'écarte du bouddhisme. Elle se rapproche beaucoup par contre de la conception sânkhyâ, et -elle explique d'une manière toute semblable comment l'âme, qui est pure intelligence, est néanmoins en proie à l'illusion et condamnée de ce chef à subir le joug de la matière à travers une série indéfinie d'existences. Ge n'est donc pas le fait d'être qui est le mal aux yeux des jainas; c'est la vie qui est mauvaise, et le Nirvana pour eux n'est pas l'anéantissement de l'âme, mais bien sa délivrance et son entrée dans la béatitude sans fin. La voie du Nirvana est naturellement révélée par le Jina. Les moyens d'y arriver constituent 'le Triratna, les « trois joyaux » : l** la foi parfaite ou .la foi dans le Jina; 2° la science parfaite ou l'intelligence de sa doctrine; 3° la conduite parfaite ou l'observation rigoureuse de ses préceptes. Sous une forme à première vue sensiblement différente, on reconnaît là aisément le Triratna des bouddhistes, à savoir: le Buddha, la loi et le Sangha. On surprend ainsi d'un bout à l'autre entre les deux croyances comme une préoccupation constante de ne pas trop se ressembler, qui-, plus encore que leurs rencontres manifestes, établit leur étroite parenté. Le développement de « la conduite parfaite » par exemple, est l'exact pendant de la morale et de la discipline bouddhiques. Mais, à l'exception d'un petit nombre de points tels (Juela classification des ^mérites et des péchés, qui est la même, tout y est transposé: les mêmes choses sont appelées de noms différents et les mêmes noms y désignent des choses différentes. On dirait deux mosaïques de dessin divers; mais faites de pièces semblables. Comme point de détail, on remarquera que les digam-

1. Inscriptions de Çravana Belgola, ap. Ind. Antiq. II, 322; III, 153,

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