‹ Les religions de l'IndeChapitre 57 sur 109 · Ind. Antiq. VII, p · texte numérisé non relu

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JAINISME 89

baras s'accordent avec les bouddhistes pour dénier aux feiùmes la capacité d'atteindre au Nirvana, tandis que les çvêtâmbaras la leur reconnaissent. En ceci encore, les premiers paraissent avoir conservé plus fidèlement la doctrine primitive. Enfin, la négation de la réalité objective des* concepts de l'esprit, qui est une des doctrines fondamentales des bouddhistes, a.son pendant dansile probabilisme des jainas. Ceux-ci soutiennent, en effets qu'on ne peut rien affirmer ni nier absolument d'un objet et qu'un prédicat n'exprime jamais plus qu'une possibilité. Aussi les brahmanes, qui appellent les bauddhas des çwiyavâdins « ceux qui affirment le vide » désig^ent-ils les jainas par le terme de syâdvâdins « ceux qui disent peut-être. » Mais où le parallélisme des deux religions devient réellement embarrassant, c'est quand on passe à leurs traditions, à celles surtout qui concernent leurs fondateurs respectifs. La légende de Vardhamâna ou, pour le désigner par son titre le plus usité, de Mahâvîra, «le grand héros, » le Jina de l'âge actuel, présente des points de contact si nombreux et d'une nature si particulière avec celle de Gautama Buddha, qu'on est invinciblement amené à conclure qu'il s'agit dans l'une et dans l'autre d'un seul et même personnage*. Tous deux ils sont de race royale ; les mêmes noms reparaissent parmi leurs parents et leurs disciples ; le même pays les a vus naître et mourir, et à la même époque. Le Nirvana du Jina correspond en effet officiellement à 526, celui du Buddha à 543 avant Jésus-Christ, et en tenant compte des incertitudes inhérentes à ces déterminations (on sait qiie l'année vraie de la mort du Buddha tombe entre 482 et 472 avant Jésus-Christ), les deux dates peuvent être considérées comme identiques. Des coïncidences toutes semblables se produisent dans la suite des deux traditions. De même que les bouddhistes, les jainas prétendent avoir été protégés par les princes Mauryas. Les premiers ont eu Açoka; les seconds se réclament de Sampadi, son petit-fils, et même de son aïeul Candragupta qui, d'après les traditions du Sud se serait fait ascète jaina?. Presque toujours une contrée qui est une terre sainte pour les uns, est aussi une terre sainte pour. les autr0S, et leurs sanctuaires sont voisins dans le Bihàr, dans la presqu'île de Gujarât, au mont Abu en Râjastan et ailleurs. En présence de cet ensemble de conformités de doctrine, d'organisation, de pratiques et de traditions, la conclusion qui semble inévitable c'est que l'une* des deux religions est une secte et en quelque sorte la copie de l'autre. Cela étant, si on songe aux relations multiples qu'il y a entre la légende du Buddha et les tradition^ brahmaniques, relations qui font défaut à la légende de Mahâvîra; si on considère de plus que le bouddhisme a pour lui l'autorité des édits d'Açoka et que dès lors, au troisième siècle avant notre ère, il était en possession d'une littérature dont quelques titres nous ont été transmis 3, tandis

1. Cf. A. Weber, Ueber deis Çairunjayam âhàtrny a ^ p. S; H. Kern, Over de Jaartelliny der zuidelijke Buddhisten, p. 28.

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