‹ Les religions de l'IndeChapitre 74 sur 109 · Pânini a reçu de Giva la révélation de sa grammaire · texte numérisé non relu

Pânini a reçu de Giva la révélation de sa grammaire

6. Forme les chap. lxxxi-xciii du Mârkandêva-Purâna, p. 424-485, éd. de la Biblioth. Ind. — L. Poley en a donné une édition avec traduction latine, 1831. — Une traduction française par K. Burnout a paru en 1824 dans l'ouvrage de son père, ij, Burnouf ; Examen du système 'perfectionné de conjugaison grecque de Thiersch. — Le Dêvîmâhâtmya est le principal texte sacré des adorateurs de Durgâ dans Tlnde septentrionale.

7. Th. Foulkes, TUe Siva-prakasha-pattalai, or the éléments of the Saiva philosophj, transi, from the tamil. Madras, 1863. — Du même, Catechism of the SiiV'i reiifjion^ ibid , 1863. — Trois traités çaivas traduits du taruoul par H. R. Hoisington dans le Journ. of the American Orient. Society, t. IV. —

à des documents de seconde main, particulièrement à Texposé qu eu a fait Sâyana (quatorzième siècle) dans son Sarvadarçanasangraha^, et aux renseignements réunis par H. H. Wilson dans son Esquisse des sectes religieuses de l'Inde, Des témoignages ainsi recueillis, aucun sans doute n'est contemporain des pâçupatas (adorateurs de Paçupati) du Mahâbhârata , ni môme dès mâhêçvaras (adorateurs de Mahêçvara, du Grand Seigneur) que mentionnent les inscriptions du cinquième siècle^. Il n'en est pas moins probable que, sous la rubrique fle doctrine des pâçupatas, des mâhêçvaras, ils nous ont conservé les vieilles spéculations du çivaïsme, et que celui-cii bien avant Çankara et Gaudapâda qui a précédé Çankara de deux ou trois générations (c'esj à ces deux polémistes que nous devons les premières indications précises, mais très sommaires sur la métaphysique des çai vas 3), avait adopté en isomme les formules du Sânkhya déiste. De môme que dans ce dernier système, l'âme y est nettement distinguée de la matière d'une part et, d'autre part, de Dieu. La matière, la Prakriti, est éternelle : elle est le milieu fécond, mais aveugle, ou opèrent la- Mâyâ et les divers modes de l'Energie divine, et où se déroulent pour l'âme les conséquences des actes. Unie à la matière, l'âme est séparée de Dieu .: elle est en proie à l'erreur, au péché, et elle tombe sous la loi de la mort et- de l'expiation. Elle est un paça^ un. animal retenu par un lien, la matière, qui l'empêche de retourner à son paU^.h son maître (c'est là le sens figuré qu'on trouve dans le vieux nom de Paçupati « le maître des troupeaux » ), et c'est à rompre ce lien que doivent tendre tous les efforts du fidèle. Dieu, c'est-à-dire Çiva, est pur esprit, bien que, pour se- rendre perceptible. et imaginable, il daigne assumer un corps « fait non de matière, mais d'énergie. » Il est la cause efficiente de toutes choses, cause absolue selon les uns, déterminant tout sans être déterminée par rien, cause toute-pui§sante selon les autres, mais qui laisse à l'âme une certaine aetion sur sa propre destinée. Le problème de la liberté, du mérite et de la grâce^ que nous retrouverons également chez les vaishnavas, recevait ainsi parmi ces sectes une double solution : les pâçupatas tenant pour la prédestination, d'autres, les sectateurs du Çaivadarçana proprement dit, laissant à l'homme l'initiative de son salut. Les uns et les autres admettaient des maniiestations inférieures de la divinité et surtout distinguaient plus ou moins nettement entre Çiva et les divers modes de son Energie, de sa Çakti, par laquelle il produit, conserve et détruit le monde. Elle est la cause instrumentale, comme la Prakriti est la cause matérielle,*et qu'il est lui-même la cause efficiente. Elle est à la fois sa Mâyâ et sa Grâce, et se personnifie en Dêvî ou Mahâdôvî

Golebrooke a traité des Mâhêçvaras et des Pâçupatas dans ses mémoires «ur la philosophie des Hindous, Mistellaneous Essays., I, p. 430, éd« Cowell.

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