‹ Les religions de l'IndeChapitre 76 sur 109 · Sarvadarçanasangraha, cli. vi-vi · texte numérisé non relu

Sarvadarçanasangraha, cli. vi-vi

2. Lassen, /wd. Attertkumsk. II, 826 as. — Voir une de ces monnaies figurée ap. R. Rochette, Journal des Savants, lb34, p. 392, fig. x. — Çiva androgyne (ardhanârîçâ) paraît dans les bas-reliefs de Bâdùmi, Ind. Antiq., . VI, p. 359.

• au neuvième siècle. Cette infiltration n'a pu se faire que lentement^ et, comme elle implique le développement préalable des doctrines et des pratiques hindoues, il est permis de reporter celles-ci jusqu'aux origines mômes du moyen âge. Quoi qu'il en soit, le culte des Çakti& tel qu'il est formulé dans quelques Upanishads, dans plusieurs Purânas et surtout dans les Tantras, ne saurait être confondu avec les hommages ordinaires rendus par toutes les sectes aux épouses des dieux. Il forme une religion à part, celle des çâktas^, qui se subdivise elle-même en plusieurs branches ayant leurs doctrines et leurs initiations particulières, et au sein de laquelle il s'est formé une mythologie toute spéciale. Au sommet et à la source des êtres est Mahâdêvî, en qui viennent se fondre les conceptions de la Mâyâ et de la Prakriti. Au-dessous d'elle prennent rang ses émanations, les Çaktis de Yishnu, de Brahmâ, de Skanda, etc. ( cet ordre est naturellement changé au profit de Laksmî ou de Râdhâ , dans le petit nombre d'écrits appartenant à la classe des Tantras qu'a produits le vishnouisme), et toute une hiérarchie très compliquée et aussi variable que compliquée, de puissances femelles, les Mahâmalris « les Grandes. Mères, » personnifications des forces productrices et nourricières de la nature, les YogUiîs « les Magiciennes, » dont l'intervention est violente et capricieuse, les Nayikds, les Dâkinù, les Çâkinis, bien d'autres classes encore , sans attributions uniformément définies,, mais presque toutes malfaisantes, et dont la faveur ne s*obtient qu'au prix des plus répugnantes pratiques*. Tout cela, réuni aux divinitésmâles, forme le panthéon le plus monstrueux que Thomme ait jamais imaginé. Inconcevable' elle-même en son essence suprême, la Mahâmâyâ, « la Grande Illusion, » est adorée sous mille noms et revêt une infinité de formes. Mais en même temps on distingue entre ces formes comme entre des êtres différents, et chacune d'elles a son cercle spécial de dévots. Elles répondent la plupart à l'un des aspects de sa double nature, blanche ou noire^ bienveillante ou cruelle, et elles, constituent ainsi deux séries de manifestations de la Force infinie, en quelque sorte deux séries de déesses suprêmes, les unes présidant plus particulièrement aux énergies créatrices de la vie, les autres représentant plutôt celles de la destruction. Aux unes et aux autres, s'adresse un double culte : le culte avoué, public, le dakshiiulcâra ou « culte de la main droite » qui, à l'exception d'un seul pomt, la persistance du sacrifice animal en Thouyeur de Durgâ, de Kâlîet des autres formes terribles de la Grande Déesse, ne diffère pas «essentiellement des usages généraux de l'hindouisme, et le vâmâcâra « le culte de la main gauche, » dont les pratiques ont toujours été tenues plus ou moins secrètes. Les conjurations, les maléfices, la magie et la sorcellerie vulgaire tiennent une grande place dans ce dernier, et beaucoup de ces rites étranges n'ont pas d'autre objet que l'acquisition des di\ers>es siddhis ou facultés surnaturelles. Ce sont là des poursuites bien vieilles dans l'Inde, puisqu'elles ont de profondes

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