Mahâbhâshya, ap. Ind. Stud., III, p
2. Déjà dans la Mricchakatikâ, p. 35, I. 5, éd. Stenzler, gosâviâ « religieuse » est synonyme de veçyâ, courtisane. Cf.' Muir, Sanskrit Texts, t. II,
. p. 25, 2« éd.
3. W. Hunier, Statistical account of Bengal, t. II, p. 311 ; t. VII, p. 159.
4. C'est-à-dire non musulman dans le premier pays, non bouddhiste dans le second. . "
commodent plutôt de l'isolement ou du demi-jour des petites congrégations. Il est paré d'ailleurs d'une fable plus riche, et il a trouvé son expression dans des œuvres littéraires plus éclatantes qui, traduites ou. plutôt reproduites dans les principaux idiomes tant aryens que dravidiens, ont fourni un fonds inépuisable à la poésie populaire. Enfin, s'il offre moins d'aliments aux appétits superstitieux, d'un autre côté, par les perspectives que la doctrine des Avatâfas ouvre en quelque sorte dans la nature divine, il s'allie plus aisément au mysticisme védantique, de tous les systèmes imaginés par l'Inde celui qui répond le mieux à ses aspirations. S'il était permis de se demander vers quel avenir religieux aurait marché ce peuple au cas où il fût resté livré à lui-même, on serait probablement conduit à supposer un jour où il aurait eu pour religion une forme quelconque du vishnouisme doublée de superstitions çivaïtes. Toutes les sectes que nous venons de passer en revue, vaishnavas et çaivas, les plus estimables comme les plus abjectes, poursuivent ou du moins prétendent poursuivre un but unique, le salut. Elles ont des recettes pour l'acquisition des biens temporels ; mais elles professent le mépris de ces biens. Comme moyen 4'obtenir le salut, elles prescrivent toutes un culte plus ou moins chargé ou dégagé de pratiques, sur lequel nous aurons à revenir plus loin. Au-dessus de ce culte, d'accord en ceci avec toute l'ancienne théologie, elles mettent lejnâna^ la science transcendante, la connaissance des mystères de Dieu*. Les légendes pieuses, les purânas, qui relatent les gestes et les manifestations des divinités, ne sont que l'enveloppe d'une vérité plus hante que le fidèle doit pénétrer. La fable épique fut remaniée à ce point de vue dans des ouvrages spéciaux tels que VArihyâima- Râmâyana, « le Ràmâyanà spirituel, » où tous les faits de l'histoire de Râma sont reportés à Tordre divin. Parallèlement à la doctrine abstraite, il se forma ainsi chez la plupart des sectes une doctrine figurée, une gnose ou interprétation mystique de leur légende, estimée bien supérieure à la simple philosophie. Chez les pâncarâtras par exemple, Krishna était Ydtman suprême; son frère Balarâma était le jîvUj l'âme individuelle ; son fils Pradyumna réprésentait le tnanas, le sentiment, et Aniruddha, son petit-fils, Vahamkàra^ la conscience. De même encore chez tous les vishno.uites, les amours de Krishna et des Bergères devinrent l'expression allégorique des rapports de l'âmê avec Dieu. En ceci les sectes ne faisaient qu'appliquer une méthode qui remonte au Vêda et dont les bouddhistes et les jainas se sont également beaucoup servi. Mais où elles se séparent et de l'ancienne théosophie, et de l'orthodoxie moderne telle qu'elle a été formulée par Çankara, et en général de la doctrine commune de tous les darçanas, c'est quand elles subordonnent cette science à un fait psychique d'une nature toute différente, la bhakli « la foi, l'absolue dévotion, l'amour de Dieu, » sans laquelle la science est ou vaine, ou impossible. C'est la bhakti qui illumine l'âme et qui seule peut rendre