‹ Les religions de l'IndeChapitre 81 sur 109 · Bhagavad-Gîtâ IV, 40-42 ; VII · texte numérisé non relu

Bhagavad-Gîtâ IV, 40-42 ; VII

fructueux les efforts de la contemplation et de Tascétisme*. Ou plutôt 'elle en dispense; car à celui qui la possède, tout le reste est donné par surcroît^. Elle s'adresse non au Dieu des savants et des philosophes, mais à la* manifestation de Dieu la plus accessible, la plus rapprochée, chez les vishnouites par exemple, non à Vishnu ni au Paramâtman, mais à Krishna, au dieu fait homme, lequel y répond par sa Grâce [anugraha, prasâda), ou qui plutôt y a répondu d'avance, quand, daignant revêtir d'une forme sensible son ineffable et inconcevable majesté, il a ainsi permis au plus humble de l'aimer et de se donner à lui avant de le connaître 3. C'était là une conception nouvelle. Le Vôda avait connu la çraddkâ^ la confiance, de l'homme en ses dieux et, dans quelques Upanishads {Kat/iarU., Mundaka-UA), se rencontre un vieux dicton impliquant très nettement la notion de la Grâce. Mais toute l'antiquité avait ramené en définitive la religion à un fait de connaissance, soit rationnelle, soit intuitive, soit révélée : les sectes la ramenèrent à un fait de sentiment. Aussi la nouveauté de cette doctrine y fit-elle soupçonner de bonne heure une influence étrangère, un emprunt plus ou moins direct fait au christianisme 5. Cette première hypothèse eii suggéra d'autres. On rappela la légende du Mahâbhârata, où il est dit que Nârada et avant lui d'autres personnages mythiques avaient visité le Çvêtadvîpa « l'Ile Blanche, « et y avaient trouvé une race d'hommes parfaits en possession de la foi excellente en l'unique Bhagavat, et on vit là Je souvenir d'anciennes relations des brahmanes avec le christianisme alexandrin^. On observa que dans l'épopée ces doctrines semblent se rattacher plus spécialement au vishnouisme, que la Bhagavad-GUâ où elles sont exposées avec ampleur, les Bfiakti-Sûtras où elles ont été formulées systématiquement, appartiennent à la religion de Krishna, qui, plus que toute autre, a été une religion d'amour. On appuya sur le caractère monothéiste de cette religion, sur l'analogie qu'il y a entre la théorie des Avatâras et celle de l'Incarnation^, sur les curieuses ressemblances que la légende de Jésus présente avec celle de Krishna, dans laquelle se retrouvent plus ou moins nettement les scènes pastorales de la Nativité, l'adoration des Bergers et des Mages, la Fuite en Egypte, le Massacre des Innocents, les miracles de l'Enfance, la Tentation, la Transfiguration, et tout cela chez un dieu dont le nom même ofî're une certaine assonance av^c Christos. On appela l'attention sur certaines cérémonies du krishnaïsme postérieur, sur sa fête de la Nati- 'vité, sur le culte de Krishna enfant, représenté au giron (►u au sein

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