‹ Les religions de l'IndeChapitre 89 sur 109 · M. Elphinstone, History of India^ t. II, p. i · texte numérisé non relu

M. Elphinstone, History of India^ t. II, p. i

bien que constitués d'éléments ethniques divers, forment une race aussi nettement caractérisée qu'aucune autre de la Péninsule. Ils ont conservé leurs aptitudes martiales et ils fournissent un contingent d'élite à l'armée anglo-indienne. Mais leur fanatisme s'est assoupi.' Ils sont en dehors de l'hindouisme proprement dit, bien que quelques-unes de leurs subdivisions tendent à y rentrer. Au nombre d'environ 1,200,000, ils ne forment une population agglomérée qu'au Penjâb ; mais on les trouve réj)andus par petits groupes dans tout l'Hindoustân et dans quelques parties du Dékhan. Au point de vue religieux, ils sont restés assez compacts, bien qu'il se soit formé parmi eux des ordres qui constituent des communautés distinctes. Tels sont, outre les akâlîs déjà mentionnés et qui n'ont plus la même influence qu'autrefois, les uddsîs « les renonçants», qui rejettent le Granth de Gnru Govind et qui finissent leurs jours dans l'ascétisme et dans le célibat; les nânakpotras, les descendants de Nânak, font partie des udâsîs ; les divânè sâdks «les saints fous », dont une portion observe également le célibat et qui, comme les précédents, s'en tiennent à l'Adi-Granth ; les suthrés « les purs » et les nirmalê sâdhûs tt les saints purs » ; ces derniers mènent une existence cénobitique ; ils sontla plupart lettrés et tendent à se rapprocher de l'hindouisme, dont ils ont repris beaucoup de pratiques. Quand aux suthrês, ce sont des vagabonds adonnés* à tous les vices, méprisables et méprisés, et que rien ne distingue des pires espèces de fakîrs et de yogins. Le culte des Sikhs est simple et pur. A l'exception d'Amritsar, qui esf le centre religieux de la nation, et de quelques sanctuaires aux endroits consacrés par la vie ou par la mort des gnrus et des martyrs, ils n'omit pas de lieux saints. Leurs temples sont des maisons de prière. On y récite des morceaux, on y chante des hymnes extraits du Granth et l'assemblée se sépare après que chaque fidèle a reçu une portion du karâk prasâd de « l'oblation efficace », une sorte de pâtisserie consacrée au nom du guru. Aussi tolérants qu'ils étaient fanatiques naguère, ils ne refusent pas d'admettre à leurs offices des. étrangers, auxquels ils permettent même de participer à leur communion. Il est vrai que sous cette tolérance il se cache beaucoup de tiédeur*, et que, de l'avis du meilleur juge en cette matièrCj du traducteur de l'Adi-Granth, le D^ Trumpp, le « sikhisme» est une religion qui s'en v^4.

Nous arrêtons ici cette revue des sectes hindoues, bien que le mouvement .que nous avons essayé de suivre soit loin d'être épuisé. Hari n'a pas cessé de descendre sur terre, et encore à l'heure qu'il est, parmi le peuple, surtout dans les campagnes, de nouveaux groupes religieux sont en train de se former çà et là autour de nouvelles incarnaticyis. Ces manifestations toujours renaissantes, auxquelles d'ailleurs les classes supérieures et les brahmanes demeurent depuis longtemps étrangers, sont intéressantes à noter, parce qu'elles témoignent de la soif obstinée d'une révélation

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