‹ Les religions de la préhistoire, l'age paleolithiqueChapitre 112 sur 194 · Cultes, Mythes et Religions, i. I, pp. 86 et suiv · texte numérisé non relu

Cultes, Mythes et Religions, i. I, pp. 86 et suiv

démontrer que l'homme quaternaire n'a point connu le culte du totem.

Néanmoins l'insuffisance notoire des preuves alléguées par les partisans du totémisme quaternaire ne dirime pas la question. L 'Ethnographie nous apprend en effet que les clans totémiques ne choisissent pas toujours, loin de là, leurs totems parmi les espèces comestibles. Il en est qui jettent leur dévolu sur des carnassiers et autres espèces indésirables. Cette préférence peut être dictée par l'espoir de se concilier les bonnes grâces de ces bêtes dangereuses, ou de leur emprunter, par une sorte de transfusion mystérieuse, leur vigueur, leur agilité, leur esprit de ruse, etc. La présence d'animaux carnassiers sur les parois des grottes serait donc assez favorable à l'hypothèse totémiste. Et comme, d'autre part la domestication des animaux pourrait bien avoir une cause toute différente de celle que M. Reinach a inventée ^^ l'absence d'animaux domestiques, à l'époque quaternaire, ne prouve rien ni pour ni contre le totémisme.

Et ainsi nous nous retrouvons en face d'une explication qui, dégagée des échafaudages fragiles dont on a voulu l'étayer, repose, en dernière analyse sur deux faits incontestables : P l'existence, aux ternps pléistocènes, d'un culte d'animaux ; ^t 2° le témoignage des Primitifs actuels. Et si l'on réfléchit que le totémisme occupe encore, sur le globe, une aire immense, ce second l[ait ne revêt-il pas une importance décisive ? N'avonsnous pas posé en règle que l'universalité d'une coutume religieuse dépose en faveur de son ancienneté ? Ainsi tout semble nous pousser à reconnaître, comme scientifiquement appuyée, la réalité d'un totémisme auaternaire.

19. Nous ne songeons pas à contester ici, ni ailleurs, la compétence de M. Rejnach sur les questions d'archéologie préhistorique ou classique. Mais nous ne sommes ni le premier ni le seul à nous étonner de la hardiesse avec laquelle l'auteur d'Orpheus lance les hypothèses les plus aventureuses. Rendant compte des tomes I et II des Cultes, Mythes et Religions, dans VAnthropologie, dont M. Reinach est l'un des principaux collaborateurs, M. Cartailhac écrit, non sans malice « M. Reinach qualifie de roman, l'origine ordinairement supposée de: animaux domestiques et des plantes cultivées... Est-il bien sûr de ne pas opposer un roman à un autre ? Nous voyons, dans son introduct.ir>n du t. II, que les objections ne lui ont pas manqué... Mais M. Reinach nous ferme la bouche par une déclaration très acceptable : « Mille négations ne valent pas une affirmation ». ^Anthropologie, t. XVII, p. 601),

ycs bases sont-elles inébranlables? Avant d'aller plus loin, leiLX remarques préliminaires s'imposent. Elles nous paraissent <\r îinliire à éclairer le fond du débat.

1 ig. 131. — Plan de la Clotilde. Entrée en A. En B, dessins tracés à

tla main dans l'argile, vers le 171'= mètre de l'entrée. (Cf. Grotles cantabriques^ p. 41).

D'abord on commet une équivoque regrettable à confondre ux choses qui sont, en soi, très distinctes : je veux dire la thériolàtrie et le totémisme. Cette confusion n'a pas été évitée même par certains savants qui se sont spécialisés dans l'étude du totémisme. A juste titre, M. Durkheim reproche à M. Frazer

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