Frazer, Le Totémisme, trad. franc., op. cit., pp
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ment si l'on part de cette idée que le totémisme représente la première phase de l'évolution religieuse, on s'empressera d'interpréter les plus faibles indices au bénéfice de la théorie que l'on soutient et que l'on veut iaiire triompher à tout prix. Mais alors on sortira du domaine de la science. Si, au contraire, on entend se soumettre humblement à la réalité des faits positifs, on prêtera une oreille attentive à l'unique source d'information qui puisse juger en dernière instance, c'est-à-dire à l'archéologie. Et si, d'aventure, les données de l'archéologie ne s'accordent pas avec les données de l'ethnographie, on conclura, tout simplement, que les origines du totémisme remontent à une époque plus récente que l'âge paléolithique. Tout au plus pourrat-on ajouter que ce système religieux et social dérive, par voie d'évolution, d'une forme thériolâtrique antérieure et moins compliquée. Et il ne manque pas de savants, entre autres le R. P. Lagrange, pour soupçonner que le totémisme, bien loin de représenter la forme initiale du développement religieux, apparaît au terme d'une lente évolution qui a pu se prolonger durant des siècles ^^
A l'aide de ces remarques et de toutes les considérations précédemment exposées, nous voyons se poser nettement la question du totémisme quaternaire. Le totémisme formel comporte un certain nombre d'éléments qui constituent, si l'on peut dire, un système lié : le choix exclusif d'une espèce animale ; le culte rendu à cette espèce par le moyen d'images naturalistes ou emblématiques ; la désignation du clan par le nom et par le symbole du totem : la prohibition de tuer et de manger l'animal sacré ; la loi d'exogamie. Cette combinaison d'éléments inséparables est-elle donnée à l'époque pléistocène ? voilà le vrai problème. D'une part, l'ethnographie semble nous suggérer qu'elle l'a été, puisque le totémisme est une institution universellement répandue parmi les Primitifs actuels. Mais comme, d'autre part, l'ethnographie n'est point qualifiée pour produire, à elle seule, l'argument emporte-pièce, il nous fauj interroger l'archéologie préhistorique et lui demander si elll confirme les inductions de l'ethnographie ou si elle leur barr| le chemin. Or, l'examen impartial des documents permet croyons-nous, de proposer et de justifier l'affirmation suivantel
22. M. J. Lagrange, Etudes sur les Religions sémitiques, P" éditior p. 113. Paris, 1907.