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LA RÉPONSE DE LARCHÉOLOGIE

Dans Vêlai actuel de nos connaissances, Vexisience à l'époque ^lUdlernaire d'un lolémisme lovmel, réalisant toutes les conditions ijui viennent d'être énumêrées, n'est nullement démontrée ; elle est même tout à fait improblable, parce que sur ce point spécial, l'archéologie est en discordance avec l'ethnographie. C'est ce que nous espérons démontrer dans la seconde partie de ce chapitre.

A première vue, une semblable démonstration paraît impossible. Que savons-nous de l'organisation sociale des tribus quaternaires? Bien. Nous entrevoyons que ces peuplades, vouées à la chasse, ont dû vivre disséminées par groupes relativement restreints. Mais quelle était la nature du lien qui unissait les membres d'une même tribu ou les tribus entre elles? Nous l'ignorons. Et puis, comment s'assurer si l'homme paléolithique pratiquait, par exemple, la loi d'exogamie? Ce sont là des faits (|(i.i échappent à la compétence de l'archéologie. Nous n'en di.?conviendrons pas. Aussi n'est-ce point de ce côté que nous diri-

gerons nos recherches. Fort heureusement nous avons d'autres

voies, plus larges, plus faciles d'accès, plus praticables et plus ^ûres. Et s'il nous était permis d'adresser aux partisans du totéisme quaternaire un discret reproche, ce serait d'avoir trop égligé ces voies plus larges, pour tracer de petits sentiers qui dérobent à la vue la topographie générale du pays à explorer. En premier lieu, s'il est une loi, rigoureusement imposée par 'essence même du totémisme, c'est celle de la différenciation des totems. Et cela se conçoit. Le totem en effet, est une classe d'objets, et, quand il s'agit de totémisme animal, une espèce avec laquelle les membres d'un clan, d'une tribu, contractent une alliance permanente. Chaque groupe humain est donc t«nu de choisir un totem particulier qui deviendra en quelque .sorte sa propriété exclusive. Il y est d'autant plus obligé que ce totem doit être non seulement son protecteur attitré, mais encore — certains diraient .surtout — le signe distinctif, la marque ethnique nui permettra de nommer et de recorinaître tel clan ou •elle tribu parmi la foule des autres tribus et des autres clans. Sous peine d'inextricables confusions, il faut que toutes et chacune des fractions collectives aient un totem spécialisé. Sur ce

^^S- 133- — Grotte de Font-dk-Gaume. Le « Rubicon » s'ouvre au fond de cette étroite galerie, et donne accès aux parties de la grotte les plus, riches en dessins. (D'après une photographie publiée dans Font-de-Gaume^\ pi. XLIIl).

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I loi

point, l'observation directe ne laisse prise à aucun doute, à aucune hésitation.

En Australie « ctiaque tribu a son t^tem qui lui appartient en propre ; deux clans différents d'une mcnie tribu ne sauraient avoir le même "^ » Rien que pour les tribus du sud-est, Howitt a pu identifier plus de 500 noms tolémiques^*. Chez les Arunta et chez les Loritja, Slrehlow a relevé jusqu'à 442 totems**. Spencer et Gillen affirment que « dans le pays occupé par les indi«"ènes, il n'existe pas un objet, animé ou inanimé, qui ne donne son nom à quelque groui)e totémique d'individus ». La différenciation est poussée si loin que parfois, bien que rarement, on s'est vu obligé de choisir, non |»lus un animal entier, mais une partie de l'animal. Il exist-e des clans (lui ont poui* totem la queue, l'estomac de l'opossum, la graisse du kangou-

u, etc. El pourquoi cette multitude de totems, prodigieuse quand on In compare au chiffre de la population? Parce que

sous linl'luence de circonstances particulières, les clans primitifs se sont divisés et subdivisés à l'infini » et les totems euxmêmes !' ont dû se fragmenter pour pouvoir fournir des noms a ces multiples divisions -°. »

Chez les Fân, la différenciation, sans être aussi minutieuse qu'en Australie, est également très accentuée. Il faut renoncer à dresser la liste complète de ces animaux protecteurs: Elle épuise à peu près la faune équatoriale : boas, panthères, chimpanzés, 'scargots, coléoptères, sangliers, antilopes, poissons, lynx, élé- [jhants, chats-tigres, singes noirs ou verts, singes à nez blancs, orcs-épics, scolopendres, fourmis-noires, aigles, scarabées,

ts, caméléons, crocodiles, léopards, serpents, hippopotames, ■te, etc.. -'.

Chez les Peaux-Rouges il y a une tribu de la Carpe, du Buffle, du Corbeau, de l'h^lan, de la Tortue, du Loup, etc ; et une foule innombrable de totems claniques : la seule tribu des Creeks en compte une vingtaine ; chat sauvage, renard, castor, crapaud,

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