‹ Les religions de la préhistoire, l'age paleolithiqueChapitre 118 sur 194 · Cf. résumé dans Altamira, op. cit., p. 216 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. résumé dans Altamira, op. cit., p. 216 et suiv

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méandres tracés au doigt sur l'argile apparaissent dans des grottes séparées par de longues distances ; les mains rouges se retrouvent à Castillo, à Altamira, à Gargas, à Fonl-de-Gaume, à Beyssac. Les claviformes ou naviformes ont été indifférent nient figurés à Altamira, à Niaux, à Pindal, à la Pasiega ; quant aux tectiformes ^^, M. Breuil a démontré qu'ils se rattachent tous à une seule série qui peut offrir, suivant les époques, quelques variantes ; mais ces variantes ont le fâcheux inconvénient, pour la thèse totémiste, de se reproduire, à peu près identiques à elles-mêmes, dans plusieurs endroits. Ces ressemblances, curieuses et frappantes, bien loin de suggérer, de la part des paléolithiques, l'intention d'opposer le groupe des signes d'une localité donnée au groupe des signes d'une localité différente, témoignent plutôt d'un souci d'imitation et d'uniformité. Et tout ce qu'il est permis d'avancer, à ce propos, c'est que si les artistes quaternaires ont accordé à leurs signes une valeur d'emblème, ces emblèmes n'étaient certainement pas des emblèmes totémiques.

Enfin, — car nous voudrions épuiser, autant que possible, la série des objections, — on a remarqué qu'entre la faune réelle et la faune figurée d'une période déterminée de l'âge quaternaire, il existe un écart assez sensible ^^\ D'une manière plus précise, il semble que la faune figurée retarde sur l'évolution de la faune réelle. On dirait que le culte des animaux s'est immobi-

32. Voir dans Grottes cantabriques (op. cit., ch. xii), une étude comparative sur les tectiformes. Cette étude prouve au moins deux choses : 1° Il y a analogie ou continuité entre les types de tectiformes, d'un bout à l'autre de l'âge paléolithique ; 2° dans un seul et même endroit et pour une seule période, les tectiformes offrent des variantes assez sensibles, ce qui ne paraît pas s'accorder avec les exigences d'un emblème totémique. On peut ajouter, en outre, que la tendance des tectiformes à dégénérer en scaliformes n'est pas non plus favorable à l'hypothèse totémiste. On a donc affaire à un motif géométrique, ayant eu pour point de départ la hutte paléolithique, et qui évolue progressivement. Quel sens exact nos troglodytes attribuaient-ils à ces figures : mieux vaut avouer notre ignorance que de risquer une explication nettement inconciliable avec les faits. — A propos des méandres et entrelacs d'Altamira, d'Hornos de la Pena, de Gargas, il est intéres^ sant d'observer que chez, les Australiens, (cf. Spencer et Gillen, Natives Tribes of cent. Austr., p. 145), les animaux sont représentés par des cercles entiers ou par des spirales.

33. Grottes cantabriques, op. cit., p. 214. (Cf. plus loin, ch. viii, p. 350).

LA RÉPONSE DM LAKCHLOLOGIE 273

i-é, figé autour de certaines espèces plus anciennes et devenues neaucoup plus rares dans un temps où l'on continuait à les tenir en vénération. N'y aurait-il point là un cas de transmission des totems? L'élection du totem est en effet durable, et

mimai choisi par un clan est généralement conservé, avec un

lin religieux, par les générations plus jeunes. M. l'abbé Breuil à qui l'on doit la fine observation que je \iens de rapporter se garde bien de conclure si rapidement : « Nous rappellerons, dit-il, que le document iconogi-aphique que nous ont légué les singulières coutumes des artistes quaternaires est un reflet peut-être très modifié de la faune réelle de l'époque, sous l'influence de préoccupations et de suggestions onnues ». Ces préoccupations et ces suggestions inconnues sont assurément pas relatives au totémisme, car, même si Ton admet la réalité de ce <( retard », il reste que les espèces ligurées ne sont point spécialisées au point de vue local. Et par conséquent, l'absence d'harmonie entre la faune réelle et la faune figurée peut bien prouver le caractère traditionnel du

ilte rendu aux animaux ; ePc ne saurait établir le caractère Mtlémique de ce culte.

Et c'est ainsi qu'après avoir retourné en tous sens la collection des images paléolithiques, nous revenons toujours à la même conclusion négative. Le totémisme quaternaire glisse

(Ire nos mains : plus on essaie de l'élrcindrc cl plus il se pobe. Et cependant nous n'avons encore appliqué, au cours notre discussion, qu'une seule loi — la mieux vérifiable, il ; vrai, — de la psychologie lotémiste : la loi de différenciation s totems.

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nilerons-nous, à ce premier chef de preuve, d'autres indications qui, pour être un peu moins probantes, n'en méritent pas moins d'être signalées?

Il est interdit au membre d'un clan toténiiquc de tuer et de iianger son aninial-lolem. Or nous possédons les débris de cuisine de nos ancêtres paléolithiques. Il serait quelque peu hasardeux, par la simple analyse des ossements abandonnés pêlemêle dans les foyers, de décider si les hommes de telle station déterminée se sont abstenus de manger certaines espèces animales. A vrai dire, on n'arriverait, sur ce point, à une probabilité satisfaisante que si un foyer considérable était en relation

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