up., fig. i
42. Cf. S. Reinach, Répertoire.... op. cit., p. 88. n° 0 (Go\ir<!nn: p. VIS. !i*5(I.orlhef) : p. 144, n" 7 (La Madeleine) : p. 158, n" 12 (Monigaudier) ;. I'. 170, n°« 9 et 10 (Placard) - p. 184, n»" 4 et 5 (Teyjat).
conséquent la présence de serpents ou d'anguilles sur le bâton de Teyjat non seulement n'a rien d'extraordinaire mais peut fort bien se rattacher à une idée toute différente de celle qui a inspiré la gravure des diablotins. La représentation d'un petit cheval incomplet n'est pas plus anormale. Ces sortes de figurations partielles, fantaisistes ou stylisées abondent à l'époque quaternaire. Telle, par exemple, une antilope gravée sur le bâton de Gourdan Qig. 208. p. 371): les pattes de devant ont été omises, l'animal ne possède qu'un cuissot sans jambes, et la tête est stylisée ; le Bison, gravé au registre supérieur de la même pièce
Fig. 149. — Gravure de grand félin. Grotte des Combarelles (Dordogne). (D'après BreUIL, Font-de-Gaume, p. 157).
est traité avec une semblable désinvolture. Du reste sur le bâton de Teyjat n'avons-nous pas relevé plusieurs têtes de cygnes et une tête de chamois? Dès lors, la figure du petit cheval ne requiert pas non plus une interprétation qui lui soit commune avec celle que l'on pourrait attribuer aux diablotins. Et M. Breuil a parfaitement raison de considérer à part les trois (( cynocéphales. »
Mais eux-mêmes que sont-ils? Faisons crédit à M. Reinach. Négligeons avec lui les protestations de l'ethnographie et supposons que nos trois diablotins soient des raiapas. Encore fautil apporter en faveur de cette explication, des preuves décisives. M. Reinach en allègue trois. Ces figures sont petites ; elles ne
représentent pas des hommes ; elles volent : tous ces caractères conviennent fort bien à des ratupas *^. Et pourquoi leui conviendraient-ils ? On a beau feuilleter les ouvrages d'ethnographie, on n'y découvre nulle part la figure d'un seul ralapa australien. Où donc M. Reinach a-t-il été puiser ses termes dé comparaison ?
Mais passons. On argue de la petitesse des images gravées sur le bâton de Teyjat : cela ne prouve rien, car dans l'art quaternaire, comme dans tous les arts primitifs, la disproportion des figures est un fait constant.
Les diablotins ne sont pas des hommes : soit, mais personne n'a jamais prétendu qu'ils le fussent : ce sont, tout comme les personnages d'Altamira et de Hornos de la Peiîa, des « anthropoïdes », et la question est. précisément de savoir ce qu'ils signifient.
Les personnages de Teyjat, ajoute M. Reinach, volent. Il paraît difficile, pour ne pas dire impossible de décider si, dans tel cas donné, un sujet vole, danse ou plane. Ainsi, par exemple, le bâton de Lorthet (lig. 209, p. 374, et 210, p. 37G) représente un défilé de rennes. Entre leurs jambes, on ne sait pourquoi, l'artiste a inséré des poissons : deux de ces animaux semblent campés sur leur queue. Sont-ce des poissons volants ? Il faut tenir compte des conventions artistiques, et surtout de l'indifférence en laquelle les artistes primitifs tiennent les lois de la perspective. Bref, les caractères invoqués par M. Reinach ne sont pas décisifs.
Mais puisque nous sommes entrés dans la voie des concessions, allons jusqu'au bout. Admettons que non seulement les diablotins mais encore les serpenteaux et le petit cheval soient tous des ratapas d'animaux. Mais alors qu'on veuille bien nous dire de qui ou de quoi ils sont les ratapas ? Du grand cheval qui occupe le centre de la figure? Si l'on accepte cette hypothèse, une réflexion surgit spontanément : voilà un nombre bien respectable de ratapas pour une seule bête î Cette abondance est déjà suspecte. On n a jamais vu une jument mettre au monde cinq petits à la fois. Encore, pour être capable d'une telle fécondité, faiidrait-iî que l'animal fût une jument. Or il se trouve, par malheur, que cette jument est un cheval, et un cheval très bien constitué. En outre, d'après l'idée australienne.