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Trilles, Le Totémisme chez les Fân, pp. 423 et

marsupiaux. Les explorateui's plus récents ont largement ajouté à ces premières observations. Leurs ouvrages sont remplis de représentations de danses australiennes masquées.

Les naturels de la Nouvelle-Guinée ont différentes catégories de masques : les uns contiennent des portions osseuses de faces humaines ; les autres représentent des visages humains plus ou moins schématisés. Il y a aussi des masques tressés, de formes 1res diverses, et enfin des masques d'oiseaux, de crocodiles, que l'on peut considérer, dit M. Otto Reche, comme des c accessoires de cotillon *'. »

Fig. 151.— Loup polychrome. Font-de-Gauvie (Dordogne). Kntt^ p. 165.

En somm£, l'usage des mascarades religieuses est universelent répandu parmi les Primitifs actuels. Il ne s'agît plus ici, mme pour les ratapas, d'une coutume observée chez quelques res tribus qui, d'ailleurs, nous l'avons noté, ne connaissent )int les ratapas d|animaux. Il s'agit d'une coutume familière aux sauvages de l'Ancien et du Nouveau-Monde ; aux tribus hyperboréennes comme aux Peaux-Rouges de l'Amérique du Nord et aux Indiens de l'Amérique du Sud ; aux Boschimans (fig. 217-219, n° 3, p. 384) comme aux Bantous ; aux Australiens (li(j. 220-221, p. 389) comme aux Papous. Encore l'énumération est-elle incomplète. On remplirait un volume à décrirela gigantesque mascarade de ces populations de culture inférieure qui, aujourd'hui encore, s'étudient, avec succès, à repro-

47. DOtto Reche. Der Koiaerin Augusla Fluss, Hambourg, 1913. Cf. Anthropologie, t. XXV, p. 208.

duire d'aussi près que possible la ressemblance des animaux.

Et voilà pourquoi, dès que, sur les parois des grottes quaternaires, apparurent les énigmatiques figures anthropo-zoomorphiques, on eut l'idée de comparer ces dernières avec les « mille faits ethnographiques » recueillis parmi les sauvages. Les Paléolithiques, adonnés à la chasse, avaient, eux aussi, exécuté des danses rituelles accompagnées de déguisements et de masques. La comparaison rendait compte de l'aspect insolite des gravures d'Altamira et des autres stations. Il est bien évident en effet, qu'un homme déguisé en bêle, devait offrir ce mélange de caractères humains et de caractères animaux qui, chez les Primitifs actuels, ne nous étonne nullement parce que nous savons le mot de l'énigme. Etant donné, d'une part, la teneur des documents archéologiques et, d'autre part, l'universalité de la base ethnographique, on ne voit pas ce que l'on pourrait objecter à rencontre d'une hypothèse de tout point satisfaisante ■**. Et quand on l'a une fois admise, on s'expHque mieux certaines particularités qui, en retour, renforcent singulièrement la valeur de ce commentaire.

Ainsi, il arrive très fréquemment que les têtes anthropoïdes sont représentées isolément et sans corps. Les grottes des Combarelles, de Marsoulas, de Font-de-Gaume ont livré toute une collection de ces profils, apparemment saugrenus, mais où il serait plus que téméraire de vouloir discerner des caricatures (lig. 222-237, pp. 391 et 393). En réalité, ce sont des masques.

48. Elle rencontre cependant des contradicteurs. On pourra lire, à ce sujet, une discussion très intéressante engagée, il y a quelques années, entre M. W. Deonna et M. l'abbé Breuil (Anthropologie, t. XXV, pp. 107-113, 420-422, 597-598). M. W. Deonna, après avoir rapporté les deux opinions en présence (masques et ratapas)^ préfère voir, dans les représentations anthropoïdes de l'âge du renne, « des humains tout simplement, mal dessinés et mal sculptés », ce qui revient à supprimer les termes mêmes du problème à résoudre. En faveur de son interprétation, il invoque le principe de 1' « indétermination primitive de l'art .». A cette période de l'évolution artistique, on « prête indifféremment aux hommes et aux animaux les mêmes traits » ; et c'est pourquoi certaines têtes de bisons ont parfois « des traits d'hommes ». Si, d'autre part, on tient compte des « formes conventionnelles données à la tête par l'artiste primitif », l'hypothèse des masques n'a plus la portée qu'on lui attribue généralement. Sans donte elle n'est pas -^ invraisemblable : elle peut s'appliquer à quelques rares cas, mais, 'f ajoute M. Deonna, « je crois que l'explication par les nécessités lech- |t

LES FIGURES ANTHROPOÏUflS 311

[ais à la différence des masques d'Altamira el de Hornos de Pena, ils ne sont point placés sur les épaules des danseur-:^.

à la majorité des cas. — M. Breuil, dans sa réponse à l'article que nous venons de résumer, concède que plusieurs dessins de Marsoulas, Combarelles, etc., peuvent s'expliquer par l'inhabilité de l'artiste, el par la routine de dessinateurs habitués à représenter surtout des animaux. Mais il observe que cette hypothèse ne saurait aucunement expliquer i la physionomie des bonshommes d'Altamira et de certains <les Combarelles, encore moins du Danseur à tête d'Ours du Mas d'Azil. M. Brkuii. proteste énergiquement contre la théorie avancée par

I!. Deonna, touchant les animaux à ressemblance humaine : o il n'existe tas, dans l'art quaternaire, de Bisons ou Taureaux androcéphales, ucun Bison, gravé ou peint par un paléolithique, n'a de tête humaine ». linsi donc le principe de l'indétermination primitive de l'art ne saurait endre compte de tout un groupe de figures anthropoïdes, et l'auteur ajoute : « Ce n'est pas l'existence des Masques au Quaternaire supérieur (|ui devrait étonner, mais c'est au contraire que ces peuples aient manqué de manifestations si universellement répandues chez tous ceux du même stade social, et que ceux d'évolution plus avancée ont presque toujours conservées sous quelque forme ».

Ouant à l'hvpothèse des rnlnpns, M. Breuil a eu plusieurs fois l'occasion d'exprimer l'opinion, qu'il professe sur la théorie de M. Rei- NACH. Dans la réponse à M. Deonna (Anthrop. t. XXV, 421), il tient que l'idée « d'êtres spirituels ou imaginaires... n'est pas si difTérente de relie des masques, car, dit-il, de telles conceptions me paraissent être ime conséquence de déguisements et comme la sécrétion d'imaginations nourries de leur spectacle ». En d'autres termes, de même que le déisement des chasseurs en animaux suggère ultérieurement la coutume des danses rituelles et masquées, de même, la coutume de ces danses suggère l'existence refile d'êtres « spirituels » qui sont sans doute devenus les spiril-childten des Australiens. Mais que cette transformation, ou plutôt cette idéalisation des masques se soit produite dès l'âge quaternaire, M. Breuil ne semble pas en être convaincu. Dans un compte rendu de l'ouvrage du Marquis d'AouiLO, déjà cité, il écrit les lignes suivantes : « L'idée des mascarades ne plait pas au marquis, sous le prétexte, contredit par des milliers de faits ethnographiques, que les ma.scarades .se réduisent à l'utilisation des dépouilles d'animaux chassés pour les approcher et les tromper. Je ne puis que renvoyer mon contradicteur aux chapitres du livre d'Altamira consacrés à ce sujet. Les Ratapas de M. Reinach lui plaisent davantage, peut-être par ce que cette hypothèse a de hardi ; ie ne la rejette ni ne l'admets absolument, me contentant de l'enregistrer et de rappeler qu'il est impossible d'indiquer un exemple d'une croyance à un être spirituel à aspect semi-humain, semi-animal, qui n'ait eu comme source d'inspiration des mascarades rituelles dans les mêmes peuplades. — Si donc l'hypothèse ot Ratapas » est plausible, à fortiori doit-on sup-

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Ils représentent, comme le disait M. Otto Rectie, les a accessoires du cotillon ». A Altamira et à Hornos, au contraire, ils sont en place, ils fonctionnent.

Les bras levés des troglodytes qui les portent esquissent-ils un geste de supplication ou d'adoration ? Cela n'est pas sûr, et l'on peut admettre, avec M. Luquet, que le relèvement des membres antérieurs est une simple réminiscence d'artistes qui, habitués à figurer l'animal rattachent les membres aux torses humains comme ils rattachaient les pattes aux corps des animaux ^^. Cette remarque semble justifiée par plusieurs figures anthropomorphes des Combarelles. L'Homme de Hornos, renversé, ressemble assez bien, lui aussi, à un animal aux pattes

Fig. 152. — TÊTE DE Loup. Combarelles (Dordogne). Jbid.^ p. 162.

étendues. Mais que les bonshommes de Hornos et d'Altamira soient ou non des Orantes, il n'en reste pas moins qu'ils sont, tout comme les cynocéphales du bâton de Teyjat, des hommes masqués, des danseurs.

Et si l'on entretenait encore, touchant cette interprétation, quelques doutes, les découvertes les plus récentes suffiraient à les dissiper. m\

Dans la grotte d'Altamira une nouvelle exploration a révélé "^ une figure anthropoïde qui avait échappé jadis à l'attention des

poser l'usage des mascarades dans des peuples à un stade de civilisation où de telles manifestations sont la règle universelle » (An-, throp:, t. XXVIT, p. 589).

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