Tylor, op. cit., II, p
oricim: uu cl 1.1 1: dl^ ammalx
rir les maladies, de transformer les morts, de faire descendre le soleil, elc^.
Et si les animaux guérissent les maladies, ils peuvent tout aussi bien les déchaîner. Ainsi, les Cherokees pensent que les maladies, — en particulier les rhumatismes, — proviennent
ïg. 168-174. — Figurines humaines de l'âge du Renne (suite): 14, IVi/Zendor/' {Basse- Amùche) ; 15, Predmost (Moravie); 16, Mas d'Azil (Ariège) ;■ 18, Gourdan (Haute Garonne) ; 17, 19, 20, Laugerie- Basse (Dordogne). (14 et 15, d'après Reinach, Répertoire^ p. 173 et 187; 16, 18-20, d'après Piette ; 17, d'après Breuil, Anthrop., 2-XVJII, p. 10).
d'une action mystique exercée par les animaux irrités contre les chasseurs, et leurs pratiques médicales témoignent de cette croyance'". Lorsqu'un enfant tombe dangereusement malade,
9. C. LuMHOLTZ, Unknown Mexico, II, pp. 7 et 8. — Cité par Lévy- Rruhl, ut supra, p. 31.
10. James Mooney, The sacred formulas of Cherokees. (Report of the Bureau of Ethnogr. of the Smithsonian Institute, VII, p. 347). Cf. J-hvy-Bruhl, op. cit., pp. 273 et 316.
les Bouriales pensent ique le sommet de sa tête est dévoré par Anokhoi, petite bête qui a la forme d'une taupe ou d'un chaf . <( En Malaisie dans l'Afrique du Sud, le crocodile, ailleurs le tigre, le léopard, l'éléphant, le serpent sont l'objet de croyances et de pratiques analogues, et si nous nous en rapportons aux mythes dçnt les animaux sont les héros, dans les deux mondes, il n'est pas de mammifère, d'oiseau, de poisson, d'insecte même à qui les propriétés mystiques les plus extraordinaires n'aient été attribuées ^^. »
Ainsi les croyances relatives aux pouvoirs des bêtes vont se déployant, s'amplifiant, jusqu'à ce que le règne animal qui, à nos yeux, occupe dans la hiérarchie des êtres une place inférieure, s'égale au règne humain, le dépasse et finalement s'identifie avec la notion du divin. Assurément de telles conceptions supposent au préalable, chez le Primitif, l'idée arrêtée que les bêtes ont des âmes. Mais après ce que l'on vient de rapporter, cet article de la foi des sauvages ne saurait être contesté. Comme le dit excellemment le R. P. Schmidt, « la croyance des peuples non civilisés à l'âme des animaux qui ressemble dans ses traits essentiels à l'âme humaine et lui est parfois supérieure peut être prouvée par une multitude de témoignages authentiques ^^ » Nous venons d'en citer un certain nombre. Il y en a une foule d'autres.
Tout au plus pourrait-on se demander si l'animisme a précédé le culte des animaux, ou si l'adoration vouée aux animaux a été l'origine même de l'animisme. Sous cette forme, la question serait d'ailleurs fort mal posée. L'animisme est un phénomène beaucoup plus universel que le culte des animaux. Il implique l'attribution d'une âme intelligente tout à la fois aux animaux, aux plantes et aux objets bruts. Mais d'autre part^ il semble plus vraisemblable d'admettre que l'animisme est né sous la poussée du sentiment religieux. C'est parce que l'homme se sentait dépendre de la natui'e qui l'entourait qu'il fut conduit à attribuer à tout objet une âme forgée à l'image de la sienne S'il n'eût pas éprouvé ce sentiment de dépendance, il n'eût pro bablement jamais été animiste. Il l'est parce que, l'expérience
11. V. MiKHAiLOWSKi, Shamanisme m Siberin and european Riissia; cité par Lévy-Bruhl, op. cit., p. 60.