Id., Il, pp
tôt aussi, on a conçu une sorte d ame du monde : l'Univers est animé par une divinité toute-puissante, personnelle ou confuse, munie des perfections les plus hautes, ou bien sans forme et planant dans un lointain nébuleux ^
Ame, Esprit, Dieux de la nature, Etre Suprême : tels sont les quatre anneaux de la chaîne animiste.
Ces quatre anneaux, M. Durkheim ^^ les admet, à son tour, mais il les relie d'une manière toute différente. L'origine première de la religion, c'est la société. L'homme réuni à ses semblables se sent investi d'une force supérieure à celle de l'individu. Cette force, dont il ignore la cause réelle, il la nomme, suivant les régions, mana. wakan, orenda, manitowi, etc., et l'évolution religieuse débute non par le culte des dieux personnels, mais par l'adoration d'une énergie « vaguement panthéistique ^\ » Cette énergie est pensée par le sauvage sous l'espèce du totem, qui doit lui servir de trait d'union sensible avec le groupe social.
La notion d'âme n'est nullement issue de l'expérience des rêves et des phénomènes subliminaux. L'âme n'est rien d'autre que le mana dont chaque membre du clan à conscience d'être imprégné :« Elle est la force anonyme qui est à la base du culte, mais incarnée dans un individu dont elle épouse la personnalité : c'est du mana individualisé ^^ »
La notion d'âme conduit également à la notion d'esprit. Mais ni les revenants, ni les âmes désincarnées n'ont plus ici à remplir aucun rôle. Les esprits sont faits d'un mana de qualité supérieure, et leurs fonctions sont avant tout sociales. Ils sont les ancêtres mythiques de la tribu. Ils assurent le recrutement périodique des dans, ils protègent l'être humain dans lequel ils se réincarnent, grâce aux churinga et aux ratapas.
Puis les esprits se hiérarchisent, mais ce n'est point pour les motifs invoqués par M. Tylor : » Il y a... dans chaque société, un certain nombre de rites qu"* sie distinguent par leur homogénéité et leur généralité. Une aussi remarquable concordance ne parut pouvoir s'expliquer que par une unité d'origine. On imagina donc que chaque groupe de rites similaires