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LES RACES QUATERNAIRES

l'intervalle requis pour son évolution vers le type de Néanderllial devient tout à fait insuffisanl. Enfin, pour achever la déchéance du malheureux insulaire de Trinil, on est très porté, aujourd'hui, à le considérer, non comme un sinji^e-homme, mais romnie un énorme gibbon. Quant aux Anthropoïdes, chefs de lout le lignage, point n'est besoin d'observer que jamais leurs traces n'ont été identifiées à travers i'ûge tertiaire.

Fig. 28-32. — Industrie magdalénienne. 6, grattoir ; 7, burin ; 14, pointe ; 15, scie ; 16, double perçoir — N°® 6 et 7 d'après Piette, op. cit., pp. 46 et 48 ; 14, 15, 16 d'après le capitaine BouRLON, Anthropologie, t. XX VII, p. 4. (Echelle réduite pour les n"* 6 et 7).

De la théorie simpliste de Schwalbe, il ne reste rien. Cette défaite n'a point dérouté les évolutionnistes. On a modifié l'arbre généalogique en multipliant ses branches ". On n'admet plus

Anthropologie, t. XX, pp. 373 et siii». Résumé de la discussion : « Pour VoLZ et Martin, le erisemeiTt du Pithécanthrope est du quaternaire moyen. Pour Elbert, il est du quaternaire inférieur. Dubois maintient qu'il est du pliocène supérieur ». — Même aulcur : L'expédition de M"* Selenka à la recherche des restes du Pilhécanlhropus, même Revue, t. XXII, p. 551. M. Blanckenhorn, collaborateur de M"" Se- I enka, assigne les débris du Pithécanthrope à « l'époque de transition du tertiaire au quaternaire », ou « au milieu de la ^grande période pliocène-quaternaire inférieure » ou à la a période pluviale du début du quaternaire ». La date la plus récente correspondrait au glaciaire mindélien.

72. Voir, par exemple, les conclusions que M. Boule donne à sa magistrale étude sur l'Homme de la Chapelle-aux-Saints, conclusions résumées en ces termes par M. Cartailhac 'Anthropologie, t. XXIV, 256 et suiv.) : M. Boule « nous entraîne bien loin de la conception classique et simpliste qui, d'une forme anthropoïde plus ou moins

L HABITAT ET LES RACES

que le Pithécanthrope de Java soit lancétre direct de l'Homme de Spy. On pense que tous deux dérivent parallèlement d'une même souche, dont le prototype sera sans doute un jour découvert. C'est nous remettre simplement en l'ace du postulat de l'évolution. Or, la vérité de ce postulat n'a pas encore été démontrée ".

Contentons-nous donc d'enregistrer les résultats solides que notre troisième incursion dans le domaine de la Préhistoire nous a rapportés. A ces époques reculées, il y avait en Europe trois races principales : celle de Néanderthal, caractérisée par

évoluée conduisait direclement la lignée humaine jusqu'à H. Sapiens par les étapes successives du PithécanthropeJ et de l'Homme du Néanderthal. Pour lui, au contraire, la souche originelle du genre Homo a donné naissance à des rameaux divergents dont la plupart se sont desséchés à des époques antérieures à la nôtre et dont un seul a enfin donné naissance à l'humanité actuelle. Cette souche originelle plonge ses racines dans un passé beaucoup plus ancien qu'on ne le supposait jusqu'ici, et ne se raccorde vraisemblablement à la souche d'où sont sortis les Anthropoïdes et le Pithécanthrope (ju'à une époque très reculée, probablement au tronc commun d'où sont issus tous les singes. Ainsi, l'évolution paléontologique humaine se rapproche de révolution d'un griand nombre d'autres mammifères, Chevaux, Eléphants, Ours, etc. ».

73. Ce serait peut-être le lieu d'introduire une remarque de M. A. BouYSsoNNiE, (Revue du Clergé fronçais, P"" avril 1913). Après avoir rappelé la grande différenciation que présentent les vieilles races quaternaires, M. A. BouYssoNNiE, ajoute: « Cette différenciatiî>n profonde prouve la grande plasticité de l'humanité primitive, à moins que l'on ne renonce à l'unité de l'espèce humaine, ce qui a des conséquences graves au point de vue de la foi. Pour éviter ces conséquences, il faut admettre le principe même de l'évolutionnisme : les êtres vivants, aujourd'hui fixés, étaient primitivement d'une plasticité très grande et à laquelle on ne peut assigner aucune limite précise ». Que le principe évolutionniste de la plasticité des êtres vivants puisse être invoqué dans le cas présent, rien n'empêche d'en convenir. Mais il sera bon d'ajouter que, pour l'évolutionnisme, le principe de plasticité conclut non seulement à la différenciation des races, mais à la différenciation des espèces. Et la question reste entière de savoir si l'homme, spécifiquement différencié par ses facultés supérieures et spirituelles, se rattache, par voie d'évolution, à la série des mammifères de l'âge tertiaire. Le vrai problème est là. D'où vient Vhomo sapiens? Sa descendance est-elle loialement animale" A c^ point de vue, la réponse de la foi ne saurait être douteuse et trouver pleine satisfaction, — M. A. BouYssoNNiE en est d'accord —, dans la loi de plasticité même poussée aux extrêmes limites de ses applications.

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