‹ Les religions de la préhistoire, l'age paleolithiqueChapitre 162 sur 194 · ScHMiDT. Origine..., pp · texte numérisé non relu

ScHMiDT. Origine..., pp

.35. Id., ibid., p. 70.

Fig. 207. — Le BATON DE Teyjat (Doidogne). (i), développement du bâton en surface plane ; (2), le cheval au galop, suivi d'un petit cheval dépourvu de pattes de derrière ; (3), les < diablotins » ; (4), la tête de biche avec les « serpenteaux». D'après S. Reinach, Répertoire...^ pp. 18, 19 et 20.

MONOTHEISME ET ETHNOGRAPHIE 309

délaissement progressif. Un Dieu nouvellement inventé ne serait pas ainsi relégué à l'arrière-plan des préoccupations religieuses. Si on le néglige, c'est parce que peu à peu, on s'est éloigné de Lui. Et dès lors on doit penser que l'idée de Dieu, même au sein de ces tribus dont l'antiquité se perd dans la nuit des ûges, est une idée déjà ancienne, démonétisée, si l'on peut dire, par l'usure des siècles.

L'ensemble de ces preuves porte un coup très grave à l'évolutionnisme. Dieu n'est pas au terme, mais au commencement de l'évolution religieuse. Toutefois un doute subsiste. Qui sait si, à ces stades inférieurs de la civilisation où on l'a retrouvée, l'idée de Dieu n'est pas le produit des causes invoquées par l'animisme ou par le sociologisme ? A première vue, cela paraît impossible. Où serait le temps nécessaire pour que la notion d'âme ou de mana se transforme en monothéisme, en passant par les esprits, les ancêtres, les chefs et les dieux tribaux ? Mais prenons acte de l'objection.

Donnons même un regard à l'irrecevable hypothèse de Tylor qui voit dans l'idée de Dieu une importation européenne ^^. Cett« idée, les Virginiens ne l'ont certainement pas empruntée aux Jésuites puisqu'ils l'avaient déjà avant l'arrivée des missionnaires dans le Nouveau-Monde ". Les Australiens ne l'ont point davantage apprise des missionnaires, pour une raison semblable et aussi pour une autre : en Australie, l'Etre suprême ne doit être révélé ni aux enfants, ni aux femmes, ni aux étrangers. Si donc les missionnaires avaient enseigné l'idée de Dieu aux indigènes, ceux-ci n'auraient pas pris la précaution de cacher leur secret. Car les enfants et les femmes auraient été aussi instruits que les hommes. Or il n'en est rien. Pendant longtemps, le secret a été bien gardé. Mais venons à l'examen des objections ".

On dit que le concept d'être suprême est la transposition de l'idée de chef : mais le chef a son conseil de vieillards et le dieu australien n'en a pas. Le chef terrestre perd son pouvoir quand il retourne dans l'au-delà, et Dieu, qui habite l'au-

36. Tylob, TAmiis of savage Religion, Journal of Anthrop. Instilute, vol. XXI, 1892. — Exposé et réfutation par Schmidt, Origine..., pp. 142 et .tuiv.

.37. Schmidt, ibid., p. 143-144.

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