‹ Les religions de la préhistoire, l'age paleolithiqueChapitre 165 sur 194 · Schmidt-Lemonnyer, La Révélation..., p · texte numérisé non relu

Schmidt-Lemonnyer, La Révélation..., p

MONOTHEISME ET \RCHEOLOGlE S ,o

distant aussi *^. » A l'appui de cette assertion, il serait loisible d'invoquer plusieurs exemples empruntés à l'ethnographie. Ainsi, chez les Hottentols, on voit les propriétés de l'Rtre suprême passer aux <( bienfaiteurs » et aux ancêtres. Il en va de même pour les Algonquins ; chez eux la fusion de l'Etre suprême avec les héros légendaires est assez avancée. Le dieu australien, Daramulun, présente le même caractère composite, non pas à l'origine, mais lorsque, par suite de fusions ethniques, il fut devenu pour la tribu des Kamilarois, le sim[)l<' filde Baiamé*^

Enfin la magie, soit qu'elle ait été, dès le principe, essentiellement anti-religieuse, soit qu'elle soit issue de la Religion, contribue à corrompre l'idée de Dieu. Dans le j)remier cas, elle est une tentative avérée « de se procurer accès, même contre In volonté de Dieu, jusqu'aux forces secrètes de la nature''^ » Dans le second cas, a il suffisait (jue les paroles et les actes religieux, spécialement les formules de prières et de rites se trouvassent peu à peu vidés de leur contenu et coupés de leur vivante relation à l'Etre suprême, et que linalement les pures formules malériellcs ou les simples rites extérieurs ])réfondis^ent opérer par eux-mêmes l'effet désiré '". »

Cet ensemble de déviations est présenté, par Andrew Lang, dans une page pittoresque et de vive allure : " Un créateur moral, qui n'a pas besoin de dons, est insensible au plaisir comme à la douleur ; il n'aidera aucun homme livré aux enchantements magiques, ou qui dans sa méchanceté veut produire des maladies par la magie. Tl ne favorisera aucun homme plus que son prochain, ni une tribu plus que ses ennemis, en récompense d'un sacri fue qu'il n'agrée pas, ou parce qu'il serait forcé par un enchantement qui ne peut avoir orise sur sa toufe-puissance. Des esprits, au contraire, et des dieux-esprits qui ont besoin de nourriture et de sang, qui craignent le pouvoir magique, sont une société corrompue, mais utile h l'homme. Elu égard à la nature humaine, il était sûr d'avance que l'on courrait à ces esprits pratiques et utiles, à ces dieux-esprits qu'on pouvait mettre dans sa besace ou dans sa poche à médecine. 11 était sûr

Page 1