L.V MO IULE
précédé la slabilisalion de la famille autour du principe monogamique. On doit reconnaître aujourd'hui que les peuplades les plus primitives pratiquent presque toutes la monogamie. Andamanais, Semangs de Malacca, Xégrilles d'Afrique, Veddas de Ceylan, Toalas de Cclèbes, sont venus déposer que la priorité chronologique nappartenail pas au mariage par groupes, mais lu mariage par couples 'V
Avec la même assurance on prétendait que les sauvages étaient fort étrangers aux sentiments d'humanité et de justice. Il n'en est rien. En Australie, la maman Euahlayi berce son petit au rythme d'iine mélopée dont voici la traduction. l*our inspirer à l'enfant une libéralité généreuse elle lui chante : n Donne-moi, baby ; donne à elle, baby ; donne à lui, haby ; donne à n'importe qui, baby ; donne à tous, baby ». Pour le remplir de bonté et d'honnêteté, elle chante : « Sois bon, ne vole pas, ne touche pas ce qui appartient à d'autres, laisse toute chose à sa place, sois bon ". »
La morale des Kurnaïs n'est pas moins élevée. Outre les préceptes relatifs au mariage, elle enjoint l'obéissance aux anciens de la tribu et le partage des biens avec les amis. Et ces commandements ne sont pas lettre morte. Miss Parkei*, IIov^ itl et Brough- Smith le démontrent par de nombreux exemples. Même quand il est marié, le jeune australien doit transmettre la meilleure part des produits de sa chasse à ses parents et aux parents de sa femme. « Si, rapporte Howilt, chez les Wurrunjeris un homme devient si vieux qu'il ne peut plus marcher, son fils ou le frère de sa femme ou le mari de sa fille le portent de <ampement en campement... J'ai connu plusieurs cas de ce genre, y < oinpris plusieurs cas chez les Kurnaïs, où des maris transporiyient leurs femmes quand celles-ci étaient trop âgées ou trop malades pour pouvoir marcher. Chez les Iribus des environs de Marj'borough dans le Oueensland, les gens étaient très bons onvers des parents vieux ou malades et ils les portaient sur des brancards. Dans la tribu des Daleburas, une femme qui était estropiée depuis sa naissance fut portée à tour de rôle par les membres de sa tribu et ceci se fit jusqu'à sa mort, quand elle était Agée de plus de soixante ans. Une fois, plusieurs d'entre eux se précipitèrent dans une rivière grossie pour sauver une