II. MoMu: l'Ai loin iiiyLE
la (lilïicullé de vérifier l'âge des formai ions géolofjfiqiies suj)erficielles de l'Afrique du Sud ne donnenl pas à celte Irouvaille une valeur décisive. L'exhumation d"un homme fossile à Boskop (Transvaal), n'est guère plus probante^'. Ces débris sont liés vieux. Il n'est pas possible de les dater avec précision.
De r Afiicpie, i)assons à l'Asie. Sur les bords orienlaux du uiand lac médileiTanéen, en Palestine, en Phénicic, dans la Syrie du nord, les pierres taillées abondent *'. Ici le terrain tst plus ferme. Nous connaissons, dans leur ensemble, les phénomènes gé«>logi(jues qui ont façonné le relief du sol. Depuis l(> pliocène, trois périodes pluvio-glaciaires semblent s'être succédé, corrélatives aux principales oscillations du bass.in atlantique. Tout d'abord, les plaines actuelles de la Chéphélah et de Saron ont été immergées. Puis, la dépression au fond (le laquelle le Jourdain coule aujourd'hui, s'est creusée, atteignant une profondeur de 300 mètn^s. Une seconde invasion des eaux a remonté, d'une centaine de mètres, le niveau de cette mer intérieure, ravinant la chaîne occidentale, déposant une haute terrasse formée des débris arrachés au plat(viu. Une
12. Sur l'homme fossile de Bo.skop, cf. Anthropologie, t. XXV, |). 595, t. XXVI, p. 492 ; t. XXVIII, pp. 189-190. D'après M. Péringuey (résumé par M. Boule), « la haute antiquité de cette pièce ne saurait être douteuse sans qu'il soit possible de préciser à quel degré. Il est extrêmement difficile d'établir des relations géolopfiques entre les dépôts superficiels de l'Afrique du Sud et ceux de l'Europe. Si l'on admet que Boskop et Cro-Magnon sont contemporains, chacun d'eux représent*' une évolution dans une direclif»n difTérenle ef le crâne de Boskop est déjà nettement un ancêtre de l'Homme africain. Si l'on croit qu'ils ne sont pas contemporains, les deux types se ressemblent assez pour qu'on puisse admettre entre eux des relations directes, l'émigration ayant pu se faire soit d'Europe en .\frique *\\\ Sud, soit «l'Afrique en Europe ».
13. Sur le paléolithique palestinien, on consultera, îiu double point de vue géologrique et archéologique, l'excellente étude du P. Vincent,
0. P. daius Canaan d'après Vexploration récente, ch. vi, pp. 361 et suiv. Depuis la publication de cet ouvrage qui résume les travaux intérieurs (principalement ceux du R. P. (iERMKR;-Di'RAND. l'un des plus infatigables explorateurs du préhistorique en Palestine), plusieurs articles ont paru sur la même matière, notamment : Fr. Neo- PHYTUS et P. Pallary, La Phénicie préhistorique. Anthropologie,
1. XXV, pp. I et ituiv. ; — C. Pearody, Noten on prehistoric Palestine and Syria, American Anthropologist, vol. XVll, n° 4, 1915): — Fr. Neo- PHYTus, La Préhistoire en Syrie-Palestine, Anthropologie, t. XXVIII, pp. 313 et suif.
phase sèche survient, caractérisée par la recrudescence de l'activité des volcans et des sources thermales. Une dernière période de pluies diluviennes provoque un abaissement général de la température. C'est alors que les terrains dominant la vallée dii Jourdain, et la vallée elle-même, revêtent leur aspect définitif, tandis que les côtes méditerranéennes achèvent leurs contours. L'effondrement du sol, dans le bassin méridional de la mer Morte (Pentapole), se rattache à cet épisode ultime de l'histoire , géologique palestinienne. D'autre part la faune ancienne, reconnue jusqu'à présent, se rapproche beaucoup de la faune quaternaire d'Europe. Il y a cependant des différences.
Fig. 238. — La dansk du bison, chez les Mandans (Amérique du Nord), d'après Cattlin. Les chasseurs, déguisés en bisons, imitent les gestes de lanimal et sont visés par un indien, armé de son arc. (Cf. Altamifa, pi. XXXII.)
L'Hyène manque, l'Eléphant, le Renne et l'Elan n'ont jamais été retrouvés. En revanche on a identifié les restes fossiles du Lion des cavernes, du Bubalus, de l'Hippopotame, du Rhinocéros à narines cloisonnées, du Bison, du Cerf élaphe, du Bouquetin, d'équidés et de bovidés. Il semble donc que le cadre soit suffisamment défini pour permettre le classement des pièces archéologiques.
Malheureusement, ici comme en Afrique, les gisements sont presque toujours en surface et ne fournissent pas les indications fauniques nécessaires. Il existe néanmoins quelques stations à ossements : grottes de Jaitta, d'Antélias, du Nahr Ibrahim, brèches en plein air du Nahr-el-Kelb et d'Adloun. Partout ailleurs, il faut se contenter de comparer les formes syriennes avec les formes européennes. Comparaison instructive {jig. 241-