‹ Les religions de la préhistoire, l'age paleolithiqueChapitre 26 sur 194 · Cf. Anthropologie, t. XIX, p · texte numérisé non relu

Cf. Anthropologie, t. XIX, p

13. Cette conclusion est généralement admise*, même par les préhistoriens qui se rallient à l'hypothèse des « éolithes ».

14. La discussion ardente, engagée autour des éolithes, continue, celle, non moins passionnée, dont les silex soi-disant « tertiaires » de Puy- Courny, de Thcnay et d'Otta furent jadis l'objet. Ce sont principalement les publications do M. Rutot, conservateur du musée de Bruxelles, qui l'ont ranimée. A la suite de découvertes faites dans le« alluvions de la vallée de la Lys (Reulel), de la Dendre (MafHes) et dans les tranchées de Mesvin, M. Rutot crut avoir identifié une industrie beaucoup plus vieille que le chelléen et qu'il baptisa du nom d'éolithique avec trois phases successives : renfélien, mafflien et mesinnien. A vrai dire la date de cetle industrie n'était pas extraordinairement reculée, puisqu'elle était reportée à la base du Quaternaire. Mais, et ceci est beaucoup plus grave, les critères dont M. Rutot s'était servi pour reconnaîlre les silex on cause étaient de telle nature que si l'éolithique belge obtenait droit de cité dans la classification irchéologique, on devrait admettre également raulhenticité d'une foule de documents similiaires. Or. ce n'est pas uniquement au début riu quaternaire que l'on se flatte

n'a eu pour s'exercer plus libre carrière. Les éolithes étant, par définition, des pierres qui ne sont pas taillées d'après un modèle uniforme, il sera toujours loisible d'en trouver partout, principalement là où la nature en forme par milliers. Si l'existence de l'homme tertiaire doit im jour être prouvée, il ne sem-

Fig. 50. — Art sur objets manuels. Renne au galop gravé sur un fragment de schiste. Saint-Marcel, Indre. Gravure simple.

ble pas que ce soient les éolithes qui fourniront les bases de la démonstration.

d'avoir rencontré des éolithes, mais encore au pliocène supérieur (Saint- Prest et Forest-bed de Cromer), au pliocène moyen (Plateau de Kent), au miocène supérieur (Puy-Courny et Otta), à l'oligocène supérieur (Thenay), à Toligocène moyen (Boncelles), et jusqu'à l'éocène moyen (Duan). Si bien qu'avec les silex pour lesquels M. Rutot demandait l'estampille de la science, l'antiquité de l'homme se trouvait ramenée au commencement de l'Age tertiaire ! M. Obermaier (Das yeologische Aller des Menschengeschlechfs, dans Mitteilungen der geologischen Gcsells\chaft ; Vienne, 1908) a fait bonne justice de ces prétentions. De deux choses l'une: ou les éolithes sont attribuables à rhomme ou à un prccuvseuv de l'homme. Si on les attribue à l'homme, on s'inscrit en faux contre les résultats les plus certains de la péléontologie, qui, jusqu'à présent, ne connaît pas d'homme tertiaire. Si on les attribue à un précurseur on se heurte au principe même de la doctrine évolutionniste : si en eft'e:, à partir de l'âge tertiaire, l'être qui, un jour, devait être l'homme, a constammenî évolué, son industrie a dû évoluer avec lui : or, observe judicieusement Obermaier, à tous les étages géologiques, les éolithes restent semblables à eux-mêmes. Il y a là déjà au moins une présomption contre l'authenticité du matériel éolithique. VA l'on e.^t encouragé à serrer de plus près encore les termes du problème.

On sait ee qu'il faut entendre par éolithes : ce ne sont nullement des pierres taillées intentionnellement. Ce sont des « rognons » ou des

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