‹ Les religions de la préhistoire, l'age paleolithiqueChapitre 33 sur 194 · Cf. Anthropologie, t. XXIIL p. 547 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. Anthropologie, t. XXIIL p. 547 et suiv

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matiquc, il reste que l'homme quaternaire n'avait point d'animaux domestiques.

Et de pluï-, il était nomade. On ne veut pas diie, par la, que les peuplades de chasseurs paléolilliiques n'avaient aucun point d'attache, aucune base d'action stable. Une semblable hypothèse serait démentie par ces iimombrables stations où, durant des siècles et dos siècles, l'homme est revenu avec une pei-sévérance inlassable, allumant de nouveaux foyers sur les cendres des foyers éteints. Il existait des endroits privilégiés où l'on ne se lassait point de fréquenter, parce qu'ils constituaient précisément des positions stratégiques au milieu des territoires les plus giboyeux, et qu'ils remplissaient par ailleurs, avec leurs grottes spacieuses, leurs rochers en surplomb et leurs cours d'eaux, loutes les conditions propices au séjour des chasseurs. Ainsi les vallées de la Vézère et de la Beune ont été habitées de temps immémorial : les galeries souterraines y sont nombreuses et le pays se prête admirablement aux battues et aux embuscades^*. De même la grotte de Niaux est située à proximité de la grande plaine et à l'orée du chemin naturel, creusé par l'Ariège, qui met la France en communication facile avec l'Espagne ^^.

Mais cette préférence marcfuée pour certains lieux, choisis avec beaucoup de sens pratique, n'empêche pas que les paléolithiques aient été de grands voyageurs. L'un des exemples les plus suggestifs, à cet égard, est la grotte du Prince, à Grimaldi. On peut suivre, à travers tout le moustérien supérieur, les allées et venues des troglodytes, grâce aux minces couches de foyers séparées par de minces niveaux stériles (lig. 81, p. l^iT). Après un séjour plus ou moins prolongé, la tribu repartait, puis i-evenait, à moins que ce ne fût une autre, et cela à plus de vingt reprises. Ce va-et-vient n'était pas sans inconvénient. Il arriva (|u'enlre deux randonnées, un bloc énorme s'effondra de la voûte, <;t la caverne fut à demi obstruée. Les troglodytes tirèrent parti de l'incident. Ils décidèrent de s'installer dans les parties profondes, protégées par le roc effondré. Mais lorsque, au retour d'un long voyage, ils eurent escaladé le remblai, ils s'aperçurent que la place était prise. Deux ours avaient imité la belette de la fable.

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