‹ Les religions de la préhistoire, l'age paleolithiqueChapitre 55 sur 194 · I.l. l'UOHI.lMi. l)i:> OIUV.INLS l)i. LA Hl.l.U.iOX 1 'l · texte numérisé non relu

I.l. l'UOHI.lMi. l)i:> OIUV.INLS l)i. LA Hl.l.U.iOX 1 'l

iages sculptées, gravées ou peiules a dû ôlre le point de départ une corlMino Iransformalion de la vie religieuse. Mais ee sont là (les iiypothèses, puis(pie, répélons-le, notre ignorance est lolale. Nous glissons sur une surface lisse. Les saillies manquent (»ù nous prendre.

On ohjeelera pciil-rlic : mais ;ilors, cpn sail >i les hommes de (liclles (M de Saint-ArheuJ n'élaienl pas roniplèlemenl dépouivus d'idci- irligieuses ? .\ (pioi l'on réplicpiera : avec quels arguments |»rouvera-t-on (piiis nen avaieni pas? Aussi loin que nous remontions à travers les siècles, aussi loin que s'étende notre (onnaissance des peuples primitifs, partout et toujours nous retrouvons la Religion. L'universalité du phénomène n'est pas à dédaigner. Pourquoi les hommes de Chelles et de Saint- \chenl auiaienl-ils été les seids à faire exception? Au sui-[)lus, de ces périodes prodigieusement reculées, mille témoignages de l'aclivité humaine ont certainement disparu. L'outillage en silex ne représente qu'un fi-agmeid de cette activité. 11 a survécu parce (ju'il était phrs résistant. VA parce que — tout invite à le croire la sculpture et le dessin n'étaient pas encore inventés en ce lemps-là, s'en suit-il (jue le sentiment et le hesoin religieux n'aient pas eu, pour se traduire, d'autres signes, plus immatériels, et que nous ne connaîtrons jamais? "^

SI. On nous permettra, à ce !«u,jet, de citer ici, en l'abrégeant, une belle page de M. Cartailhac. Elle montre combien d serait téméraire de jiisrer Tétait d'une civilisation di>^parue pai* les vcistiofes d'industrie lithique (ju'elle nous a légués. M.Cartailhac rappelle qn<; rellmcgiaphe Tylor avait c«)mparé naguère les fasmaniens avec les hommes do l'âge paléolithique. Pour(]uoi ? Les Tasmaniens « avaient laissé dans des tnonticules de coquillages, interminables amas de débris de cuisine, quantité de pierres siniplenK'nt fadlées, d'aspect analogue à celles des rhass<Hirs de Rennes et de Mamn-ouths t. Cet outillage était « très -fiiivage, le plus sauvage connu ». Donc, pensait-on. on avait là « quelque survivance de nos civilisations paléolithiques >. « Or il se trouve que cet outillage jugé des plus inférieurs, l'enfance de l'art, apparfenail à des hommes doués d'u,ne intelligence remarquable, d'une grande douceur, de sentiments élevés ». Ils avaient « leurs terrains de chasse... rigoureusement délimités. Ils. avaient des chefs. Los règles observées pour le choi.x des épouses étaient compliquées, l'adultère était pimi. Les vieilles femmes étaient les arbitres respectés de la paix et de la guerre. Dans l'ouesl. où le climat f'st rigoureux, ils \ivaient dans des huiles solides, charpentées en branchages et recouvertes de gazon, souvent grandes. » Les Tasmaniens étaient chas- -f-urs et pécheurs très hatules, pourvus d'un excellent outillage tic zn-

Mais ces réflexions nous entraînent hors du sujet. Nous voulons savoir si, par la Préhistoire, nous atteignons l'origine, le point de départ de la Rehgion. La réponse est catégorique. Non, nous ne l'atteignons pas, car pour l'atteindre, il faudrait que l'Archéologie eût remis sous nos yeux des documents contemporains de la première famille humaine qui ait paru sur la terre. Or ces documents, elle ne les possède pas. Et ceux qu'elle a recueillis sont aussi éloignés des origines, que l'époque actuelle l'est du temps des Pyramides, de Naram-Sin ou de Gudea.

Il va de soi que l'alliance de l'Archéologie avec l'Ethnographie ne saurait davantage élargir nos horizons. Chacune de ces

Fig. 79-80. — Chasseurs armés de leur arc et paraissant accompagnés d'un chien. Fresque d'A/pera (Espagne orientale). (D'après Breuil, Anthropologie^ t. XXIII, p. 548).

deux sciences s'arrête au seuil du mystère et décline l'honneur de l'expliquer. Deux incertitudes, ajoutées l'une à l'autre, ne peuvent donner que l'incertitude, et une incertitude d'autant plus complète qu'elle est répétée deux fois.

Aussi bien, nous l'avons vu, l'Ethnographie appliquée à la Préhistoire, à moins de sortir de son rôle, n'est qu'une auxi-

gaies, de waddys, de filets, de lignes. « On a remarqué des dessins d'animaux bien rendus dans leurs liabitations. On les a entendus chanter, on les a vus danser. Les morts étaient l'objet de soins spéciaux qui variaient selon les tribus... Inutile d'ajouter que les Tasmaniens avaient leurs croyances surnaturelles et leurs superstitions ».

« Regardez maintenant ce qui reste d'eux, quelques poignées de pierres plus grossières que celles de la grotte du Prince et de la grotte du Moustier. A''oi»zo//s-/îous ^a^ raison de penser que ce reliquat ne donne aucune idée de la civilisation contemporaine ? » Cf. Grottes de Grirnaldi, t. Il, fasc, 11, p. 245-246. Monaco, 1912.

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