M. CouM in Bull, de Paleoethnologia ital. t. XIX, p
Fig. 87. — Objet (face et revers), considéré par PlETTE comme un outil à tisser. (Pietjk, op.
«7., pi. XX 11).
licularités du sol eiivironnaiil, suggérer une présoiiiptioii favorable à la sépulture. Ils ne créent pas uue cerlilude absolue. 11 reste à savoir si l'homme qui dort là son dernier sommeil n'est pas tombé, armé de pied en cap, victime d'un accident par exemple, et si nous ne l'avons pas retrouvé dans l'attitude suprême, paisible ou convulsée, où la mort le surprit. Si, au contraire, à dix, à vingt reprises difiérentes, on voit l'éapparaître le même dispositif essentiel, les mêmes gestes, un mobilier funéraire analogue, le scepticisme n'est plus de mise. Et cela est si vrai qu'à Grimaldi, nous le disions tout-à-l'heure, nul n'a jamais douté que l'on fût en présence de véritables sépultures.
Or, en 1883, les squelettes de Grimaldi mis à part, les documents de ce genre étaient plutôt clairsemés. En 1823, Buckland avait bien retiré, d'une caverne percée dans les falaises du nord de l'Angleterre, un squelelle de femme qui eût pu donner à réfléchir aux préhisloriens si, en 1823, la Préhistoire avait existé. « La dame rouge de Paviland » passa, fort endommagée, au musée d'Oxford et personne, jusqu'à une date récente, ne songea à lui porter le moindre intérêt".
En 1850, le fameux squelette de Néanderthal voyait le jour. Mais, au dire de M. II. Obermaier qui a soigneusement compulsé les sources, (( aucun homme compétent n'a vu le squelette humain in situ... On ne sait pas et on n'a jamais su si l'on avait affaire à un squelette complet ou non, combien d'os et lesquels s'y trouvaient primitivement, et comment ils étaient assemblés, soit dans un ordre anatomique, soit au hasard^" ».
Le cas des squelettes de Cro-Magnon (1868) aurait pu être plus suggestif. Sous un abri rouvert par la pioche des terrassiers du chemin de fer, cinq cadavres avaient jadis été glissés. Il y avait un vieillard, deux hommes adultes, et une femme blessée au front et morte enceinte, car le fœtus gisait parmi les ossements. Et l'on avait de sérieuses raisons pour songer à un enseveliïîsement. Mais les cinq morts n'avaient pas été enterrés. Ils avaient été simplement déposés au faîte des niveaux sous-jacents. Cette particularité fâcheuse n'autorisait pas à leur assigner une date certaine".
9. Cf. Grotles de Grimaldi, op. cil., t. II, fasc. u, pp. 304-306: Anthropologie, t. XXVI, p. 33.