AUTHENTICITÉ DES SÉPULTURES QUATERNAIRES
kne de Saiiit-Morè (Yonne, 1895) ^", dont la date est incertaine,
l'homme de la Quina (Charente, 1911) qui ne paraît pas avoir inhumé ^". Nous parlerons plus loin des crânes d'Ofnet (Bavière, 1907).
Ajoutons que plusieurs découvertes antérieures ont bénéficié de la lumière acquise grâce à ce nombre respectable de faits nouveaux. Actuellement il est admis que les squelettes de Cro-Magnon, l'homme écrasé de L.augerie-Basse et l'homme de Duruthy représentent des sépultures qualernaâres authentiques ^\
Et maintenant, il nous faut décrire les' indices qui ont permis de discerner les sépultures proprement dites des cas de simple enfouissement. Elucider ce point capital sera déjà nous initier aux rites qui prés.idaient à l'ensevelissement des morts paléolithiques.
L'un des signes les plus obvies est l'existence d'une fosse artificielle. On ne se donne pas la peine de creuser une fosse pour un cadavre jeté à la voirie. Or nous avons au moins trois cas certains en faveur de cette coutume. Le premier est celui de l'homme de la Chapelle-aux:-Saints {fig. 106, p. 206). Le
29. Abbé Parât. La grotte des Hommes à Sainl-Moré. Bulletin >\e la Société des sciences histor. et naiur. de l'Yonne, 2« semestre, 1895. Ce crâne qui, d'après les circonstances du gisement, aurait appartenu à une sépulture, pourrait être daté de la fin des temps paléolithiques.
30. C'est l'opinion du d' Martin, auteur de la découverte : « Le squelette, enfoui dans le sable argileux ;\ 0 m 80 de profondeur, n'était entouré d'aucune sépulture et ne paraissait pas avoir été inhumé : .sa situation et sa position semblaient plutôt indiquer soit un cadavre jeté à la rivière du haut de la falaise et resté en place, soit un cadavre charrié par le courant, puis échoué ». (Communicalion à V Académie des Sciences, le 16 octobre 19111
31. J'ai cité plus haut (cf. p. 155, noie 14) le premier rapport publié en 1872 sur l'homme de Laugerie-Basse. Voici ce que M. Cartailhac écrit en 1906, à propos de cette même découverte : « invité à contrôler l'exhumation du corps, je pus noter qu'il était couché sur sa gauche, ramassé sur lui-même, les bras à la tête, et les jambes fléchies au maximum ; ainsi sont maintes momies américaines. 11 portait à divers endroits, de la tête aux pieds, des paires de coqtiilles, des Cyprées percées d'une petite fente pour être suspendues. La date de cet individu ne fut douteuse pour personne, mais comme il était au contact de blocs éboulés on ne voulut pas admettre une sépulture. On annonça un chasseur de Rennes écrasé et longtemps ce fau.x bniit fut seul entendu » (Grotles de Grimaldi, op. cit., t. II, fasc. ii, p. 307).
LKS SEPULTLKES
squelette était couché au fond d'une excavation rectangulaire, large d'un mètre, longue de 1 '" 45 et profonde de 0 " 30. Les troglodytes avaient eu beaucoup de peine à la creuser, car le sol marneux est ici très difficile à entamer ^^ Ainsi donc, cette race
Fig. 91. — L'ours dressé de Font-de-Gaume. Phase des dessins linéaires rouges. (D'après Breuil, Font-de-Gaumc, p. 123).
de Néanderthal, qu'on nous représente si proche de la bestialité, se donnait le mal de gratter, avec ses pauvres instruments de silex, le dur plancher d'une caverne, pour que ses morts reposassent en paix. A la Ferrassie, au-dessus des deux squelettes d'enfants, une fosse fut également creusée en plein sol acheu-