‹ Les religions de la préhistoire, l'age paleolithiqueChapitre 91 sur 194 · LE TÉMOIGNAGE DE LARCHÉOLOGIE · texte numérisé non relu

LE TÉMOIGNAGE DE LARCHÉOLOGIE

extérieur. Or les profanes, ici, ne pouvaient être que les propres membres de la tribu ^^.

Ces excursions sont relativement aisées. Mais voici que les difficultés vont surgir. A la Solarriza, la grotte forme un long boyau à peu près rectiligne dig. 128, p. 251). Le plafond demeure sensiblement horizontal. Mais le sol fuit littéralement sous les pieds, par un talus de pierrailles mobiles à pente voisine de Aô degrés, qui vous mène à 30 m. plus bas sur une pente moins oblique mais extrêmement glissante de convexités argiloslalagmitiques. Bientôt le sol devient un peu plus aplani, mais on est arrêté par une fondrière de 1 ""TO de profondeur sur 3 m. de long. Les parois sont à pic. On ne peut facilement les franchir sans aide. Au delà, la voie est libre, mais le plancher reste glissant. Or jusqu'au dernier mètre de cet étrange souterrain, pas une figure n'est apparue. Seulement, lorsqu'on est sur le point de buter contre la paroi terminale, tout à coup, sur la gauche, à la hauteur des yeux un petit cheval se détache en tracé linéaire. Ainsi, pour venir le peindre, l'artiste a dû dévaler la pente instable des cailloux, se tenir en équihbre sur le plancher glissant des stalagmites, franchir la fondrière. Et comme s'il n'eût pas été rassuré d'avoir amoncelé derrière lui tant d'obstacles, il est allé, aussi loin que possible, inscrire sur un pan de rocher, ce modeste dessin que nous retrouvons intact après des milliers d'années. Qu'est-ce donc que l'art décoratif peut avoir de commun avec cet appétit de clandestinité ? Ou tplutôt à quelle manipulation secrète l'homme est-il venu se [livrer au fond de ce terrier inhabitable ^^?

A Salitré Ijig. 129, p. 253), la grotte mesure 165 mètres de [longueur. A peine a-t-on traversé une sorte d'antichambre de 10 mètres d'étendue, que l'on est arrêté par d'énormes éboulis de rochers, laissant à peine, de chaque côté, un étroit passage pour se gli.sser, sans trop de mal, à l'intérieur. Les peintures se trouvent au delà. Les premières ont été reconnues à 75 mètres, et les derniers à 155 mètres de l'entrée. Et les plus éloignées sont aussi les plus anciennes, car elles appartiennent.

12. Rappelons, en outre, que la grotte de Pindal ne .semble pas avoir <^t<^ habitée par les troglodytes. On n'en sera pas surpris si l'on veut lire la description que les explorateurs nous donnent de cette caverne extrêmement accidentée (cf. ibid. p. 62-63). •

Page 1