‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 14 sur 113 · L EPOQUE ORIENTALE · texte numérisé non relu

L EPOQUE ORIENTALE

au secours de leurs demi-frères : Hammourabi relève le royaume déchu autour de Babylone restaurée ^

Un émule de Hammourabi — nous ignorons son nom — conduit en Egypte une autre fraction des Sémites- : favorisé par les rivalités des seigneurs, il vient à bout de la résistance nationale, et ses successeurs règnentpaisiblement ' sur la vallée du- Nil durant

— Si cette nouvelle chronologie était admise, on devrait rajeunir la chronologie égéenne et minoenne : elle se fonde en grande partie sur des synclironismes avecles monuments de la 12" dynastie [cf. AbhandluHfjen de TAcad. de Berlin. Reimer, J904, in-4° de 212 pages ; Revue Archéolofjique, 1905, V (4« série), i). 319; Hastings. I. 657].

Quant au problème de l'origine des Egyptiens, nous suivons lopinion de Naville [Revue de l'Histoire des Religions, 53, 1905, 357] : une race indigène, apparentée aux Berbères du Maghreb, et qui s'appelait les Anou (archers), fut conquise i)ar un peuple arabe qui avait pour dieux les faucons et pour roi Menés : cette invasion est venue par le sud; elle a apporté aux Anou la métallurgie et le culte du faucon [Ilorus].

Quant au problème de l'origine des Chaldéens, nous suivons l'opinion commune : elle se concilie assez bien avec l'hypothèse précédente. Un peuple non sémitique, qu'on appelle les Sumériens et qui inventa l'écriture cunéiforme, fut conquis par un peuple sémitique venu sans doute d'Arabie — comme les compagnons de Mènes. Cf. Weissbach : iJie sumerische Frage. Leipzig, 1898 (et un court résumé par lastrow. dans le dictionnaire d'ilastings : extra vol., 535-536).

De plus en plus précisément on ajjervoil la complexité de tous ces problèmes, l'hétérogénéité de tous ces peuples primitifs qu'on croyait uns et immobiles : c'est notre ignorance qui unifiait et simplifiait toutes choses. On découvre chaque jour de nouvelles l)reuvcs de l'influence qu'ont exercée sur la plus ancienne Egypte les Sémites, les Africains, les peuples de la Méditerranée.

' Vers 2050.

- Vers 2200.

M^crs 2000-1800.

LE^ iyVASION> >EMITIQUES 2t

deux OU trois siècles. Mais les Egyptiens se révoltent contre les étrangers, qu'ils appellent les Pasteurs (Menatiou) : ils les expulsent après deux siècles d'effort ^ ; ils s'élancent à leur suite sur la Syrie ; ils y font à peu près respecter leur suprématie au temps des Thoutmosis et des Amcnothès, des Setoui et des Ramsès II -.

La troisième et dernière période de l'époque orientale commence alors, durant laquelle achève de s'unifier l'histoire de tous ces peuples voisins: Égyptiens et Sémites entrent en rapports avec les peuples Aryens venus de la Kussiedu sud à une époque inconnue. Vne partie des Aryens s'avance jusque sur les plateaux qui dominent au nord et à l'est les vallées du Tigre et de l'Euphrate: ils s'appellent les Mèdes et les Perses; comme autant de vagues gigantesques, les autres lancent leurs migrations d'un bout à l'autre de l'Europe : on les nomme les Slaves, les Germains, les Celtes, les Latins et les Grecs.

Les Phéniciens vont les trouver chez eux, au delà de la Méditerranée : c'est un peuple sémitique qui a

' Vers 1800-1600.

- Vers 1600-1100. Sur les empires de Hammoiirabi, des Pasteurs et des Pharaons des 18^ et 19^ dynasties, cf. Maspcro : op. cit., t. II. Le.9 premières mêlée.'? des peuples, Paris. 1897; Meyer : Geschichfe des Allerlums, I, l8Si : (iesc/tichle des alten Aif/ypten. 1887 (collection Oncken; : de Morgan: Mémoires... [de la délêf/ation en Perse), notamment Schcil : Te.rtes ëlamile.s-sémiiir/ues[L IV et V, i-- série, des Mémoires, Paris 1902-1'J04. CY^st au t. IV qu'on lit le texte original et la traduction du Code de Hammourabi ; au t. V, ce qui touche à la chronologie de ce roi].

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accompagné les Pasteurs dans leur marche à l'ouest, jusqu'à la cote syrienne, et qui s'y est fixé. Les Égyptiens les ont dominés un moment, et leur ont ouvert leur empire; maintenant ils colonisent Chypre, et les îles de la mer Egée, et la Grèce, et les rivages du Pont- Euxin. Sidon est leur plus fameuse métropole. Leur offensive est appuyée au nord-est, en Asie Mineure, par la lente invasion des Khati Hittites] sémitisés ^

Mais les Aryens résistent, bientôt même ils attaquent. Contre les Khati s'organise dans la haute vallée du Sangarios le royaume de Phrygie ; coqtre les Phéniciens, le royaume de Crète-. Poussés par les Thraces et les Doriens qui descendent peu à peu du nord, les Pelages se jettent sur la Syrie et l'Egypte : vaincus par Piamsès III qui autorise les seuls Philistins à demeurer dans la Syrie du sud, ils poussent leurs migrations jusqu'en Italie et colonisent, avec laSardaigne, les rivages de la merTyrrhénienne. Les Phéniciens, dont la métrol)ole, aujourd'hui, s'appelle ïyr, s'élancent à leur suite et jalonnent de leurs colonies la Méditerranée occidentale \

L'l\gypte et la Chaldée ne savent pas mettre à pro-

' Vers 1500-1300.

*Doiit lo centre est Cnossos, vers loOO.

^ Vers 1100. Cf. Masi)éro. t. III, Le.^ Empires, Paris, 1899 (cf. aussi le t. II) ; Béraid : Oriyine des cultes ai-cadiens. Paris, 1894; Les Phéniciens et l'Odyssée, Paris: Movers : Die }*liômzier ; Meyer, GeschicJite von Troas, Leipzif?, 1877 : S. Reinach : La Crète avant l'Histoire [Anthropolor/ie, 1902 et 1904] : Lagrange: La Crète ancienne [Revue biblique, 1907].

l'entrée en scène des aryens 23

lit le répit qui leur est accordé. L'Egypte dissout ses forces dans les guerres civiles et perd, avec son unité, sa richesse et sa gloire. Babylone, qui n"a pu préserver son indépendance contre le jeune royaume d'Assyrie^ se consume en vains efforts pour la reconquérir : les Salmanasar et les Tiglatphalasar organisent, les Sargonides - maintiennent, bien qu'avec difficulté, Ihége'monie sanglante de Xinive.

Mais voici que, de nouveau, les Aryens entrent en scène. Les Mèdes et les Perses réconcilient dans la servitude Babylone et ^'imve, la Haute Egypte et le Delta; et leur empire sétend sur tous ces pays antiques"-. Les Grecs arrêtent leur expansion et brisent leur offensive à Maratlion '^ et à Salamine ■' : si la rivalité de Sparte et la jalousie de tous ^empêchent Athènes, qui les a conduits à la victoire, de faire durer son

* Vers 1300.

- Sargon, 722-705: Sennachérib, 705-681 ; Asarhaddon. 681-668: Assoiirbanipal ile Sardanapale de la légende', 668-625 (-?i. Parmi ces farouches guerriers, noter les curieuses figures d'Asarhaddon, qui relève Babylone, et d"Assourbanipal. qui s'occupe à former une vaste bibliothèque. Le Musée Britannique en possède quelques débris. — Cf. Maspéro : op. cit.. III : Smith : Ehtory of Assiirbanipal.

"' Après un long effort, Ninive est prise et détruite en 608 par les Mèdes de Cyaxare, que soutiennent Babyloniens et Egyptiens. Babyloniens et Egyptiens se disputent alors la suprématie [Nabouchodorosor et Nechao]. Puis, en 538 Babylone, en 525 l'Egypte est conquise par les Perses de Cyrus et de Cambyse.

"^ Les Grecs dérivent delà fusion d'envahisseurs barbares ' dont les

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empire, rien ne peut paralyser l'essor de son génie ; Athènes éclipse dans Ihistoire Thèbes et Babylone, Persépolis et Suse. Cependant, Garlhage essaye en vain de ressusciter Tyr et de restaurer le prestige du nom sémitique : la puissance romaine grandit dans lombre S qui reprendra l'œuvre unificatrice des Perses et répandra l'œuvre civilisatrice des Grecs.

Doricns semblent avoir été laderniôre bande), avecles Mycéniens*. L'hégémonie athénienneest brisée par la fameuse guerre du Péloponése 431-404 ; dés lors Sparte et Thébes se disputent le premier rang. Cf. Bcloch : Grkchische Geschichte. Strasbourg. 1893-1896, 2 vol. : Bu soit : Griechiftc/ie Geschichte bis zur Schlacht hei Chaeroneui. 2«'= Aufiage. Gotha, 1893-9.J, 2 vol.: A et M. Croiset : Histoire de la littérature (jrecqiie,Vi{V\s,o vol.. 1887-1899 : Mahaffy : Social Life im Greece from Ilomer to Menander 6-^ éd. 1888: Wallon : Histoire de l Esclavaf/e dans l'antiquité. Paris, 1879, 2'= éd., 3 vol. : Guiraud : La propriété foncière en Grèce. Paris, 1893.

^ Rome s'émancipe des Etrusques à la fin du vi^ siècle [bat. d'Aricie, 506] : elle dompte les Latins au v siècle [396, prise de Yeies] : elle conquiert l'Italie centrale au iv siècle [guerres samnites, 343-280]. — Cf. Schwegler : ROrnische Gescliichle im Zeitalter der Kônige, 3 vol. Tubingen. 1870-84, 2«éd. : B.Nicse .Grundriss der rômischen Geschichte nebst Quellerkunde. 3" éd., 1906, Munich, 3 vol. parus: Ettore Pais : Sforia d'Italia sino aile fjuerre puniclie, Turin, depuisl894 : et les histoires de Mommsen [frad. fr. par Alexandre, Cagnat et Toutain] et de Duruy.

• Evans ilivise en deux juTiodos lY-poque myccnienno : la périuilt: minoeiiue, ia plus ancienne, qui se lerminc peul-èire vers Tan 1700 , l'ai t de Kamares^ ; la période acht^enne, f|ui délmle par l'invasion de la Crèlc par les Acliéens, la vuine et la reconslruclion de Cnossos (vers l'iOC). La Crèle a été le cœur de la civilisation mjcénienne. On en retrouve rintluence en Italie, en Chypre, en Svrie iReiuach : loco citato . — D'où viennent les Mycéniens?

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