CHAPITRE PREMIER
Lhistoire des diverses religions qui se sont succédé et qui ont coexisté en Egypte sans jamais se fondre en un système peut être divisée en deux époques. La pre-
' Voir roxcoUento bibliographie do Gapart : Bulletin critique des religions d'Egypte [Revue hist. fiel, ol, 190o, 492]. Maspéro : Op. cit., t. I. II. III : Études de Myt/iologie et dArc/iéologie. Paris, 4 vol.. 4S93-1900-: — Evnmn. Die aer/yptische Religion. Berlin, 1905:
— Tiele. Geschiclite der Religion im Altertinun [trad. allemande de Gehrich.,1, 1806]: — Lange. Les Egyptiens [dans le Manuel dHistoire des Religions de Ghantepie de la Saussaye] : — Naville. La Religion des Anciens Egyptiens, 1906; — Amelineau. Les nouvelles fouilles d'Abydos. Paris. 1899 : le tombeau d'Osiris. Paris, 1900 : Essai sur l'évolution des idées morales dans VEgypte ancienne. Paris, 1895: — Schaefer. Die Mysterien des Osiris. Leipzig, 1904 .
— \\'iodemann. Magie und Zauherei im Alten jEgypten. Leipzig. i%o: Religion ofEgypt [Dict. de Hastings. Extra-volume. 176-197. 1904] : d'ie Religion der alten ALgypter. 1890 ; — Moret. Le rituel du culte divin journalier en Egypte, 1902: du caractère religieux de la royauté pharaonique. 1902: — Brugsch. Religion und Mythologie der alten .Egypter. 1888-1890: — Le Page Renouf. Lectures on the origin and growlk of relig'ion as illustrated hy the religion of ancient Egypt., 1879 : — Lanzone. Dizionario di mitologia egizia. Torino, 1881-1886; — Cf. les Berichte de Wiedemann dans VArchiv fur Religionsivi.^.senschaft. de Gapart dans la Revue de l'hist. des religions, les comptes rendus de Maspéro dans la Revue Critique, et la Zeitschrift fur œgyptische Sprache und Alterthurnskunde, passim.
mièrc embrasse le temps obscur des origines et prend fin avec la seconde dynastie : on en analyse la physionomie plutôt quon n'en retrace révolution. La seconde commence avec l'unification politique de la vallée du Nil : les documents permettent d'en discerner avec quelque vraisemblance les trois périodes.
A la fin de la deuxième dynastie, au cours du cinquième millénaire avant Jésus-Christ, les Egyptiens semblent combiner, diversement suivant les divers pays, quatre cultes essentiels; il est possible que ces cultes soient apparus dans Tordre oi^i on les analysera.
Certains animaux sont adorés comme des dieux, tels (( le bœuf Mnévis et l'oiseau Bonou, le Phénix, à Héliopolis ; le bouc Mondes et le bœuf Hapi à Memphis^ )) ; tels encore le faucon, l'ibis, le chacal, le scarabée. Certains, comme le crocodile, sont adorés ici, à Thèbes, et tués là, à Eléphantine. Les Egyptiens expliquent ce culte en rattacliant chacun des animaux sacrés à ces dieux à forme humaine dont on parlera bientôt : l'animal est l'incarnation ou seulement
* Mas|)t'ro. Petite His/oire.... p. 56. — Noter que plusieurs noms (le rlieux animaux ont la forme i)liirale. C'est l'indice que le culte j)rimitif s'adressait à ^esp^ce, non à un individu. [Pétrie : Animal irorslnp in Egypt., Proceedings S. B. A., 1904, 1I3|. — Cf. Wiedemann [Muséon, VI, 113, Archiv. fiir Reiifjionsu-issenscfiaft, 1906, 482 j.