‹ Les religions paiennes et la religion juive comparéesChapitre 17 sur 113 · LES DIEUX HUMAIN · texte numérisé non relu

LES DIEUX HUMAIN

OU de garder un des chemins sur lesquels le soleil circulait journellement ; ils restaient éternellement à leur poste, sans liberté, de s'en éloigner jamais, et sans autre faculté que de remplir à heure fixe l'oftice auquel ils étaient préposés... Ce panthéon... graduait ses nobles, ses princes, ses rois, et représentait en chacun deux l'un des éléments qui constituaient le monde ou Tune des forces qui en règlent l'ordonnance. Le ciel, la terre, les astres, le soleil, le Ml comptaient pour autant de personnes respirantes et pensantes dont la vie se révélait chaque jour dans la vie de l'univers. On les adorait d'un bout de la vallée à l'autre, et le peuple entier s'accordait à proclamer leur puissance souveraine : mais le consentement cessait dès qu'il essayait de les nommer^. Le dieu Xil sappelle Osiris dans le delta, Khnoumou à la première cataracte, Harshafitou à Héracleopolis. La terre est nommée Phtah à Memphis, Amon à Thèbes, Minou à Coptos. Les uns disent que le ciel est Ilorus et dautres Xouit. Pour dautres, Horus est le soleil ; ailleurs, le soleil est salué du nom de Pvà; et parfois on limagine comme un a veau de lait à la bouche pure », parfois, plus souvent même, c'est à la vie d'un homme que l'on compare sa vie : il pousse tranquillement sa barque sur le fleuve céleste, d'est en ouest, aux acclamations des dieux qui en bordent les rives ; lorsque le méchant serpent, iVpopi,

' Maspéro. Histoire, I, 81-85. — Noter que les déesses, réserve faite de Hathor, ont un rôle assez effacé.

veut lui barrer la rouie, s'il s'éclipse un moment, cest pour bientôt reparaître, vainqueur, lumineux, bienfaisant. — Les (lieux, comme les hommes, se composent d'une àme et d'un corps : leur corps est a pétri d'une substance plus ténue et invisible à l'ordinaire, mais douée des mêmes qualités et atteinte des mêmes imperfections que les nôtres... Ils avaient des os, des muscles, de la chair, du sang; ils avaient faim..., ils avaient soif...; nos passions, nos chagrins, nos joies, nos intirmilés étaient les leurs. Un fluide mystérieux, le sa, qui circulait à travers leurs membres, y portait la santé, la vigueur et la vie... Les mieux pourvus en déversaient volontiers le trop-plein sur ceux qui en manquaient, et tous le transmettaient à l'homme sans difficulté. La transfusion s'en opérait couramment dans les temples. Le roi ou le mortel ordinaire qu'on voulait imprégner se présentait devant la statue du dieu et s'accroupissait à ses pieds en lui tournant le dos : elle lui imposait alors la main droite sur la nuque, et le fluide qui s'écoulait d'elle pendant les passes s'amassait en lui comme en un récipient. La cérémonie n'avait qu'une efficacité temporaire... Les dieux eux-mêmes épuisaient leur sa de vie par l'usage qu'ils en faisaient... La vieillesse, au lieu de les détruire rapidement, les... transformait en métaux précieux... (Mais) cette transformation... ne suspendait pas complètement le ravage des ans. La décrépitude ))^ puis la mort les saisissaient

' Maspéro. Op. laïuL, I, luC-111, Les attributs des dieux

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